Burundi-Sécurité
Le policier-type au marché de Kinindo.
Bujumbura le 1er avril 08 (SurviT-Banguka)
Au lendemain du bruyant coup de gueule du président burundais Pierre
Nkurunziza à l’endroit des policiers et autres militaires qui
multiplient bavures et exactions, un policier-type, version FDD lui a bien
rappelé qu’il avait réellement affaire aux tueurs nés,
incapables de vivre autrement qu’en donnant massivement la mort.
En
plein marché de Kinindo (vers le sud de la ville de Bujumbura), ce
policier en uniforme a en effet retourné son arme contre la foule
du marché, tuant, du coup, plusieurs personnes. C’était
le 29 mars dernier. Au lieu de le maîtriser, à défaut
de l’anéantir, ses collègues policiers ont pris leurs
jambes sur le coup. Le forcené n’a été mis hors
d’état de nuire que par un brave civil qui l’a désarmé,
après le carnage. « J’ai tué des foules à Kamenge
et dans plusieurs coins du pays, je n’ai aucune raison de ne pas continuer
même à Kinindo», a-t-il laissé entendre
Les dissidents FNL tuent à crédit
Bujumbura le 1er avril 08 (SurviT-Banguka)
Près de trois mille combattants dissidents du mouvement rebelle FNL
qui sont sur les sites de Randa et Buramata ne chôment pas. Oubliés
par le pouvoir CNDD-FDD qui les avait encouragés à lâcher
leur leader Agathon Rwasa, moyennant de nets avantages financiers, ces tueurs
invétérés ont décidé de se débrouiller à la
manière propre aux rebelles pour joindre les deux bouts du mois.
Selon
des sources policières et administratives, ils serviraient de tueurs à gage.
Des particuliers les louent en effet, avec leurs armes et munitions, pour
aller régler leur compte en liquidant des populations innocentes.
C’est ainsi que des expéditions punitives sont quotidiennement
enregistrées dans les provinces de Bubanza, Cibitoke et Bujumbura
rural. D’entières familles tutsies ont été littéralement
balayées par ces as du crime et d’autres encore sont aujourd’hui
désignés comme candidats à la mort. Le contrat est connu
de tous : 175000 francs burundais par tête coupée (175$). C’est
sidérant. Et face à cette nouvelle forme de crime par procuration,
le gouvernement reste, comme à ses habitudes, d’une mollesse étonnante.
Promettant, chaque fois, de mener des enquêtes pour châtier les
auteurs.
Démobilisation des militaires : la petite idée de l’Armée.
Bujumbura le 1er avril 08 (SurviT-Banguka)
Après la salve de protestations autour du projet controversé de
démobilisation des militaires tutsis, les militaires tutsis refusent
de décrocher et demandent des précisions au ministre de la
Défense et des Anciens Combattants. Sur une première vague
de 967 militaires identifiés pour rejoindre le centre de démobilisation
de Gitega, seuls 200 démobilisés volontaires se sont laissés
embarquer vers Gitega, ce 31 mars.
Les autres ont crié à l’injustice
et se disent vendus par les officiers supérieurs tutsis qui ont
couvert les multiples irrégularités enregistrées dans
le processus de recensement ethnique. Le ministre Germain Niyoyankana promet
de les rencontrer
ce 1er avril. Reste que la veille de cet incident, l’Armée
avait donné son point de vue sur ce point névralgique de
la dimension sécuritaire de toute la communauté tutsie.
D’aucuns s’étaient
indignés du criant déséquilibre né d’un
renvoi massif de plus de trois mille militaires tutsis, contre un chiffre
simplement symbolique d’une centaine de hutus. D’autres encore
désignaient du doigt le trop-plein de hutus dans le terrible corps
de police. Et le Service National de Renseignement, un autre corps de police
massivement mortifère et totalement contrôlé par des
policiers hutus.
Le SNR n’arrête pas de susciter des interrogations.
Voilà l’Armée, cette grande muette, qui rompt finalement
son silence et donne son avis sur ce sujet qui fait couler encre et salive.
Dans une déclaration publiée le 29 mars dernier, le colonel
Adolphe Manirakiza, porte-parole de ce corps de défense, affirme effectivement
qu’il y a péril à la demeure. Car rien ne peut expliquer
cet acharnement sur l’unique armée.
« C’est vrai
que ça inquiète nos militaires, car tout le monde sait que
le recensement ethnique a été biaisé, mais les responsables
militaires ont laissé faire. C’est ainsi qu’on observe
un mécontentement perceptible dans les milieux militaires et pour
rassurer les uns et les autres, il a été décidé de
démobiliser, dès ce 30 mars, la vague des 760 militaires déjà identifiés,
et de refaire ensuite le recensement pour appeler hutu ou tutsi celui qui
l’est réellement, mais n’oublions pas que les équilibres
ethniques doivent être respectés dans tous les corps de défense
et de sécurité, en l’occurrence l’armée,
la police nationale et la documentation ; or, on s’acharne sur l’armée
et les autres corps de polices sont à forte dominante hutue » ,
explique-t-il.
Plusieurs centaines de tutsis ont donc pris le chemin de Gitega
ce 30 mars, pour deux semaines de formation sur la vie après la carrière
militaire. Expliquant les raisons de cette rupture de contrat, la présidence
de la république met en avant la recommandation de la Banque mondiale.
Mais Alasane Sow, représentant résident de la banque mondiale à Bujumbura
a battu en brèche cet argument échappatoire en disant que le
Banque ne peut pas demander au gouvernement qu’il assiste de déséquilibrer
ses corps de défense et de sécurité. « C’est
lui qui choisit sa politique en fonction du contexte qu’il connaît
mieux que nous et nous l’aidons à la mettre en pratique, mais
nous ne pouvons pas lui demander de démobiliser à tour de bras,
quelles qu’en soient les conséquences » , explique-t-il.
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