Actualité du 1er juin (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Les organisations de la société civile sont très en
colère
Bujumbura le 1er juin 2009 (SurviT-Banguka)
Heureusement que le ridicule ne tue pas. Autrement, Maître Evrard
Giswaswa, Maire de la ville de Bujumbura, aurait déjà cassé sa
pipe. Contacté par les représentants de plus de trois cents
organisations de la société civile burundaise pour lui demander
l’autorisation d’organiser une marche manifestation en guise
de dénonciation du gangstérisme d’Etat qui prend racine
dans le pays, Evrard Giswaswa leur a en effet donné son accord sans
tergiverser. Il reconnaissait que les assassinats ciblés et autres
enlèvements observés dans le pays constituent des indices indiscutables
de l’insécurité et que les auteurs sont incontestablement à décrier.
Sa pirouette de dernière minute les a fort étonnés.
En effet, c’est en début de soirée, à la veille
de la manif que les leaders de ces organisations ont reçu une lettre
de refus signée, dare-dare, par le Maire de la ville. Les organisateurs
sont tombés des nues. Mais pour crier leur colère, ils ont
précipitamment préparé un point de presse en lieu et
place de la manif. Témoins de ce ridicule revirement, les médias
nationaux et internationaux ont massivement couvert cette conférence,
en dépit de l’irruption du très zélé et
militant colonel David Nikiza, commissaire en charge de la région
ouest, dans l’hôtel Novotel pour disperser les conférenciers. « Il était
fou furieux, mais quand il a trouvé dans la salle des occidentaux,
notamment le délégué de l’ambassade de France,
il a eu honte et est reparti tout en demandant au préposé de
nous rappeler que la conférence n’est pas autorisée par
la mairie, mais vous le voyez bien notre message est bien passé sans
leur accord », explique Gabriel Rufyri.
Les conférenciers ont
tout dit. Et ils avaient pris soin d’exposer dans la salle des photos
en grandeur nature de plusieurs personnes déjà englouties par
la machine criminelle régulièrement huilée et mise en
marche par le pouvoir CNDD-FDD. On y voyait en l’occurrence le Dr Kassy
Manlan, ancien représentant de l’OMS au Burundi, le changeur
de monnaie Bround Ndarishikanye, le vice-président de l’OLUCOME
Ernest Manirumva, un colonel de la police présidentiel récemment
abattu en commune urbaine de Kinama ainsi que plusieurs cadres et agents
de la Documentation, tués après avoir été envoyés
pour tuer, etc. Ainsi, l’officier récemment abattu à son
domicile à Kinama aurait été assassiné pour brouiller
les pistes dans le cadre des enquêtes sur le meurtre d’Ernest
Manirumva. Il faisait partie du sinistre gang, les autres ont pris le large.
« Nous
devons crier pour que le monde entier sache que le Burundi est devenu un
mouroir et que c’est le pouvoir qui envoie ses fils et filles à la
mort, nous avons mené nos enquêtes et nous connaissons les auteurs
de ces crimes, ils travaillent à la Documentation nationale ou à la
Police, certains sont exilés après leur forfait et nous connaissons
même les pays d’accueil, les conditions de voyage et les numéros
de téléphones à partir desquels leurs parrains continuent
de les appeler, le moment venu, nous dirons tout mais il faudra attendre
une justice indépendante », déclare, en colère,
Pierre Claver Mbonimpa, Président de l’association des droits
de l’homme APRODH.
Burundi processus de paix
La médiation se retire
Bujumbura le 1er juin 2009 (SurviT-Banguka)
Charles Nqakula, médiateur dans le conflit inter burundais a tiré sa
révérence. Dans une réunion que son Bureau a organisée
ce week-end à l’intention des représentants du gouvernement
burundais et de l’ex mouvement FNL-Palipehutu, il a été officiellement
déclaré que le travail de la médiation a été officiellement
transmis à l’Union Africaine. Il s’agira essentiellement
de poursuivre et terminer le processus de démobilisation des combattants
FNL. « Il s’agira de démobiliser un millier de femmes,
plus de dix mille militants combattants et cinq mille combattants attitrés,
c’est un travail qui ne devrait pas prendre beaucoup de temps si nous
avions les moyens nécessaires », fait remarquer le général
Lazare Nduwayo, représentant du gouvernement au sein du mécanisme
conjoint de vérification et de suivi de la mise en application de
l’accord de cessez-le-feu.
Officiellement, le processus de paix a atteint
sa phase finale. Mais aujourd’hui comme hier, les Burundais meurent
comme des mouches, fauchés par les armes qu’ils détiennent
illégalement et, curieusement, celles donne à ses policiers/démobilisés
pour faire régner la terreur. Selon toute logique, le pays reste au
cœur de la tourmente et la population burundaise est pertinemment convaincue
que la paix reste un rêve. Seul le gouvernement feint de ne rien voir
alors qu’il est le principal artisan du chaos ambiant.
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