Qui sommes nous Actualité Communiqués Evénement Editorial Coin du lecteur Lu pour vous Contact Akanywababo


 
Ce site a été développé par MARKETRIC



Pour votre PUBLICITE sur notre site cliquer ici







 

Université du Burundi : politique du bâton ou fausse réponse à une vraie question.

Cela fait plusieurs décennies que les activités de l’Université du Burundi sont ponctuées par des vagues de grèves cycliques, alternativement déclanchées par les étudiants, les professeurs ou même tout le personnel. L’Institution est chroniquement en mode ralenti. C’est quasi fatal. Car depuis plusieurs années, les différentes autorités qui se sont relayées à son contrôle se sont cassées les dents, chacune à sa manière, en tentant vainement de la remettre sur la bonne orbite, mais chaque fois avec fracas. La politique du bâton a toujours constitué leur unique recours pour calmer ponctuellement la situation. Alors que les questions qui se posent dans cette unique Université publique du pays sont si sérieuses qu’elles appellent des solutions réfléchies et profondes pour être durables.


Décryptons, ici, le mal-être permanant des Etudiants, qui dégénère souvent en grèves à longueur d’années académiques. Il est désolant et honteux de recourir chaque fois à la politique du bâton qui consiste invariablement à annuler les inscriptions au rôle des étudiants, fermer les homes, chercher quelques Etudiants boucs émissaires pour les exclure temporairement ou définitivement de l’Université et programmer une autre réinscription au rôle. D’aucuns s’interrogent sur la vision de ce genre d’autorités, par rapport au profil du cadre burundais de demain qu’ils ont la mission de former. Un cadre responsable ? Autoritaire ? Capable de gérer des situations difficiles sans recourir aux solutions extrêmes ? Un cadre raisonnable qui prend du recul pour sortir des situations délicates ? Etc. Il s’agit d’un délicat laboratoire de ceux qui vont gérer le pays demain. Et au lieu de les abreuver d’anti-valeurs (arbitraire, précipitation, injustice et bien d’autres vices), il est impératif de les mouler plutôt dans le flot des valeurs classiques de dialogue, responsabilité, transparence dans la gestion, simplicité, modestie, entente, tolérance, amour du prochain, etc.

Puisque la politique du bâton n’a pas pu éviter ces nombreuses grèves. Provoquées, parfois, par des décisions maladroites de la part des autorités rectorales, de la Régie des Œuvres Universitaires ou du Ministère de l’Education. Les exemples sont légion. Blocage des cotisations des Etudiants en vue de secourir leur condisciple en difficulté, retard absurde dans le paiement de la bourse alors que les services habiletés ont généralement tout un mois pour préparer les listes et tous les éléments comptables nécessaires, inscription des étudiants non homologués au deuxième cycle après un premier cycle dans une université privée (le cas de deux étudiants de l’Université de Ngozi), etc. Et si, pour leur rendre la discipline, on appliquait la même politique aux autorités à chacune de leurs nombreuses maladresses ! Combien de ministres de l’Education et de Recteurs de l’Université du Burundi jetteraient leur tablier en moins d’un mois ? Et puis, cette politique du bâton est aussi contraire aux missions initiales de l’Université du Burundi. Cette dernière a, en effet, trois missions : l’enseignement, la recherche et les services à la communauté.

La première permet de préparer les cadres et les bons citoyens ayant suffisamment de compétences scientifiques et morales pour occuper de hautes fonctions dans la gestion des affaires du pays. C’est un enseignement qui ne fait pas le lit à la loi de la jungle où la raison est toujours du côté des forts.

Quant à la recherche scientifique, elle permet à une nation d’innover, de comprendre des phénomènes et de proposer des solutions appropriées à des problèmes bien définis et bien posés. Un universitaire pourrait plancher par exemple sur ce phénomène de grèves répétitives, le manque de respect de la part de certains étudiants envers leurs professeurs, la perte des valeurs des « poils », le sens de «bizutage» à l’Université du Burundi, les dessous des violences observées au cours de ces séances de baptêmes, etc. Ces phénomènes seraient peut-être des conséquences de la crise que traverse le Burundi ?

Car il n’est pas exclu que certains étudiants souffrent des séquelles liées aux différentes violences auxquelles ils ont assisté : assassinat des proches, massacres à grande échelle, etc. L’Université ne devrait-elle pas, elle-même conduire une étude dans le seul but d’éclaircir la situation et d’y apporter des solutions appropriées. Les étudiants n’apprendraient-ils pas de cette étude sur la très bonne façon de gérer une situation compliquée et montrer par conséquent une application de la recherche scientifique dans la gestion des questions des sociétés. Faudrait-il s’étonner que les professeurs aient toujours été mis à l’écart des différentes négociations ou processus de résolution du conflit burundais ?


Pire encore, le rôle social de n’importe quelle organisation est d’accompagner ses membres sur toutes les questions d’ordre sociales et plus particulièrement ses membres en difficulté de tous ordres. A l’Université du Burundi, le Directeur de la Régie des Œuvres Universitaires est parfois obligé de se terrer dans une cache sûre au risque de se faire lyncher par des étudiants. Ni le corps académique et scientifique, ni l’autorité rectorale, ni le ministre de tutelle, personne ne s’en émeut. Sous autres cieux, un tel déficit de confiance, entre le service social et les étudiants, est une honte et un scandale. Car, on ne le répétera jamais assez, une des missions d’un service social est de se mettre à l’écoute de toute personne en difficulté sans distinction aucune. Car l’écoute appelle compréhension et solution.


La dernière mission de l’Université est de rendre service à la communauté ou à la société. Et comme la charité bien ordonnée commence par soi-même, l’Université devrait d’abord rendre service à sa propre communauté et plus particulièrement en mettant son savoir-faire au service de sa communauté estudiantine.

Un mot sur les récentes sanctions. Décider d’exclure définitivement en étudiant, en guise de sanction, est inconcevable. Car on le condamne gratuitement à aller grossir les rangs des bandits et autres criminels de grand chemin, alors qu’il a des capacités de devenir un citoyen responsable qui pourrait contribuer au développement de son pays. Bien sûr que les fautifs doivent être sanctionnés. Mais ils ont besoin d’être davantage écoutés et accompagnés pour un éventuel redressement. Qu’on se rappelle aussi que les étudiants des universités burundaises sont des adultes. Ils sont donc pénalement responsables de leurs actes.

C’est ainsi que pour ne pas verser dans l’amalgame, l’on devrait recourir à la justice, au sujet des étudiants violents et agressifs. Et pour mieux humaniser la vie au Campus, il faudrait instaurer un service spécialisé dans l’accompagnement de ces cas difficiles. C’est alors et alors seulement que le terme « communauté universitaire » aura son véritable sens.

 

 

Accès membres Akanywababo
Login :
Pass :
Devenir membre
Libération des Génocidaires
  • Déclartion de SurviT-Banguka
  • Lettre ouverte Ligue Iteka
  • Liste terroristes-génocidaires
  • Déclaration PA-Amasekanya
  • Déclartion du Parti UPRONA
  • Amnesty International

  • Génocide des tutsi
  • Rapport S/1996/682 de l'ONU
  • Historique du génocide
  • Massacres de Bugendana
  • Mssacres de Buta
  • Massacres de Teza
  • Mourir d'aimer
  • Lettre à maman
  • Quelques statistiques
  • Massacres des Banyamurenge
  • Lettre à Koffi Annan
  • Accord d'Arusha
  • Accord de cessez-le-feu
  • Processus de paix
  • Analyses politiques
  • Une Nation,2 com.ethniques
  • Origines conflit hutu-tutsi
  • La justice burundaise
  • Dilemme des petits partis
  • Forces politiques
  • Les tutsi,pas une minorité
  • Année des incertitudes
  • La classe politique
  • Ndayizeye et la constitution
  • Elections
  • Démocratie&Sociétés plurales
  • Démocratie:Grands-Lacs
  • Théorie consociative
  • Disrimination raciale
  • A quand l'Afrique?
  • Fédéralisme
  • Démocratie burundaise
  • Démocratie&pluralisme

  • Les Liens

  • Rwanda genocide


  • Nuit Rwanda,rôle de la France


  • Centre Laïc Juif de Belgique