Actualité du 2 janvier (SurviT-Banguka)
Burundi-politique.
Agenda du CNDD-FDD : Pierre Nkurunziza ne mâche pas ses mots.
Bujumbura le 2 janvier 08 (SurviT-Banguka)
A l’occasion de son traditionnel discours de vœux du nouvel an à l’endroit
de la population, le président burundais Pierre Nkurunziza ne s’est
pas embarrassé de circonlocutions pour dévoiler les prochains
chantiers de son pouvoir, en guerre ouverte contre la communauté tutsie
depuis le temps du maquis. Comme d’aucuns le pressentaient déjà,
ses priorités se résument en deux mots. Humilier et dépouiller
les Batutsis de tous leurs biens pour les réduire à l’errance
et à faire la manche dans la rue, à défaut de les tuer
systématiquement. Mais le président prend soin d’habiller
son discours et de l’enduire, un tant soit peu, d’un vernis de
bonne gouvernance. «Nous allons nous atteler à la récupération
des biens de l’Etat qui ont été pillés depuis
des lustres en commençant par les vastes propriétés
foncières qu’une poignée d’individus monopolisent,
notamment dans le plaine de l’Imbo et le long du lac Tanganyika…Ensuite
nous allons nous attaquer aux vieux dossiers de malversations , liés
en l’occurrence aux affaires Café contre Pétrole, Rubelsky,
Ruzizi, AFIMET, le détournement de l’effort de guerre, des actions
de l’Etat dans les différents établissements financiers
comme la Banque populaire, la CAMOFI, la CADEBU, etc.». Déclare,
sibyllin, le président burundais. Cette menace de raviver les vieux
dossiers litigieux constitue une pirouette pour détourner l’attention
du monde et des Burundais, des multiples dérapages du pouvoir CNDD-FDD,
notamment les vagues de violences et autres assassinats commandités
par des éléments de ce parti. Le président évite
d’en parler et se vote plutôt un satisfecit sur le terrain sécuritaire. « Depuis
son accession à l’indépendance, le Burundi ne s’était
jamais aussi bien comporté au niveau de la sécurité,
les rares poches d’insécurité, que ce soit à Bujumbura
ou ailleurs dans le pays, ne sont que de simples indices d’un pays
en situation post conflit», ironise-t-il, au moment où chaque
jour apporte son lot de morts par centaines depuis qu’il est à la
manette.
Burundi-sécurité.
La main criminelle frappe encore les expatriés.
Bujumbura le 2 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Au Burundi, les criminels viennent une fois de plus de rappeler aux étrangers
qui y vivent qu’ils ne sont pas à l’abri de leurs assauts
diaboliques. Au centre provincial de Ruyigi (Est) Deux agents humanitaires
de l’ONG française Action Contre la Faim (ACF) ont été attaqués
par des inconnus armés de kalachnikovs, la nuit du 31 décembre
2007. Oda et Agnès roulaient en effet au bord de leur véhicule,
quand ce dernier a essuyé des coups de bales alors qu’il approchait
la rivière Sanzu, à quelques kilomètres du chef-lieu
de la province Ruyigi. Grièvement blessées, toutes les deux
ont été rapidement évacuées à l’hôpital
de Gitega. Agnès n’a pas survécu à ses blessures
mais Oda a été ensuite acheminée à Bujumbura
puis en Afrique du Sud, pour des soins intensifs. Cet incident a gâche
le réveillon du nouvel an dans la province de Ruyigi car prise de
panique, la population s’est par après cloîtrée à domicile
au lieu de se ruer sur les boites de nuit comme elle s’y préparait.
A la suite de cette attaque que rien ne semble justifier, Action Contre la
Faim (ACF) a décidé de suspendre temporairement ses activités
au Burundi.
Burundi-négociations.
Agathon Rwasa formule ses vœux
Bujumbura le 2 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Après plusieurs années de déclarations par porte-parole
interposé, le chef du mouvement rebelle FNL sort de ses gonds pour
dire tout le mal qu’il pense du pouvoir CNDD-FDD. A l’occasion
de la saint Sylvestre, Agathon Rwasa a en effet contacté les radios
privées de Bujumbura pour souhaiter ses vœux de victoire pour
la démocratie et les libertés individuelles au Burundi. Dans
la foulée, il a énergiquement déploré la gestion
cafouilleuse du pays par ses frères hutus du CNDD-FDD, un pays qui,
déplore-t-il, ne se dit plus qu’en termes de sang et de larmes,
depuis qu’il est contrôlé de bout en bout par ce parti. « Plus
de 80% des crimes commis aujourd’hui ont pour auteurs des policiers
ou des militaires ; et incapables de protéger la population, le gouvernement
se dit en proie à une attaque d’envergure alors qu’il
est pertinemment convaincu que si assaut il y a, il sera lancé par
sa milice, moi je demande à la population burundaise de se lever pour
exiger la reprise des négociations entre mon mouvement et le gouvernement
burundais, sans la dictature de Charles Nqakula, car le Burundi leur appartient
avant d’appartenir à l’Afrique ou au monde », déclare
le président du premier et dernier mouvement rebelle encore actif
au Burundi.
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