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Actualité du 2 avril 08 (SurviT-Banguka)

Burundi-génocide

Persécution des Batutsis dans le site de Gihogazi.

Bujumbura le 2 avril 08 (SurviT-Banguka)

La province Karuzi qui a battu le record (peu enviable) dans la décimation des Batutsis lors du génocide de 1993 se préparerait à se surpasser en rééditant cet exploit à l’occasion de la solution finale en préparation. Pour annoncer la couleur, la police FDD s’est ruée sur les centaines de déplacés tutsis qui vivent dans le site de Gihogazi et les a sommés de rejoindre leurs collines d’origine où les attendent leurs bourreaux d’hier, machettes et gourdins à la main.

«Personne ne sait exactement pourquoi ces policiers s’acharnent sur nous, mais ce qui est certain, c’est qu’ils n’ont pas besoin de voir de tutsis sur ce site car ils ne cessent de menacer de nous tuer, arguant que notre place n’est pas ici », raconte une veuve tutsie, complètement désemparée. Ce mouvement de persécution à Karuzi n’a rien d’un incident isolé, car même les rescapés tutsis de la province Kayanza endurent le même calvaire. D’aucuns le considèrent plutôt comme un signe avant-coureur d’autres massacres ethniques à dimension génocidaire.

La démobilisation massive des militaires tutsis, le désarmement des seuls quartiers tutsis dans la mairie de Bujumbura ou d’autres centres urbains, la distribution des armes aux milices privées du parti présidentiel (démobilisés) etc., tels en sont d’autres signes annonciateurs.


Le spectre de Hussein Rajabu refait surface à Muyinga.

Bujumbura le 2 avril 08 (SurviT-Banguka)


Bien qu’il ait été éjecté de son fauteuil du président du parti au pouvoir, en dépit de sa mise à l’écrou depuis plus de onze mois, l’honorable Hussein Rajabu continue à obséder le pouvoir. Ce dernier lui impute le patronage d’un activisme observé dans la province de Muyinga, le terroir fétiche de Hussein Rajabu. L’administration provinciale de Muyinga s’inquiète en effet des activités de sensibilisation et d’enseignements politiques, clandestinement menée par «Umuka», un nouveau mouvement militaro-politique encore en herbe dans cette province du nord-est du pays.

Selon Pierre Bambasi, nouveau gouverneur de Muyinga, l’idéologie subversive de cette nouvelle formation est relayée par quelques hommes politiques dont des dissidents du CNDD-FDD ainsi que plusieurs députés pros Hussein Rajabu, ancien président de ce parti présidentiel. «Nous avons déjà eu écho des activités de cette formation, mais nos directives sont claires : il s’agit d’arrêter toute personne présumée propager le message de ce mouvement non encore reconnu par la loi, car nous disons qu’ils n’ont pas le droit de déstabiliser la population, étant donné que le mouvement et le parti n’est pas encore reconnu officiellement », explique le gouverneur Pierre Bambasi.

Selon d’autres informations concordantes, recueillies auprès de la police et de l’administration, les mobilisateurs de ce parti, dont un certain Selemani, sillonnent la province en répandant des tracts qui véhiculent ses idéaux. Son champ de prédilection reste les milieux swahilophones de Muyinga.

Burundi- crise institutionnelle.

Assemblée Nationale : Une session pour rien.

Bujumbura le 2 avril 08 (SurviT-Banguka)


Les députés burundais sont en grèves depuis 2006. Selon les statistiques, ils n’ont siégé que 21 jours, tout au long de l’année dernière. Et le bilan n’est pas plus fameux en 2008. En ce début du mois d’avril, ils entament théoriquement le dernier mois de la session de février, avant le traditionnel break du mois de mai. Mais le répit sera immérité, d’autant plus que ces élus n’auront quasiment voté aucune loi qui vaille, ni mené aucune autre action de contrôle de l’action gouvernementale comme le laisse entendre leur mission.

Leur action se résume aux querelles internes et autres décisions prises au forceps, en l’occurrence la validation controversée de la liste des 9 députés délégués du Burundi à l’Assemblée communautaire de la EAC. Le mouvement rebelle FNL attend encore son immunité pour réintégrer les travaux du mécanisme de Vérification et de Suivi de la mise en application de l’Accord de cessez-le-feu. Et la commission parlementaire chargée du suivi de cette question précise du FNL n’aura pas été mise sur pied.

C’étaient pourtant les deux points névralgiques, directement liés à la sécurité de la population qui a mandaté ces mêmes députés. C’est donc un nouveau raté. Et si 2008 devient un remake de 2007, l’Assemblée Nationale aura inutilement siphonné des sommes faramineuses, au grand dam du contribuable qui peine à joindre les deux bouts du mois.
Burundi- armée

Démobilisation : ça se corse à Gitega.

Bujumbura le 2 avril 08 (SurviT-Banguka)


Deux cent vingt militaires burundais qui s’étaient rendus au centre de démobilisation de Gitega se cabrent et refusent d’être coopératifs comme ils en avaient l’air aux premières heures de l’opération. Ils ont en effet refusé de se laisser former sur la vie du démobilisé.

A l’instar de leurs camarades restés à Bujumbura, ils exigent, « ici et maintenant », leur pécule de démobilisation afin qu’ils puissent regagner leurs villages sans autres formalités. «Nous sommes assez adultes pour pouvoir entreprendre nos projets sans autre appui technique, donnez-nous notre argent et nous saurons comment gérer le reste », ont-ils expliqué.

Pendant ce temps, le lieutenant général Germain Niyoyankana, ministre burundais de la Défense et des Anciens Combattants, organisait une longue conférence de presse à Bujumbura pour s’expliquer sur la question de nombreuses centaines d’autres militaires qui ont refusé de partir à Gitega. Cette question dépasse le seul ministre de la Défense. C’est d’abord une affaire du président de la République, qu’il sorte de son silence et explique comment il envisage la résoudre, de mon côté, je comprends bien leurs revendications et je reconnais que deux recensements ethniques ont déjà été organisés et biaisés par deux fois, c’est donc à refaire », fait-il remarque.

 

 


 

 


 

 

 

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