Actualité du 2 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-médias
Le parti CNDD-FDD occupe le terrain médiatique
Bujumbura le 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
Cela fait plus d’un mois que la radiotélévision nationale
marche au ralenti, sur fond d’une grève des travailleurs qui
revendiquent des bonnes conditions de travail. Au lieu de les écouter,
le gouvernement burundais, que coiffe le parti présidentiel CNDD-FDD
les diabolise à l’envi et menace de les coffrer comme de vulgaires
opposants. Et parallèlement, ce parti met sur pied ses propres médias
de propagande comme l’annonçait fièrement Kalenga Ramadhan,
ancien ministre de la Communication, au lendemain de la victoire de son parti.
Après l’échec manifeste du journal Intumwa dont on a
encore en mémoire le tollé de protestations qu’il a suscité,
le CNDD-FDD envahit aujourd’hui le terrain des ondes. Le Conseil National
de Communication (CNC)a récemment agréé trois radios
: "Umuco FM" dont la direction a été confiée à un
ancien journaliste de Bonesha FM qui avait été promu comme
Conseiller à la présidence de la République, depuis
l'arrivée de Pierre Nkurunziza au pouvoir.
Il s’agit d’une
station communautaire, basée à Ngozi (province dont le président
burundais est originaire). A y regarder de près, elle serait une version
radio du fameux site web www.umuco.com des frères Nyamitwe. C’est
d’ailleurs ce site qui devrait bientôt être réactivé pour
relayer le discours de propagande et de haine de l’Autre, du parti
CNDD-FDD, diffusé en boucle sur la radio du même nom. Mais pour
brouiller les pistes, l’incontournable Willy Nyamitwe est représentant
légal d’une autre nouvelle radio basée à Bujumbura
et qui s’inscrit dans cette même logique. C’est Rema FM.
Dirigée par un certain Louis Kamwenubusa, dissident de la très
populaire radio publique africaine, cette radio émet tous les jours
et toutes les heures. Le côté sud du pays sera couvert par "Stars
FM". Cette radio dite aussi communautaire sera basée à Makamba.
Son Représentant Légal étant un certain Révérien
Ndikuriyo, un ancien gouverneur de Makamba. C’est un ancien officier
militaire du Cndd-Fdd, aujourd'hui démobilisé, car invalidé par
la guerre.
Burundi-politique
Le FNL se revendique de l’ethnie hutue
Bujumbura le 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
L’état-major du parti FNL est bien à Bujumbura. Mais
aussitôt rentré de la Tanzanie, le leader du mouvement rebelle
FNL reste intransigeant quant à la dénomination de son mouvement.
Alors que le gouvernement burundais lui demande de changer le nom du parti
pour élaguer la partie faisant référence à l’ethnie
hutu, conformément au prescrit de la constitution, le président
du parti persiste et signe : le mouvement FNL-Palipehutu doit être
agréé comme parti politique en l’état, sans aucune
retouche quant à sa dénomination.
Mais le gouvernement tient
au respect de la loi. « En réalité, nous allons interroger
l’accord de cessez-le-feu que le président de ce mouvement,
Agathon Rwasa a personnellement signé, si, en revisitant cet accord,
nous trouvons qu’un parti politique peut se revendiquer ouvertement
d’une seule ethnie, ce mouvement sera agréé en tant que
tel, mais nous devrons garder à cœur le principe du respect de
cessez-le-feu », explique Léonidas Hatungimana, porte-parole
du président de la république du Burundi.
Pour le président
des FNL, l’essentiel est le projet de société et non
le nom du parti. « Je pense qu’on doit accepter le parti FNL-PALIPEHUTU
comme tel même s’il fait référence à une
ethnie, cela est d’autant plus logique qu’au Burundi on trouve
aussi une région dite Bututsi, des avenues Bututsi ou un quartier
Nyabututsi, mais nous devons privilégier le développement et
l’égalité de toutes les ethnies , s’il le faut
nous changerons la constitution», explique Agathon Rwasa
Loi sur les partis : le CNDD-FDD fait un autre tour de vis.
Bujumbura le 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
Le compte à rebours est en cours. Tous les acteurs politiques burundais
lorgnent sur les prochaines élections, attendues en 2010. Le parti
présidentiel profite de sa position actuelle pour barrer la route
aux autres partis politiques, en leur coupant de leurs militants à la
base. C’est ainsi que ce parti vient d’interdire les réunions
de ces organisations au niveau communal sans l’accord du gouverneur
de la province concernée. Les autres partis crient à la violation
de la constitution et de la loi sur les partis qui autorise à tout
parti politique agréé de réunir librement ses militants
au niveau communal, pour autant qu’il aura avisé (et non demandé la
permission) l’administrateur communal.
Les responsables des partis
FRODEBU et CNDD se disent particulièrement menacés et bloqués. « Les
administrateurs de Kayogoro, Makamba et Mabanda nous ont bien dit que l’instruction
vient du gouverneur, or la loi sur les partis est claire là-dessus,
nous tenons des réunions quand nous voulons, mais en informant l’administrateur »,
explique un député CNDD. Reste que sur les trente-huit partis
agréés au Burundi, seuls ces derniers sont visiblement dynamiques,
mis à part le parti UPRONA qui s’attelle encore à recoller
les morceaux pour survivre à ces élections en perspective.
Les militants du mouvement MSD de l’ancien journaliste Alexis Sinduhije
sont aussi persécutés dans presque tout le pays. Dans les provinces
de Cankuzo, Karuzi, Muyinga et Ruyigi, plusieurs dizaines de ces militants
sont emprisonnés. La police les traque autant que les militants du
FNL.
|