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Actualité du 2 juillet (SurviT-Banguka)

Burundi-indépendance

Les Burundais commémorent l’événement dans l’amertume.

Bujumbura le 2 juillet 08 (SurviT-Banguka)

Les Burundais ont fêté le 46ème anniversaire de l’indépendance de leur pays dans l’amertume et la désolation. Ils sont massivement éprouvés par la misère, la maladie et la tyrannie du régime qu’ils ont eu le malheur de plébisciter en 2005. C’est un peuple aujourd’hui blasé et désillusionné, insensible à l’idée d’indépendance politique.

Les fils du pays qui le gèrent aujourd’hui sont en effet plus oppresseurs que les colons d’hier. C’est ainsi que selon les rapports de l’administration, très peu d’entre eux se sont déplacés pour aller suivre encore les balivernes du président Pierre Nkurunziza, au niveau du boulevard de l’indépendance (mairie de Bujumbura). Le président burundais n’avait d’ailleurs pas grand-chose à raconter à son peuple. Il a simplement remis en question l’héroïsme du Prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance, en diluant son œuvre dans un magma indifférencié de nombreuses autres célébrités nationales.

C’est un héros, dit-il, dans ce simple domaine de lutte pour l’indépendance, mais le Burundi est plein d’autres héros non chantés, dans plusieurs domaines de la vie du pays, sachez donc reconnaître aussi leur bravoure. Pierre Nkurunziza insinue par là que le peuple doit aussi reconnaître ses hauts-faits, en tant que seigneur de guerre démocratiquement propulsé au sommet de l’Etat et qui a battu le record de longévité, en tant que président démocratiquement élu au Burundi. « C’est la première fois dans l’histoire du Burundi, qu’un président démocratiquement élu, y reste pendant plus de trois mois, c’est un exploit, vous devez le reconnaître », martèle-t-il.

Et conscient qu’il a peu de chance d’être ultérieurement érigé en héros, Pierre Nkurunziza n’hésite pas de demander au Burundais de lui remercier, de son vivant et de vive voix, en guise de reconnaissance de ses œuvres. «Les Burundais sont bizarres, ils attendent que quelqu’un meurent pour chanter ses œuvres», insinue-t-il. Parlant de la mise sur pied de la Commission Vérité/Réconciliation, Pierre Nkurunziza tente, une fois de plus de noyer le poisson. En disant que par rapport aux différentes tragédies qui ont endeuillé le Burundi, les responsabilités son partagées. Chacun doit donc se sentir coupable pour penser à pardonner les autres.

Un coup d’éponge sur le génocide des Tutsis en 1993 et l’humiliation multiforme des rescapés, en cours depuis plusieurs années. Un autre mensonge présidentiel qui est pour le moins déconcertant est lié aux prochaines consultations populaires pour identifier la meilleure forme de justice transitionnelle pour les Burundais. Pierre Nkurunziza affirme publiquement que le pas franchi est important. Dans la mesure où le gouvernement et les Nations Unies se sont accordés sur les principes fondamentaux et que l’argent requis va être débloqué incessamment.

Il omet soigneusement de révéler les inquiétudes récemment exprimées par l’ONU, après que le président burundais a personnellement décidé de retirer le pilotage de cette activité de la première vice-présidence (Dr Yves Sahinguvu) pour être confié à un certain Melchior Wagara, conseiller principal du président Nkurunziza. Il n’en a rien dit. Il a simplement préféré narguer la population en annonçant la création d’une commission électorale indépendante. Chargée de préparée les prochaines élections. Elections. Le véritable projet du parti présidentiel CNDD-FDD. Car c’est désormais son unique programme et il a juré de les gagner au forceps. A la zimbabwéenne ou à la kényane. Donc le moins démocratiquement du monde. Et comme chacun sait, il y aura des casses. Surtout du côté des Tutsis. Naturellement.

Burundi-violations des droits de l’homme

Monsieur Droits de l’Homme fouine dans les dossiers burundais.

Bujumbura le 2 juillet 08 (SurviT-Banguka)

Toujours égal à lui-même, le régime en place au Burundi excelle dans la violation des droits humains. Rien que la semaine dernière, les organisations des droits de l’homme ont recensé plus de 242 cas graves de violations des droits de l’Homme Des bavures encore imputables à la Police nationale, l’armée gouvernementale, la rébellion, le ministère public et des particuliers. Les différents cas rapportés ont trait aux atteintes à l’intégrité physique, au droit à la vie, aux détentions arbitraires et illégales, à la non séparation des enfants des adultes dans les prisons, la mauvaise tenue des registres de rétention, les gardes à vue prolongées, les violences sexuelles et domestiques, les viols ou encore l’atteinte au droit à la propriété.

C’est dans un tel contexte que le Kenyan Akich Okola, expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme au Burundi, visite ce pays depuis le 29 juin dernier. Selon des sources onusiennes, il s’agit d’une visite de travail de deux semaines dans le pays. Cet observateur des droits de l’homme va recueillir des informations auprès de diverses sources, sur les efforts du gouvernement burundais dans la mise en application des recommandations contenues dans les derniers rapports de l’expert indépendant au Conseil des droits de l’Homme et à l’Assemblée générale des Nations unies. Il envisage aussi rencontrer des autorités burundaises, des représentants des agences du système des Nations unies, des membres du corps diplomatique et consulaire, des acteurs politiques ainsi que des organisations nationales et internationales des droits de l’Homme oeuvrant au Burundi.


Au programme figurent aussi une série de descentes sur le terrain, en l’occurrence dans les différentes prisons du pays. Au bout de cette odyssée, il adressera ainsi son rapport de fin de mission au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies qui siège à Genève en Suisse. L’Office du Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme rédige déjà des rapports hebdomadaires sur le Burundi, signale-t-on.




 

 

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