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Démobilisation : le ministre de la Défense mange son chapeau.

Difficile de trouver plus incohérent que Germain Niyoyankana, ministre burundais de la Défense et des Anciens Combattants. Sur la très controversée question de démobilisation des militaires, il a osé jurer, la main sur le cœur, que l’effectif des militaires tutsi a été surévalués.

En tant que leader éclairé de cette communauté volontairement piégée, au lieu de s’interroger sur les raisons de ce truquage de chiffres, il s’est plutôt empressé à mettre en exécution le diabolique plan du CNDD-FDD, qui consiste à purger tout le Corps de Défense, du supposé trop-plein de tutsis dont il regorge.

Afin de se plier aux directives de la Banque mondiale. Mais cette dernière a vite réagi par rapport à ce sujet, en indiquant qu’elle est plus préoccupée de la corruption et les malversations économiques (dont le CNDD-FDD a fait un véritable sport national) que de quelques centaines de soldats au dessus de la moyenne convenable pour le Burundi. Germain Niyoyankana a donc une vision floue du véritable jeu de ses mentors du CNDD-FDD.

Quel que soit le prix pour lequel ils ont acheté sa complicité (ils semblent qu’ils ne lésinent pas sur les moyens pour arriver à leur plan macabre), Germain Niyoyankana devra avoir des épaules lourdes pour porter la responsabilité d’être un fossoyeur de toute sa communauté (tutsie).

Car pour tous ceux qui ne veulent pas se voiler la face, c’est cela le véritable enjeu. Et que Niyoyankana ose déclarer, toutes dents dehors, que le millier de militaires tutsis doit rendre le tablier malgré toutes les irrégularités qui entourent le dossier démobilisation, qu’il se fasse publiquement épauler par le colonel Nijimbere Léonidas, un autre officier tutsi grassement payé pour dégraisser le mammouth, c’est un véritable signe des temps.

Temps de la déliquescence d’une communauté en mal de hérauts. Et l’Histoire qui, comme chacun sait, est têtue, retiendra leurs noms comme étant ceux qui ont joué les Judas en bradant le sang innocent des Batutsis. Les chiffres sont truqués. Qui sait si ces vendus n’ont pas suggéré de les truquer pour les besoins de la cause ? Dans le cas contraire, ne fallait-il pas attendre les corrections des données avant d'exécuter les décisions du CNDD-FDD, mouvement ou parti politico-militaire, donc illégal par essence? Car d'après la loi sur les partis politiques, aucun parti ne doit avoir une milice.

Or, le CNDD-FDD revendique même ce droit de part sa dénomination. Et c’est désormais effectif, d’autant plus que tous ses démobilisés d’hier sont aujourd’hui réarmés et encadrés par ce parti présidentiel. Des FDD pu jus.

Et Germain Niyoyankana ou d’autres haut gradés tutsi qui lui sont assimilés n’en disconviendront pas. D’aucuns de se demandent pourquoi de tels hommes refusent d’assumer leur condition ou plutôt celle de leur communauté, en acceptant de mourir debout, plutôt que de vivre agenouillés. Démobiliser. D’accord. Mais le minimum est de respecter les règles du jeux. Et à défaut d’améliorer ces règles, Niyoyankana ne devrait pas les fausser volontairement.

Car selon toute logique, la démobilisation devrait être suivie d’autres mesures d'accompagnement: alternance au sommet de l'état, cogestion à tous les niveaux du pouvoir, en l’occurrence l'administration du territoire. Pour rassurer la minorité tutsie. Sinon, démobiliser massivement ces tutsis n’a rien de moins que leur filer un billet simple…pour l’abattoir. S’il n’a pas la mémoire courte et la vue basse, Germain Niyoyankana devrait se rappeler qu’en 1993, les premières cibles étaient des militaires en congé. Et si l’histoire se répétait ! Et puis, entre nous, à part ces braves combattants, le Burundi regorge de candidats dignes d’une démobilisation anticipée. C’est, au premier chef, le président de la République qui est paradoxalement le grand absent de la scène politique burundaise, alors qu’il y a péril à la demeure. C’est aussi son ministre de la Défense Germain Niyoyankana et ses sbires incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et de sonder les signes des temps pour trouver les vraies solutions aux cruciales questions de l’heure.

La Rédaction


 

 


 

 


 

 

 

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