Actualité du 3 juin (SurviT-Banguka)
Burundi-justice
Les disparus de Muyinga : début d’un procès en trompe
l’œil.
Bujumbura le 3 juin (SurviT-Banguka)
Le procès en rapport avec les massacres de plusieurs dizaines de
militants présumés du FNL, perpétrés entre
juin et juillet 2006 à Muyinga a débuté le 2 juin
dernier. Mais pour être reporté ensuite au 3 juin, car deux
des accusés ont déjà été démobilisés.
La cour militaire se demande encore si elle est compétente pour
les juger aujourd’hui, même si au moment des faits, ils étaient
encore militaires. Tout devrait se savoir ce mardi.
Mais la seule certitude
est que procès va se dérouler sur le site du supplice, à savoir
le camp de Mukoni. Au banc des accusés figureront une trentaine
de soldats (dont seulement six sont en détention) présentés
comme les exécutants de la sale besogne. Mais aux yeux de nombreux
observateurs, ce procès n’est qu’une simple mascarade,
ou de la poudre aux yeux, à l’intention de la communauté internationale
qui n’a eu cesse de demander au gouvernement d’élucider
au plus vite cette affaire. Les activistes de la société civile
ne s’en cachent pas. Il s’agit d’un procès bidon
qui risque plutôt de sacrifier d’autres innocents, dans la
mesure où le colonel Vital Bangirinama, ancien commandant de la
4ème région militaire (couvrant Muyinga), qui a personnellement
supervisé ces tueries est en cavale et est assigné à domicile
inconnu.
Et la vérité ne saurait se dire au lieu du crime. «Nous
pensons que si le procès se déroule à Mukoni, c’est
sans doute pour intimider les témoins éventuels et rappelez-vous
que le colonel Vital Bangirinama qui a assumé ce crime a pris le
large grâce à la complicité des autorités, trois
mandat d’arrêt ont déjà été émis
pour saisir le colonel Bangirinama, mais il n’a jamais été inquiété et
le président de la république a personnellement accepté qu’il
s’est opposé, à plusieurs reprises, à son arrestation,
comment un tel procès peut-il déboucher sur la condamnation
des véritables coupables ?», explique Pierre Claver Mbonimpa,
président de l’Association des droits de l’homme APRODH.
Burundi-élections
Le parti FRODEBU se souvient du raz-de-marée électoral
de juin 1993.
Bujumbura le 3 juin (SurviT-Banguka)
Les militants du parti Sahwanya FRODEBU se sont retrouvés à l’hôtel
Novotel (Bujumbura), pour commémorer la victoire de ce parti aux élections
présidentielles de juin 1993. Entourés d’une foule de
paysans, ramassés dans Bujumbura rural pour chanter leur héro,
les compagnons de Melchior Ndadaye, ont religieusement écouté le
discours de leur héro, au lendemain de la victoire. La colère
est encore perceptible, malgré les quinze années qui les séparent
de l’événement.
Dans son discours de circonstance, le
président du parti a demandé aux militants de rester debout
comme «un tigre »- duhagaze bugwe-, leur nouveau slogan de campagne
qui cache mal leur férocité. Sur les plans politiques et sécuritaires,
ils se disent globalement soulagés, après la rentrée
d’Agathon Rwasa qui devrait les aider à faire plier le parti
présidentiel CNDD-FDD, apparemment décidé à les écarter
pour continuer à sucer seul le pays. Et si le FNL devrait s’aligner
pour les présidentielles en 2010, tout semble indiquer que la galaxie
des autres partis hutus devraient s’allier à lui pour éjecter
le CNDD-FDD. A l’instar des partis de la mouvance (FRODEBU, RPB, PP,
PL) qui prédisaient le torrent charriant tout tutsi ou tout hutu qui
voterait pour un autre candidat, lors de la campagne électorale en
1993. Léonce Ngendakumana y a fait allusion sans expliciter.
Et pour
laisser Agathon Rwasa dans le voisinage de l’état-major du FRODEBU,
ils ont magouillé ferme pour le loger dans une maison contiguë à celle
de Léonce Ngendakumana, un joyau appartenant à Célestin
Mizero, un militant du FRODEBU connu notamment pour avoir dirigé (sous
la présidence de Domitien Ndayizeye) la douane burundaise, après
le COTEBU. Rwasa lui-même circule à bord d’une jeep 4x4
appartenant à Darius Nahayo, un ancien patron de la banque SBF. Tout
cela pour dire que les deux organisations regardent bien dans la même
direction. Inutile de rappeler l’extrémiste du FNL perceptible
jusque dans sa dénomination « Parti pour le Libération
du Peuple Hutu »
Burundi-Assemblée Nationale
Les députés reviennent pour se reposer.
Bujumbura le 3 juin (SurviT-Banguka)
Exit le temps des vacances pour les députés. Mais vive les
vacances. Car les activités resteront paralysées comme toujours
même si, officiellement, la session de juin a été ouverte
ce 2 juin par l’honorable Pie Ntavyohanyuma, président de cette
institution. Rien n’est encore joué.
Car le mal qui minait l’Assemblée
avant le répit de fin avril n’est pas complètement jugulé.
Puisque les questions de fond qui paralysaient le palais des Congrès
de Kigobe restent totales : Agathon Rwasa, leader des FNL, est certes rentré au
pays, et son mouvement a signé la paix avec le gouvernement burundais.
Le FRODEBU et l’UPRONA n’ont pas encore digéré les
magouilles du parti présidentiel pour faire valider la liste des parlementaires
qui représenteront le pays à la East African Legislative Assembly.
Et les députés tiennent encore à la création
d’une commission parlementaire chargée de suivre de près
cette question de négociation entre les deux parties, car la sécurité reste
une priorité et rien n’exclut que la guerre peut reprendre d’un
moment à l’autre, puisque il subsiste des points de désaccord.
Puis vient la question essentielle de mise sur pied d’un bureau de
l’assemblée national.
Le seul qui fait carburer l’institution
en mettant en place un agenda. Le groupe parlementaire FRODEBU a volé en éclats
et les députés qui se disent épris du respect restent
amers, en raison de l’emprisonnement abusif de l’ancien président
du parti présidentiel Hussein Rajabu. Pour exprimer leur trop-plein
de chagrin, ils se sont habillés en vert, le jour de l’ouverture
de la session de juin. Mais la police leur a barré l’accès
au palais.
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