Actualité du 3 juin 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-justice
L’administrateur de Kayogoro intègre la prison centrale
de Mpimba
Bujumbura le 3 juin 09 (SurviT-Banguka)
Nestor Ntakarutimana, administrateur communal de Kayogoro (province de Makamba)
a été conduit à la prison centrale de Mpimba, le 2 juin
09, après un séjour de sept jours au cachot de la police à Makamba.
Il est accusé d’avoir ordonné à sa garde policière
de faire feu sur les élèves en sachant pertinemment qu’ils étaient
innocents et naturellement sans défense. « Même les années
antérieures les boys scouts du lycée de Kayogoro organisaient
ce genre de rituels et c’est le même administrateur qui leur
donnait la permission, pour la séance fatale de cette année,
l’administrateur avait aussi donné l’autorisation un mois
plus tôt ; il était donc au courant de tout », s’indignent
les rescapés de l’attaque du 21 mai.
En dépit de ce délit
quasi flagrant, l’administrateur incriminé n’arrête
de clamer son innocence. Au lendemain de cette attaque, il parlait d’un
simple accident ; mais il rejette aujourd’hui la responsabilité de
l’attaque au chef de poste qui commandait les policiers tireurs, en
l’occurrence Nestor Niyukuri. Ce dernier est toujours en cavale, profitant
de la couverture de l’honorable Révérien Ndikuriyo, élu
de Makamba, promoteur et fossoyeur de l’institution de micro finance
IDC qui a déjà mis la clé sous le paillasson, entraînant
ainsi une déprime générale des centaines de ménages
qui avaient misé sur le projet IDC en y plaçant leur argent.
Ils broient du noir aujourd’hui.
Mais pour revenir au chef de poste
en fuite, à l’instar de nombreux autres policiers, Nestor Niyukuri
n’en est pas à sa première bavure, à en croire
les activistes des droits de l’homme. «En réalité,
c’est le même Nestor Niyukuri qui, l’année dernière,
a tiré sur des innocents en province de Muramvya, nous avions insisté pour
qu’il soit arrêté et puni, mais au lieu de cela, il a été muté à Makamba
et c’est cela le fruit de l’impunité au Burundi »,
fait remarquer Pierre Claver Mbonimpa, président de l’association
des droits de l’homme APRODH.
Burundi-justice
L’indépendance reste un leurre
Bujumbura le 3 juin 09 (SurviT-Banguka)
On ne le dira jamais assez, la justice reste sous la coupe du pouvoir au
Burundi. Gare aux magistrats hardis qui daigneront dire absolument le droit,
en faisant abstraction de l’orientation que le pouvoir entend donner
a priori au traitement des dossiers éminemment politiques. Il y a
quelques jours, Monsieur Désiré Nizigiyimana, magistrat au
Tribunal de Grande Instance en Mairie de Bujumbura, avait été kidnappé par
un groupe d’hommes en uniforme policier. Ses ravisseurs voulaient le
liquider pour avoir décidé de libérer le président
du mouvement MSD, Alexis Sinduhije, « un déstabilisateur noir
et un rebelle à embastiller à tout prix ».
Les organisations
de la société civile se sont montrées sérieusement
préoccupées par le harcèlement de ce magistrat, mais
le syndicat des magistrats, dangereusement embrigadé par le pouvoir
exécutif, n’a pas bronché. Aujourd’hui, des indices
de harcèlement des magistrats qui rêvent encore d’indépendance
refont surface. Tous les magistrats qui ont siégé dans les
dossiers Alexis Sinduhije et Jean Claude Kavumbagu viennent d’être
mutés au fin fond du pays, aux confins de la frontière tanzanienne.
La menace est limpide et les infortunés y voient déjà un
net projet de les éliminer. Leur syndicat est déjà en
voie de démantèlement par le pouvoir, ils n’ont donc
plus de cadre de revendication de leur droit à l’indépendance.
Selon Pierre Claver Mbonimpa, président de l’association des
droits de l’homme, Aprodh, ces magistrats sont sacrifiés et
c’est ridicule, pour un gouvernement qui aspire à la démocratie,
de persécuter publiquement un magistrat, simplement parce qu’il
ne dit que le droit.
Burundi-sécurité
Les maisons d’assurance restent dans le collimateur des malfaiteurs
Bujumbura le 3 juin 09 (SurviT-Banguka)
Les Burundais battent chaque fois leur propre record en matière de
cruauté et de vandalisme. Cette fois ce sont les maisons d’assurance
qui semblent être dans le collimateur des gangsters. La nuit du 28
mai dernier, le bâtiment abritant la société d’assurance
BUCOR a été vandalisé. Portes, défoncées,
documents dispersés et… une marre de sang répandue dans
les bureaux et le couloir. C’était l’horreur en grandeur
nature et personne n’a compris ce qui s’était réellement
passé. La nuit du 31 mai 2009, c’est la société SOCABU
qui a été mystérieusement visitée à l’image
de BUCOR. Le phénomène dépasse l’entendement.
Mais la facilité avec laquelle les malfaiteurs arrivent à tout
mettre sens dessus dessous alors que ces maisons sont jalousement gardées
par des policiers, prouve une évidente complicité avec les éléments
de la police et les sentinelles affectées à la garde de ces
bâtiments.
Comme toujours en pareilles circonstances, la police promet
de mener des enquêtes pour élucider ce mystère. Mais
personne n’est dupe. Ce sont des enquêtes qui n’aboutiront à rien.
A défaut d’une claire explication, les supputations fusent de
partout. Et nombreux Burundais commencent à penser plutôt à un
acte terroriste, volontairement organisé par le pouvoir, par le biais
de sa police, afin de préparer les esprits par rapport à un éventuel
plan d’élimination des opposants politiques que les mêmes
policiers pourront hacher, demain, à partir d’autres bureaux
dont les portes auront été préalablement défoncées.
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