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Actualité du 3 juillet 08 (SurviT-Banguka)

Burundi-médias

Net Press, droite dans ses bottes.

Bujumbura le 3 juillet 08 (SurviT-Banguka)

Du haut de ses douze ans de bons et loyaux services envers son lectorat, l’agence Net press fond en larmes devant le travail abattu avec brio, bien que le vent ne lui était pas toujours favorable. Dans une saga de papiers plutôt narcissiques, cette agence qui n’est « ni de droite ni de gauche » se dédie toute la livraison du 1er juillet. Mais curieusement, elle profite de son anniversaire pour griffer, sans les nommer (manque de culot ou confusion totale ?) ceux qui, déconnectés des réalités nationales, ont une autre lecture des enjeux du moment. Pourtant, même les aveugles nés sont au courant de la grisaille qui plane sur le ciel burundais.

Et c’est précisément ces menaces qui pèsent sur la communauté tutsie que Net press préfère gommer, depuis deux ans dans ses papiers, pour caresser plutôt le fauve dans le sens du poil. D’où les flèches que voici : «D’autre part, depuis quelque temps, évoquant les tragédies qu’a traversées notre pays ou les soubresauts politiques qui ont marqué le Burundi depuis l’indépendance, d’autres milieux sans doute déconnectés des réalités du pays s’étonnent et s’irritent même que Net Press écrive que le Burundi a connu longtemps un problème de régionalisme, que des Hutu innocents ont été tués en 1972.

Ce sont les mêmes qui voudraient que l’on continue à entretenir la langue de bois des régimes du passé, bref à défendre une sorte de manichéisme si cher à Ronald Reagan, à savoir qu’au Burundi, il y aurait d’un côté des méchants, et d’un autre côté, des bons », lit-on dans Net Press.


L’Indépendance sur un roc mouvant.
Bujumbura le 3 juillet 08 (SurviT-Banguka)


L’heure est encore à la commémoration de l’indépendance au Burundi. L’événement se banalise au fur des années. Car les valeurs qui sous-tendent cette autodétermination chèrement acquise ne sont plus que de vagues souvenirs aujourd’hui. L’unité et la justice jalousement défendues par le Prince Louis Rwagasore, ont cédé la place aux anti valeurs comme l’exclusion et l’injustice. L’abbé Marc Barengayabo, compositeur de l’hymne national qui a été orgueilleusement chanté le 1er juillet 1962 broie du noir.

Oublié pour la première fois sur la longue litanie des invités du jour. Au chef-lieu de Gitega (centre du pays), la statue du héros de l’indépendance a été caillassée et vandalisée par des inconnus sur lesquels la police ne mettra jamais la main. Le désenchantement est donc total pour le parti UPRONA auquel le pays doit pourtant son indépendance. Dans une déclaration qu’il a publiée le 30 juin dernier, l’UPRONA souligne que la consolidation de l’indépendance burundaise passera immanquablement par les valeurs d’unité et de justice.

Car, rappelle l’état-major de ce parti du prince Louis Rwagasore, la souveraineté nationale a été conquise grâce à la détermination de toutes les ethnies et régions du pays. Mais malheureusement, le même pays a sombré peu après dans une spirale de violences innommables, alimentées par une idéologie de divisions. Pour remettre le pays sur les rails, l’UPRONA demande au pouvoir en place de pactiser rapidement avec le mouvement FNL et de ramener une paix qui rassure toutes les composantes de la société burundaise. Et l’unique voie d’y arriver est de respecter les clauses de la loi fondamentale et autres lois corollaires, s’attaquer sans faux-fuyant aux scandales de malversations économiques et renforcer l’esprit d’une culture de démocratie pluraliste.

Le parti plaide également pour la mise en œuvre des clauses de l’accord en suspens, spécialement celles qui ont trait à la réconciliation nationale et à la gestion du contentieux de sang entre Burundais. Car rien ne peut justifier les retards enregistrés dans la mise en place des mécanismes prévus à cette fin, en l’occurrence la Commission Vérité/Réconciliation et le Tribunal Spécial pour le Burundi.
Rwanda-génocide


Plancher sur les viols commis durant le génocide.
Bujumbura le 3 juillet 08 (SurviT-Banguka)


A l’heure où rien ne semble troubler la quiétude des génocidaires et autres criminels burundais, le Rwanda voisin repense les plaies de la même tragédie, établit les responsabilités et châtie les coupables. Dès ce mois de juillet, les tribunaux populaires dits Gacacas vont plancher sur les nombreux auteurs présumés de viols massifs commis pendant le génocide de 1994.

En vertu d’une nouvelle loi qui étend la compétence de ces tribunaux inspirés de la tradition de ce pays. Avant cette nouvelle loi organique promulguée au mois de mai, les juridictions Gacacas étaient compétentes pour tous les auteurs de crimes liés au génocide de 1994, exceptés les criminels comptables de cas de viols, ainsi que les planificateurs et superviseurs présumés du génocide. Le nombre des auteurs présumés de ces crimes de viols qui devront être jugés est estimé à 6.808 personnes

. Certains d’entre eux ne vivent plus au Rwanda, comme le déclare Mme Domitilla Mukantaganzwa, Secrétaire exécutive du Service national des juridictions Gacacas (SNJG). « Leurs procès se dérouleront à huis clos en vue de protéger les victimes », affirme-t-elle, au cours d’une conférence de presse. La nouvelle loi organique prévoit des sanctions allant d’un an à trois ans d’emprisonnement pour quiconque aura violé le secret d’une telle audience à huis clos.

Inspirées des anciennes assemblées villageoises lors desquelles les sages du village réglaient des différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), ces instances ne sont pas animées par des magistrats professionnels, mais par des personnes élues au sein de la communauté sur la base du seul critère d’intégrité. Mme Mukantaganzwa a indiqué que "les intègres" qui vont juger les crimes de viol ont été choisis parmi les meilleurs juges gacacas et qu’ils ont ensuite suivi une formation pour être mieux outillés.





 

 

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