Actualité du 4 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique.
Assemblée nationale : la discorde refait surface.
Bujumbura le 4 janvier (SurviT-Banguka).
Les démons de la discorde ont rattrapé les députés
burundais. Il leur a été impossible de s’accorder sur
l’ordre du jour d’une extraordinaire session convoquée,
les 3 et 4 janvier, par le président de la république Pierre
Nkurunziza. Alors que ce dernier les interpellait pour plancher notamment
sur les Accords de Cotonou, la Convention de Bonn sur la protection des espèces
migratoires et les Accords relatifs à la Communauté des Etats
d’Afrique de l’Est (EAC), les députés des partis
FRODEBU, UPRONA et une vingtaine d’autres dissidents du CNDD-FDD (pros
Rajabu) se sont rebiffés et ont exigé de chambouler cet agenda
dont l’urgence n’était pas assez évidente pour
eux. Ils estiment en effet que pour une session extraordinaire, la priorité devrait être
accordée à la mise sur pied d’une Commission parlementaire
chargée du suivi de la question du PALIIPEHUTU-FNL.
Mais les députés
du CNDD-FDD ne l’entendent pas de cette oreille, d’où le
blocage total, observé ce jeudi 3 janvier à l’hémicycle
de Kigobe. «Pour la population, je pense que rien ne peut être
plus urgent que la question de sécurité aujourd’hui,
c’est ainsi que les députés qu’elle a élus
devraient se pencher sur les dessous du piétinement des négociations
entre le gouvernement burundais et ce mouvement rebelle, mais j’ai
l’impression que les élus du CNDD-FDD sont d’un autre
avis», explique l’honorable Térence Sinunguruza, député UPRONA.
Selon le général Godefroid Niyombare (FDD), adjoint du chef
d’Etat-major général de l’Armée burundaise,
c’est la mauvaise foi du mouvement FNL qui a fait capoter tout le processus. «Ils
revendiquent des postes politiques, mais chacun sait que cela ne s’acquiert
que par voie démocratique et pour ce qui est des places dans les corps
de défense et de sécurité, il doit d’abord montrer
l’ampleur de sa milice et même ses présumés prisonniers
politiques devront être préalablement connus pour être
relaxés », déclare-t-il. Le mouvement de Rwasa Agathon
semble jouer sur le temps et miser sur une éventuelle alliance avec
le parti FRODEBU pour le raz-de-marée de 2010.
De son côté,
le CNDD-FDD aiguise son épée, en vue d’une victoire au
forceps. Quels que soient les scenarii envisageables, les dindons de la farce
resteront les Batutsis, toujours en mal de vision.
Burundi-éducation.
Université du Burundi : l’enlisement est total.
Bujumbura le 4 janvier (SurviT-Banguka).
Les étudiants de l’Université du Burundi ont radicalisé leur
position : ils ne reprendront les cours que si le ministre Saïdi Kibeya
revient sur sa décision de chasser des innocents de cet établissement,
arguant à tort qu’ils sont à l’origine de l’incident
ayant impliqué en novembre dernier, les professeurs Jacques Bukuru
et Théophile Ndikumana. Tous les deux auraient été malmenés
par un groupe d’étudiants de la Faculté des Sciences
au cours d’une banale séance de bizutage.
Face au refus catégorique
de reprendre les cours, le Conseil rectoral demande aux différents
doyens de Facultés et Instituts d’identifier régulièrement
les élèves présents au cours pour que les absents soient
définitivement exclus. Parallèlement les étudiants hutus
sont discrètement approchés pour ne pas prêter le flanc à l’ennemi
qui veut faire échouer le programme du ministre de l’Education
et de la Culture.
Gaston Hakiza, Recteur de cette Université, annonce
quant à lui qu’il envisage remplacer les étudiants internes
réfractaires à l’idée de reprendre des cours par
des externes plus dociles. Selon une certaine opinion, le CNDD-FDD aurait
volontairement créé l’incident en passant par le professeur
Théophile Ndikumana, pour susciter la réaction épidermique
des étudiants et réaliser enfin son vieux rêve. « Pourquoi
ce vieux prof qui a assisté à tant de scènes identiques
au cours des années, a-t-il senti l’envie de les filmer ? » s’interroge
un des professeurs de l’Université.
Burundi-économie.
Le Burundi sous le contrecoup de la crise au Kenya.
Bujumbura le 4 janvier (SurviT-Banguka).
Déjà en piteux état, l’économie burundaise
risque de subir encore l’onde de choc de la crise qui secoue le Kenya
depuis quelques jours. Les sept sociétés impliquées
dans le domaine de l’importation du carburant prédisent en effet
une sérieuse pénurie de ce produit si la crise perdure encore.
Le volume des importations sera sensiblement réduit et les stocks
disponibles à Bujumbura se vident à vue d’œil.
De
plus, le site de transit situé à Eldoret (Kenya) est devenu
un vaste centre des déplacés qui fuient le nettoyage ethnique
en cours dans le pays, ce qui rend impossible l’accès aux dépôts
déjà investis par les fuyards. Depuis le mois de décembre,
ces pétroliers n’ont pas pu s’approvisionner en carburant
depuis le Kenya en raison de la fièvre électorale (campagne).
«Même
si la crise venait à être réglée, le Burundi serait
le dernier pays à être servi en carburant, car d’autres
pays comme le Rwanda et l’Ouganda sont en rupture de stocks pour les
mêmes raisons, compte tenu de leur proximité géographique
avec le Kenya, ces derniers se serviront avant le Burundi», estime
un gérant d’une société pétrolière.
Reste que ce problème conjoncturel vient empirer une situation structurellement
explosive, car même avant la crise au Kenya, les importateurs de carburant
menaçaient de suspendre leur activité pour forcer le gouvernement à revoir à la
hausse le prix à la pompe, en raison de la flambée de ce produit
sur le marché mondial.
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