Actualité du 4 février (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
L’ACCORD-CADRE souffle ses huit bougies.
Bujumbura le 4 février 08 (SurviT-Banguka)
L’ACCORD-CADRE pour la restauration d’un Etat de droit au Burundi
a fêté ses huit ans d’existence le 2 février dernier.
Cet organe qui brasse pêle-mêle les cinq associations antigénocide
et l’aile non gouvernementale du parti UPRONA a bataillé ferme
durant presque une décennie, mais le major Pierre Buyoya a tout fait
pour lui mettre les bâtons dans le roues.
Afin de museler toute voix
qui crier pour lever le voile sur le sang fumant des Tutsis, victime du
génocide
de 1993. Et comme dans tous les autres projets de réhabilitation des
tutsis qu’il a sapés jusqu’à sa dernière énergie,
Pierre Buyoya a divisé l’ACCORD-CADRE en opposant ses grandes
composantes. Certains esprits déterminés ont ainsi mis de l’eau
dans leur vin, en acceptant de pactiser avec les bourreaux. C’est ainsi
que des gens comme Tatien Sibomana ne luttent plus que du bout des lèvres,
tout en caressant l’espoir de toucher les dividendes de ceux qui ont
vendu leur conscience à Pierre Buyoya. Le slogan dans l’air
du temps devient la l’oubli qui précède la réconciliation
nationale.
Un coup d’éponge sur l’une des plus mémorables
tragédies du siècle. Parallèlement, les esprits intransigeants
sur la question du génocide comme l’Ingénieur Diomède
Rutamucero, président de la cartonnante association antigénocide
PA-Amasekanya est à traquer car il refuse de rentrer dans les rangs.
C’est pourtant le seul qui se dépense contre vents et marrées,
et sous la menace directe de la police présidentielle, en immortalisant
cette tragédie dont les tutsis du Burundi ont été victimes
pour que les générations futures ne manquent pas de référence
historique. L’ACCORD-CADRE a donc huit ans, mais il n’est plus
que l’ombre de lui-même. Car mis à part Diomède
Rutamucero, seul Maître Gabriel Sinarinzi, président de la véritable
aile radicale de l’UPRONA persiste et signe encore .
«Le génocide
a été commis au Rwanda, au Darfour, au Libéria, etc.
et le monde entier s’est levé chaque fois pour le dénoncer
et poursuivre ses auteurs partout où ils pouvaient aller, je pense
que le Burundi ne devrait pas faire exception, c’est ainsi que quelles
que soient les magouilles de ceux qui veulent noyer le génocide burundais
dans des concepts aussi oiseux qu’insensés, la vérité finira
par prendre le dessus et l’heure de leur châtiment sonnera»,
observe-t-il. Alice Nzomukunda regagne son pays.
Bujumbura le 4 février 08 (SurviT-Banguka)
L’honorable Alice Nzomukunda, chassée du parti présidentiel
lors de son congrès de Muyinga le 26 janvier dernier, est rentrée
de Bruxelles ce 3 février. Elle se dit prête à affronter
tous les complots ourdis par son ex parti politique dans le seul souci de
la réduire au silence. Elle déclare aussi que ses détracteurs
projettent de l’éliminer physiquement pour que le macabre plan
du CNDD-FDD soit exécuté sans embûches.
Mais elle promet
de tout dire. «Je sais bien que les démarches sont déjà enclenchées
pour corrompre les autres députés, afin qu’ils signent,
les yeux fermés, mon éviction de la chaise du vice-président
de la république, mais je leur dirais de faire attention pour respecter
d’abord la loi, car même si je partais demain, ce parti n’irait
pas enterrer pour autant sa hache de guerre, il va plutôt la retourner
contre eux et j’ai des preuves suffisantes qui montrent que ce parti
prépare sérieusement la guerre contre ses opposants, ceux qui
parlent des milices en formation n’ont pas tort et vous savez qu’une
milice s’organise pour un jeu sérieux» , fait remarquer
l’honorable Alice Nzomukunda, à sa descente d’avion. L’assemblée
nationale démarre ses travaux ce 4 février dans le cadre d’une
session ordinaire. L’opinion retient son souffle pour assister aux
classiques jeux d’alliances qui devraient aboutir à l’éviction
de cette dame de fer. La seule inconnue reste les termes du contrat entre,
d’une part, le FRODEBU et le CNDD-FDD et, d’autre part, l’UPRONA
et le CNDD-FDD.
Burundi –sécurité.
Jean Marie Rurimirije sur les vagues du succès.
Bujumbura le 4 février 08 (SurviT-Banguka)
Bien qu’il ait raté d’un cheveu la mairie de Bujumbura,
l’homme d’affaire Jean Marie Rurimirije a bien joué les
médiateurs entre le FNL et les grosses pointures du CNDD-FDD. Ce mouvement
rebelle a fait ce qu’il lui avait promis en libérant les quatre
personnes qu’il détenait depuis trois mois dans la profonde
forêt de la Kibira. L es cérémonies marquant leur relaxation
ont eu lieu ce samedi 2 février dans une ambiance bon enfant. Comme
si le spectacle d’assassinats sélectifs, de viols et de vols à main
armée n’était plus qu’un lointain souvenir.
Mais
comme prévu, c’était un pur coup de bluff. Car la machine
de la mort était encore bien huilée et à l’œuvre.
C’est ainsi que le même jour, plusieurs personnes ont été tuées,
notamment à Bubanza. Signe que le Burundi a atteint un niveau de violence
si élevé qu’il est difficile d’y mettre fin par
une simple paraphe.
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