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Actualité du 4 juin 09 (SurviT-Banguka).

Université du Burundi.

Les étudiants tutsis restent dans la ligne de mire du pouvoir.

Bujumbura le 4 juin 09 (SurviT-Banguka)

C’est une constance chez Gaston Hakiza, recteur de l’Université du Burundi : depuis qu’il contrôle cette institution, cet universitaire fait tout pour éjecter, pour un oui ou pour un non, les étudiants tutsis afin de s’inscrire, comme il l’a juré dès le départ, dans la droite ligne de l’idéologie d’exclusion et de démolition, quintessence du pouvoir CNDD-FDD. Ainsi, après un moment de relative accalmie, il vient de rejeter un pavé dans la marre en excluant pour une période d’une année, une douzaine d’étudiants, dont un seul hutu. Ils sont faussement accusés d’avoir molesté un étudiant hutu, militant zélé du CNDD-FDD. Ce dernier tentait de déchirer un sulfureux tract affiché par un inconnu.

C’était en mars dernier et l’exclusion a été décidée le 1er juin, après des « enquêtes approfondies ». Mis à part les étudiants déjà achetés par le pouvoir pour tout démanteler, les étudiants de l’Université du Burundi, toutes ethnies confondues, restent solidaires et convaincus qu’ils ont affaire aux mêmes ennemis. Le 21 mai dernier, des scouts, hutus et tutsis, du collège communal de Kayogoro n’ont-ils pas été foudroyés par le feu du pouvoir sans distinction d’ethnie ? C’est triste. Mais chapeau bas pour à cette jeunesse qui commence à comprendre que la question fondamentale qui mine le Burundi n’est pas une affaire d’ethnies mais de politiciens véreux qui, pour s’accrocher aux intérêts de l’instant sont près à tous les sacrifice.

Ce sont eux que toutes les forces vives devraient combattre énergiquement pour sauver la nation burundaise du gouffre dans lequel ils entendent le précipiter. Pour revenir à l’Université, la mesure d’exclusion des tutsis est si injuste qu’une bonne frange d’autres étudiants, a décidé, ce 3 juin 09, de tout boycotter pour exiger la réhabilitation des exclus. Selon d’autres sources concordantes, Gaston Hakiza s’apprêterait à chasser une centaine d’autres étudiants tutsis présumés impliqués dans ce même dossier. Comme prévu, la police s’en est mêlée et a emporté, menotté, un jeune étudiant. On ignore son lieu de destination mais certaines sources le situent déjà dans les labyrinthes du Bureau Spécial de Recherche. Nombre d’observateurs considèrent que le recteur de l’université du Burundi n’a d’autre mission que celle de tout déconstruire afin de partir sur de nouvelles bases avec une institution dépoussiérée de toute la gangue tutsie.

Burundi-sécurité

Le général Adolphe Nshimirimana met en garde les organisations de la société civile.

Bujumbura le 4 juin 09 (SurviT-Banguka)

Contre toute attente, le général Adolphe Nshimirimana, patron du service national de renseignement au Burundi, vient bousculer ses habitudes en sortant de son silence habituel pour mettre en garde les associations de la société civile qui osent encore appeler « chat noir » un chat qui est chat et qui est aussi noir. « Nous observons les agissements de certaines politiciens de l’opposition qui se font passer pour des acteurs de la société civile et qui ne font rien d’autre que fustiger le Service National de Renseignement, en le taxant de tous les maux, nous devons leur dire qu’ils ont déjà dépassé les limites et qu’ils jouent avec le feu, en tentant de réveiller les démons de la guerre », a-t-il déclaré le 3 juin 09, au moment où ledit service avait organisé une journée « portes ouvertes » afin de simuler un rapprochement avec le public que la police est censée protéger.

Nous sommes là, a-t-il poursuivi, pour protéger la population, en protégeant d’abord les institutions qui la représentent. Il a beau faire patte blanche devant la population et l’opinion internationale, le général Adolphe reste le plus grand tortionnaire de tous les temps et le meilleur serial kealer que le pays ait jamais connu. En plus des agents de la police qui sont à sa disposition, le général entretient un réseau de démobilisés, non officiellement enregistrés parmi son staff, mais régulièrement payés pour accomplir la sale besogne de tuer sur commande.

Rwanda – Génocide

L'ex-président de l'Assemblée nationale jugé par contumace

Bujumbura le 4 juin 09 (SurviT-Banguka)

Au Rwanda, les tribunaux populaires dits « gacaca » continuent de plancher sur les dossiers des personnes impliquées dans le tragique génocide de 1994. Le 31 juin dernier, à Kigali, cette juridiction a jugé par contumace l'ancien président de l'Assemblée nationale, Alfred Mukezamfura. Il est accusé d'avoir joué un rôle capital dans le génocide de 1994. Mukezamfura, qui a quitté le Rwanda à la fin de l'année dernière, était président de la Chambre des députés jusqu'aux élections législatives de septembre 2008. Il est accusé d'incitation au génocide par le truchement du journal gouvernemental « Imvaho » et de complicité d'assassinat des journalistes Vincent Shabakaka et Vincent Rwabukwisi alias Ravi. L'ancien parlementaire est jugé par la juridiction gacaca du secteur Nyakabanda, dans la capitale rwandaise.

«Dimanche, nous n'avons fait que lire l'acte d'accusation, devant deux ou trois personnes présentes. L'accusé lui-même était absent et aucun témoin ne s'est présenté », a indiqué à l'agence Hirondelle l'un des membres du jury, Benoît Ngarambe. Le procès a été ensuite reporté sine die. En décembre dernier, l'accusé avait été assigné à comparaître pour la première fois. Son épouse s'était alors présentée et avait déclaré que son mari était allé se faire soigner à l'étranger. « Cela fait près de trois mois que nous avons annoncé l'ouverture du procès. Légalement, nous sommes autorisés à mener le procès par contumace », a ajouté Ngarambe.


 



 
 

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