Actualité du 4 juillet 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Pierre Buyoya troque l’affaire Kassy Manlan contre une consultance.
Bujumbura le 4 juillet 08 (SurviT-Banguka)
L’assassinat, en novembre 2002, de l’ancien représentant
de l’OMS au Burundi, Docteur Kassy Manlan, avait toujours été pris
pour un crime d’Etat. Tant et si bien qu’il était impossible
de casser l’énigme des mobiles du crimes et des véritables
assassins ou autres commanditaires. Mais d’aucuns y voyaient toujours
la main du président Pierre Buyoya. En 2005, l’avocat européen
Bernard Menguin est allé plus loin en demandant d’interroger
Pierre Buyoya et sa femme, sur ce dossier.
En juin dernier, la cour suprême
a blanchi les présumés assassins de ce médecin ivoirien
mais le procureur de la république a interjeté l’appel.
Et les six sont restés au noir. Ce qui aurait irrité particulièrement
l’ancien président Pierre Buyoya, ami personnel de la quasi-totalité des
présumés coupables. Puis Buyoya a terriblement envie d’en
finir avec ce dossier qui lui est resté en travers de la gorge,
dans la mesure où monsieur Tout le monde sait qu’il y est
pour beaucoup.
Profitant de l’impasse dans laquelle se trouve le
parti présidentiel (CNDD-FDD) liée à la paralysie
des activités au Parlement et au Gouvernement, Pierre Nkurunziza
aurait approché l’état-major de ce parti pour lui suggérer
des voix de sortis, contre un petit arrangement dans ce dossier. Il s’agit
de faire une lecture biaisée de la constitution pour radier les
députés dissidents et de les remplacer par les élus
dociles, faciles à contrôler, quelle que soit leur position
sur la liste.
Pour faire marcher l’Assemblée Nationale. En
contrepartie, les détenues dans l’affaire Kassy Manlan doivent
recouvrer la liberté. Mais l’ancien procureur général
de la république Gérard Ngendabanka qui a facilité l’évasion
des témoins à charge doit être mis à l’écrou.
Ce militant du FRODEBU servirait de fusible à griller sans états
d’âme. Ce marché aurait donc été bien
conclu. C’est ainsi que les six détenus ont été récemment
blanchis. Si Elysée Ndaye (CNDD-FDD), actuel procureur général
de la république a demandé un pourvoi et a décidé de
les garder en prison, ce serait de la pondre aux yeux de l’opinion.
Mais ils se savent définitivement blanchis. Leur libération
est imminente. Et la mission d’arrêter Gérard Ngendabanka
a été confiée au général Adolphe Nshimirimana,
patron de la Police Présidentielle. Ce dernier a, du reste, été aperçu à plusieurs
reprises, ces derniers jours, en compagnie de Pierre Buyoya. Du jamais
vu, avant ce deal. Ceci explique, peut-être, cela.
Burundi-sécurité
L’Armée demande à la population de démasquer
les militaires délinquants.
Bujumbura le 4 juillet 08 (SurviT-Banguka)
Les combattants FNL ont officiellement décidé de rentrer dans
les rangs le 26 mai dernier. Date fixée par les belligérants
pour l’arrêt des hostilités. Difficile, depuis cette date,
de commettre des actes de barbarie sous casquette rebelle. Mais les actes
de pillages, de massacre et de viol de la population n’ont pas cessé pour
autant.
Ce qui ne manque pas d’étonner les victimes, l’administration
et les forces de l’ordre, dans la mesure où les auteurs des
mêmes crimes sont toujours en uniforme (militaire ou policière).
C’est ainsi que la population a décidé de redoubler de
vigilance et de témérité pour tenter de mettre la main
sur les mystérieux criminels. Dans certains coins du pays comme Ruyigi
et Bubanza, cette stratégie a été payante. Mais curieusement,
les criminels étaient dans tous les cas, des militaires ou des policiers
en activité. D’où une totale confusion, après
avoir constaté que ceux qui sont censés veiller à la
sécurité de la population, sont ceux-là mêmes
qui la perturbent.
Les associations des droits de l’homme demandent
au leadership de l’armée de sévir. Et ce dernier reconnaît
les faits et promet de châtier, de façon exemplaire, ces brebis
galeuses. Mais au-delà de ces incidents, on se demande ce qu’il
en sera demain, lorsque la guerre aura éclaté dans le pays.
Ces militaires, dont la plupart sont des ex-rebelles qui ont intégré l’armée
ou la police à la faveur du brassage de combattants, n’hésiteront
pas d’ôter le masque pour agir en vrais rebelles et tuer et violer
massivement la population sans aucun secours.
Burundi-élections
La Commission Electorale refait surface.
Bujumbura le 4 juillet 08 (SurviT-Banguka)
Les consultations électorales sont annoncées pour 2010 au Burundi.
Le gouvernement s’attelle déjà à déblayer
le terrain pour les organiser à sa façon. C’est ainsi
qu’il a déjà défini les contours de la nouvelle
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Selon le décret
qui la met en place, signé le 18 juin dernier par le président
de la république Pierre Nkurunziza, son adjoint Yves Sahinguvu et
Venant Kamana, ministre burundais de l’intérieur et du développement
communal, elle sera désormais permanente.
Ses membres disposent d’un
mandat de deux ans. Renouvelable. Les décisions prises par le bureau
de la CENI seront sans appel. Selon le même décret présidentiel,
cette commission est chargée d’assurer la conservation, la gestion
et la mise à jour régulière du fichier électoral
informatisé, d’assurer une préparation planifiée
des différents scrutins. Dans le souci d’une bonne administration
du processus électoral. Elle est aussi chargée de proposer à l’autorité compétente
une amélioration du cadre légal et réglementaire notamment
par la révision des textes actuels.
Elle devra aussi se charger des
ressources humaines et du patrimoine mis à sa disposition. Pour ce
qui est du fonctionnement de la CENI, son bureau est composé du président,
du vice-président et de trois commissaires. Ces derniers sont notamment
chargés des opérations électorales, de la logistique
et autres affaires juridiques, ainsi que les un autre chargé des finances,
ou encore l’éducation civique et la communication. Il est en
outre précisé que durant leur mandat, les membres de la commission
jouissent de l’immunité des poursuites reconnues aux parlementaires
en exercice. Chacun retient son souffle pour voir sa composition. Car il
est quasi certain que le parti au pouvoir y mettra ses hommes pour leur dicter
les résultats, le moment venu.
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