Actualité du 5 mai 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité.
Le FNL en quête de nouveaux combattants.
Bujumbura le 5 mai 08 (SurviT-Banguka)
Des rumeurs persistantes signalaient depuis quelques jours, un appui doublement
technique et idéologique que la rébellion FNL bénéficierait
de la part du parti FRODEBU, principale parti d’opposition au Burundi.
Cette idée se précise de plus en plus, car en mairie de Bujumbura,
la police vient de mettre la main sur une dizaine de candidats combattants
qui s’apprêtaient à intégrer cette rébellion
en guise de renfort
. Ils ont été arrêtés par la
police, le 3 mai dernier, au domicile d’un certain Benoît Ntiganzwa,
ex sénateur du parti Sahwanya-FRODEBU, élu dans la circonscription
de Kirundo (nord du pays). L’ancien sénateur, qui les hébergeait
depuis quelques jours à son domicile situé au quartier Kigobe
(commune urbaine de Gihosha), était absent au moment de leur arrestation,
mais tous les dix suspects affirment qu’ils viennent de Kirundo et
qu’ils s’apprêtaient à intégrer la rébellion
FNL sur son instigation.
La police de sécurité intérieure
en mairie de Bujumbura les a soumis à un interrogatoire pour en savoir
davantage sur l’intensité de cette vague de recrutements et
les acteurs politiques qui la sous-tendent. Le mouvement rebelle FNL qui
avait intensifié les attaques depuis le 17 avril dernier serait entrain
de se réorganiser pour relancer ses attaques sur Bujumbura et ses
environs. Mais face aux multiples crimes à grande échelle commis
par le parti présidentiel, et compte tenu de son incapacité ontologique à ramener
la sécurité et l’ordre dans le pays, une bonne frange
de la population ne cache plus son sentiment de voir tout le régime
déguerpir, fût-il par force.
Burundi-partis politiques
Unité retrouvée au sein de l’UPRONA.
Bujumbura le 5 mai 08 (SurviT-Banguka)
Ca y est. Les deux ailes du parti UPRONA se sont finalement ralliées
pour ne former officiellement qu’un seul parti. Pour tourner les pages
sombres de brouille et de dissensions internes, observées depuis 1998.
Certains militants des deux branches ont en effet, depuis quelques mois décidé de
ramener tous les dissidents des deux bords en vue de retrouver la cohésion
interne chère à feu Prince Louis Rwagasore, véritable
idéologue et promoteur de cette organisation politique auquel le Burundi
doit son indépendance.
Présidée par Bonaventure Gasutwa,
l’aile de l’UPRONA, qui s’était doublement réclamée
de l’opposition extraparlementaire et avait catégoriquement
refusé de donner son quitus aux Accords d’Arusha ou aux institutions
y afférentes, a publiquement reconnu son égarement. «Nous étions
comme des enfants prodigues, égarés loin de leur parent pour
manger avec les porcs dans une indicible abjection, mais nous avons décidé de
retourner au bercail, dans les bras de notre père qui est le parti
UPRONA tel que le concevait le Prince Louis Rwagasore», déclare
Bonaventure Gasutwa, avant d’ajouter qu’on ne va plus parler,
ni de l’UPRONA gouvernementale, ni de l’UPRONA de l’opposition,
mais de l’UPRONA tout court.
Selon Aloys Rubuka, actuel président
de l’UPRONA (ex-gouvernemental), les militants de ce parti vivent un émouvant
moment de retrouvailles, car les enfants prodigues ont retrouvé la
raison et sont déjà de retour. «Je dois dire ici que
nous restons aussi ouverts à tous ce qui nous avaient laissés
pour embrasser tel ou tel autre parti politique, c’est en étant
unis et nombreux que nous pourront mieux affronter les élections de
2010», explique Aloys Rubuka. Mais il reste encore quelques voix discordantes,
représentées notamment par maître Gabriel Sinarinzi,
qui se dit toujours président ad intérim de l’aile de
Charles Mukasi. « Nous ne pourrons jamais collaborer avec ceux qui
subordonnent la loi et la morale à leurs intérêts, en
acceptant notamment de pactiser avec les génocidaires ou les autres
criminels comptables de divers crimes contre l’humanité, crimes
de guerre ou économiques », explique Gabriel Sinarinzi.
Burundi-syndicats
Le trop-plein d’amertume pousse le salarié burundais à la
grève.
Bujumbura le 5 mai 08 (SurviT-Banguka)
Les fonctionnaires burundais ont fêté la journée dédiée
aux travailleurs et au travail le 2 mai dernier, dans une morosité extrême.
Et pour cause. Le salaire du mois d’avril se fait encore attendre et
plus de trois-quarts des entreprises paraétatiques s’apprêtent à mettre
la clé sous le paillasson ou à passer aux privés. Conscient
de cette déliquescence de l’entreprise de l’Etat, le personnel
annonce des mouvements de grèves tous azimuts.
La radio télévision
nationale du Burundi vit sous le rythme d’un silence radio depuis le
28 avril dernier, car le syndicat des journalistes a déclanché un
mouvement de grève illimitée pour protester contre les mauvaises
conditions de travail (mais le pouvoir CNDD-FDD s’en fiche éperdument
et a décidé de recruter ses militants pour présenter
les journaux, vaille que vaille). Le personnel de l’Office burundais
du thé (OTB) a déjà prévenu les responsables
: la grève démarre le 12 mai pour réclamer les meilleures
conditions de travail. A la compagnie de gérance de coton (Cogerco),
la même menace de reprise de grève est déjà annoncée,
pour dénoncer les dossiers de malversations qui sont signalés
au niveau de cette société : Le carburant de l’usine
seraient gratuitement distribué aux militants du CNDD-FDD qui montent
tous les week-end à l’intérieur du pays pour faire propagande.
La SOSUMO et l’ONATEL sont aussi au creux de la vague.
Mais face à ce
climat délétère, le pouvoir reste impassible. Dans son
dernier discours à la nation, le président burundais a fort
diabolisé ces travailleurs qui rivalisent de mouvements de grèves
pour faire entendre leurs revendications. Il les considère comme de
simples marionnettes, à la solde de l’opposition. C’est
ainsi qu’il a menacé de les chasser pour en engager d’autres
travailleurs plus dociles. Et pour les confondre davantage, il a primé des
dizaines de paysans qui excellent dans la vulgarisation de l’avocatier,
son fruit fétiche.
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