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Actualité du 5 mai (SurviT-Banguka)

Burundi santé.

L’amertume monte d’un cran chez les médecins.

Bujumbura le 5 mai 09 (SurviT-Banguka)

Réunis dans leurs deux syndicats, les médecins burundais prestant dans le secteur public sont en grève depuis près de deux mois. Ils menacent aujourd’hui de franchir la ligne rouge en déclanchant à tout moment une grève sauvage qui exclut même le service minimum reconnu par le code du travail. Cela suppose qu’aucune intervention d’urgence, fût-elle en rapport avec les accouchements par césarienne ou les autres cas accidentels, ne sera assistée par un médecin. Initialement composée de l’ancien président de la République Sylvestre Ntibantunganya et de la grande figure de la société civile Jean Marie Vianney Kavumbagu, l’équipe de médiation avait été récemment renforcée par des observateurs de la société civile (ligue Iteka, Oag, etc.). Mais les médiateurs sont à bout de souffle et promettent de rendre leur tablier sans crier gare. Car la partie gouvernementale est intraitable.

Dans une note qu’ils ont doublement adressé au gouvernement et aux syndicats des médecins, le 4 mai 09, ils se disent essoufflés et déçus. Ils en veulent particulièrement au président de la république Pierre Nkurunziza qui, dans un récent discours qu’il a prononcé depuis le chef-lieu de la province de Karuzi, a violemment fustigé le l’attitude des médecins burundais qui veulent tout, tout de suite. « Je dois vous dire qu’on peut vous retirer même le peu de salaire que vous aviez déjà et vous n’aurez aucune raison d’arrêter le travail » leur a-t-il lancé en rappelant que les médecins font leur travail grâce à l’armée et la police qui assurent leur sécurité. « Le Burundi n’est pas la France ou la Belgique …encore moins le Rwanda, ils n’ont aucune raison de se considérer comme les médecins de ces pays là qui sont plus développés que nous » a conclu le président Burundais.

L’exemple rwandais a surpris beaucoup de gens, d’autant qu’il s’agit en réalité d’un pays historiquement et contextuellement proche du Burundi. Certains pensent déjà que le gouvernement burundais développe sans s’en rendre compte un complexe d’infériorité vis-à-vis de ce pays qui l’a aidé à payer la cotisation au sein de la East African Community.

Burundi-sécurité

Les révolte musclée des ex enfants soldats à Gitega.

Bujumbura le 5 mai 09 (SurviT-Banguka)

On les savait déjà désarmés et moralement quasi prêts à regagner leurs villages. Mais c’était sans compter avec l’ineffable esprit rebelle que les leaders rebelles leur avaient inculqué. Plusieurs centaines d’enfants soldats FNL en phase de démobilisation ont semé la peur panique au chef-lieu de la province de Gitega en cassant violemment les vitres du centre qui les hébergeait, arguant qu’ils vivent dans des conditions indignes des rebelles qu’ils entendent rester toujours. La nuit du 4 au 5 avril, ces enfants militarisés ont en effet tenu en respect les policiers et le personnel du centre de démobilisation de Gitega et le lendemain, ils se sont dispersés dans le centre-ville en direction du stade pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie : alimentation équilibrée et variée, couverture pour faire face au froid la nuit venue et des sorties à volonté.

Les jeunes rebelles étaient curieusement armés de gourdins cloutés et d’aucuns se demandent comment ils ont pu s’en procurer étant entendu qu’ils avaient été préalablement désarmés. C’est dire que demain à la moindre alerte, tous les rebelles d’hier se réarmeront massivement pour se remettre à la sale besogne qui n’est que trop connue. L’inquiétude est d’autant plus grande que même dans les autres coins du pays, les anciens combattants font des ravages. En province de Cibitoke, l’on observe d’inquiétants mouvements de groupes de bandits armés, des visages étrangers assimilés aux combattants FNL en attente de frais de démobilisation.

Le 2 mai dernier, dans le secteur Ndava-village en commune Buganda, un homme armé d’un pistolet et d’une grenade a fait irruption dans un ménage et a obligé à tout le monde de donner tout ce qu’il avait sur lui, notamment argent et téléphones portables. Avant de prendre le large, le malfaiteur a lancé une grenade sur une autre personne qui tentait de l’arrêter. En raison du fait qu’une bonne partie de démobilisés ont regagné leurs collines, les cas d’assassinats sont désormais signalés dans toutes les provinces du pays.


 
 

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