Actualité du 5 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Les démobilisés ne le seraient pas vraiment.
Bujumbura le 5 juin 08 (SurviT-Banguka)
La triste révélation est faite par la Ligue des Droits de
l’Homme Iteka : Les combattants des anciens mouvements rebelles aujourd’hui
démobilisés ont curieusement gardé leurs armes, cachées
quelque part, pour les déterrer, en temps utile. Selon le rapport
d’une enquête de cette association indépendante seules
6000 armes ont été remises après la démobilisation
de tous les 35000 combattants de ces anciens mouvements rebelles.
Et d’après
de nombreux autres observateurs, malgré les espoirs de paix retrouvée,
les Burundais sont encore sur une poudrière car le cœur des rebelles
d’hier est encore au maquis. Et par le biais du service national des
renseignements, le parti présidentiel a aussi distribué jusqu’à l’échelle
collinaire, de nombreuses autres cargaisons d’armes. Le pays est donc
miné du dedans et d’aucuns craignent aujourd’hui une autre
implosion aux allures encore génocidaires. Si la guerre éclate
encore, on ne parlera même plus de rescapés au sein de la communauté Tutsie,
en raison de ces engins de mort (grenades, bombes, requêtes, fusils,
etc.) distribués aux miliciens dissimulés parmi les civils.
Ce qui fait dire à l’honorable Catherine Mabobori du parti UPRONA,
que l’urgence du gouvernement devrait être le retrait de ces
armes de la population. « Nous ne sommes plus en situation de guerre,
c’est pourquoi le gouvernement devrait s’atteler à récupérer
toutes ces armes pour protéger la population et s’il ne le fait
pas encore ce n’est pas parce qu’il n’en voit pas la nécessité,
mais c’est peut-être pour d’autres raisons », explique-t-elle.
Burundi-justice
Dossier Muyinga : les familles des victimes menacent de saisir la justice
internationale.
Bujumbura le 5 juin 08 (SurviT-Banguka)
Sur initiative de quelques organisations de la société civile
et autres ONGs internationales, les familles des victimes des massacres de
Muyinga (juin 2006) déclarent qu’elles n’ont plus confiance
en la justice burundaise pour élucider cette affaire. Elles seraient
même sur le point d’intenter un procès au niveau de la
justice internationale, contre l’état du Burundi, qui est, au
finish, le véritable commanditaire de ces tueries massives.
Cette
nouvelle alternative intervient au lendemain du refus de la cour militaire
de plancher sur ce dossier, arguant que deux anciens militaires qui figuraient
parmi les présumés coupables ont déjà été démobilisés.
Mais ce déficit de confiance dans la justice burundaise tient surtout
au fait que ces massacres ont été commis et supervisés
par l’administration, la police et l’armée. Le colonel
Vital Bangirinama, ancien commandant de la 4ème région militaire,
a reconnu ce crime tout en avouant que plusieurs dizaines de militants du
mouvement rebelle FNL ont été tués dans la province
de Muyinga, sur ordre de la hiérarchie militaire.
Le président
burundais Pierre Nkurunziza, commandant suprême des forces armées,
s’est personnellement impliqué dans la couverture des auteurs
de ces massacres. Mais la communauté internationale met ce dossier
aux côtés de nombreux autres points de dérapages du pouvoir
en place, en l’occurrence la vente du jet présidentiel (Falcon
50). La lumière doit être faite sur ces dossiers.
Burundi-Justice.
Ministère de la Justice : persécution des grévistes.
Bujumbura le 5 juin 08 (SurviT-Banguka)
Après plusieurs mois de grogne, de grèves et autres mouvements
d’humeurs du personnel non magistrat, le ministre burundais de la Justice
a décidé de sévir pour le faire rentrer dans les rangs.
Près de cinquante agents de ce ministère viennent en effet
d’être mutés de Bujumbura vers les différents autres
tribunaux de résidence les plus reculés du pays. Les trois-quarts
des de ces agents sont des mères de familles qui ont derrière
plus de trente ans de vie professionnelle dans ce ministère (et à Bujumbura).
Elles sont aujourd’hui attendues à Cankuzo, Karuzi, Ruyigi,
etc. A y regarder de plus près, leurs péchés capitaux
seraient en l’occurrence le fait d’être tutsie et de faire
partie du syndicat des travailleurs non magistrats. Aux yeux du ministre
de la Justice, ces femmes tutsies constitueraient le véritable point
d’orgue de ces revendications incessantes pour mettre en difficulté le
pouvoir en place à l’instar des autres tutsis qui mobilisent
les syndicats des entreprises publiques ou privées pour renforcer
le front social et montrer au monde que rien ne va plus dans les pays des
FDD. Mais cette décision est largement décriée par toutes
les confédérations des syndicats du Burundi. Elles demandent
au ministre de revenir sur sa décision, sans quoi un vaste mouvement
de grève générale sera prochainement déclanché dans
tout le pays.
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