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Bujumbura – Burundi.
Burundi – Politique.
«
Sans programme politique général, le pouvoir en place est mal
parti », déclare le président du Frodebu.
Bujumbura, le 5 décembre 2005 (Net Press). Trois mois après
la mise en place des institutions actuelles et au lendemain de la crise qui
a secoué le Frodebu, le parti fondé par Melchior Ndadaye vient
d’animer une conférence de presse pour s’exprimer sur
la conjoncture politique de l’heure. Le conférencier, Léonce
Ngendakumana, président de ce parti, a d’abord rappelé l’historique
du Frodebu en tâchant d’en faire l’apologie pour avoir
le 1er jeté les bases, selon lui, de la démocratie et de l’Etat
de droit au Burundi.
Concernant la situation politique du moment, le président du Frodebu
fait un constat amer. Il en veut pour preuve la violation de la constitution
dans certaines de ses dispositions. La nomination des 3 ministres seulement
issus du Frodebu au lieu de 5, la présidence du conseil communal par
le chef de l’Etat, ce qui est en dehors de la loi en sont des illustrations.
De plus, fait remarquer l’honorable Ngendakumana, les décisions
du gouvernement sont prises par l’oral à l’instar des
actes réglementaires et au demeurant, le pays est placé sous
une forme voilée dans un Etat d’exception où la loi et
le règlement cèdent la place à la dictature et à la
force.
D’ailleurs, poursuit le conférencier, excepté les confessions
religieuses, le gouvernement n’a pas encore compris la nécessité de
collaborer avec les autres partenaires politiques. Par ailleurs, les affrontements
entre le pouvoir et le Palipehutu-Fnl se poursuivent et prennent des allures
inquiétantes qui risquent de replonger le Burundi dans un profond
désespoir. Corollairement à cette intensification de la guerre,
regrette-t-il, des arrestations abusives et arbitraires, des traitements
inhumains et dégradants dans les prisons inconnues, des exécutions
extrajudiciaires commises par les forces de défense et de sécurité atteignent
un degré très inquiétant. Et de déplorer encore
que partout dans le pays, des assassinats sont exécutés par
les porteurs illégaux d’armes, sans oublier de fustiger le pouvoir
en place qui d’après lui, considère les partis politiques
exclus de la gestion du pouvoir comme de véritables ennemis à abattre à l’instar
du Palipehutu-Fnl.
Somme toute, selon Ngendakumana, cette liste non exhaustive de défaillances
du pouvoir actuel risque de faire émerger des régimes dictatoriaux.
Le président du Frodebu estime que les Burundais ne voient pas où ils
vont. Pour lui donc, le gouvernement est mal parti en ceci qu’il n’a
pas encore présenté son programme politique général
ni aux institutions du pays, ni à l’assemblée nationale.
Face à tous ces constats, le Frodebu recommande au gouvernement de
rassurer la population burundaise et tous les partenaires du processus de
paix au Burundi en renonçant au recours à la force comme seule
solution aux problèmes du pays, de respecter la constitution et de
reprendre le dialogue avec le Palipehutu-Fnl. Le même parti tranquillise à ce
sujet le gouvernement qu’il n’a jamais et qu’il ne compte
nouer des alliances avec les mouvements politiques armés.
Burundi – Politique.
Le sang d’une victime européenne du Palipehutu-Fnl serait-il
plus rouge que celui d’une victime burundaise du mouvement.
Bujumbura, le 5 décembre 2005 (Net Press). C’est ce qu’on
est tenté de croire, à entendre ce matin les propos tenus par
le porte-parole du gouvernement, M. Karenga Ramadhani sur les antennes de
la Radio Publique Africaine. Les déclarations de Ramadhani étaient
en rapport avec le massacre, le 28 décembre 2000, d’une vingtaine
de passagers qui étaient à bord d’un bus dénommé « Titanic » en
provenance du Rwanda.
Le porte-parole du gouvernement a promis qu’Agathon Rwasa allait être
capturé et traduit devant la justice, parce que parmi les victimes
figurait une citoyenne de Sa Majesté la Reine d’Angleterre du
nom de Charlotte Wilson. Celle-ci avait été froidement lynchée,
parce qu’elle avait eu le tort de se trouver en compagnie d’un
copain à elle « un petit Tutsi » selon la terminologie
des criminels du Palipehutu-Fnl qui hurlaient leur rage et leur haine au
moment où ils étaient en train de les massacrer.
Pour les autres victimes emportées par les mêmes massacres,
aucune procédure judiciaire n’est prévue pour réhabiliter
leur mémoire, comme si le sang qu’ils ont versé n’avait
pas la même couleur rouge que celui versé par Charlotte Wilson.
Cette sélection des victimes qui n’auraient pas dû mourir
n’est pas nouvelle et elle est typiquement burundaise.
En effet, on se souvient que les représentants de l’OMS et de
l’Unicef ont été massacrés dans des circonstances,
certes différentes, mais qui ont suscité l’indignation
et la désapprobation générale qui se sont étendues
bien au-delà des frontières nationales. L’assassinat
de Luis Zuniga avait entraîné de lourdes sanctions administratives à l’endroit
de certains responsables désignés d’avance et le meurtre
de Kassy Manlan avait mis dans le collimateur de la justice un gros poisson
en la personne de l’ancien président Pierre Buyoya. Ce qui au
passage n’empêche pas la communauté internationale de
continuer à faire confiance à l’homme à qui nous
devons l’avènement de la démocratie précipitée
en 1993.
Bref, la seule leçon que l’on peut tirer des déclarations
du porte-parole du gouvernement est que la justice post-26 août 2005
a toutes les chances de ressembler à celle des régimes de Buyoya
et de Ndayizeye. Comme s’en inquiétait dans nos colonnes un
de nos compatriotes résidant au Canada il y a une quinzaine de jours,
depuis l’investiture de Nkurunziza il y a exactement 101 jours, la
justice risque d’être une des épines dans les souliers
de l’actuel chef de l’Etat, au cas où il souhaiterait
se représenter en 2010 pour un second mandat.
A moins que, aux yeux de Karenga Ramadhani, comme à ceux de Nicolas
Sarkozy, il existe au Burundi et en France une population assimilable à de
la racaille, dont la misère et la souffrance sont à ranger
dans la rubrique des faits divers.
Burundi – Economie.
Tenue de l’assemblée générale extraordinaire du
Receca.
Bujumbura, le 5 décembre 2005 (Net Press). C’est hier 4 décembre
2005 que s’es tenue dans les locaux du centre islamique de Bujumbura,
une assemblée générale extraordinaire du réseau
communautaire d’épargne et de crédit pour l’auto
développement (Receca). Ce réseau a vu le jour il y a deux
ans et a été enregistré au notariat en 2003. Un des
objectifs de ce réseau communautaire est d’accorder des crédits à court,
moyen et long terme à ses actionnaires qui étaient jusqu’hier
au nombre de 260 avec des soumissions s’élevant déjà à 71
millions de francs burundais.
Au cours de son assemblée générale extraordinaire de
ce 4 décembre 2005 destinée au démarrage des travaux,
il a été décidé la mise en place rapide du personnel
ainsi que la désignation du gérant, le tout devant se terminer
au plus tard en avril 2006. Selon M. Tharcisse Karonkano, un économiste
de formation qui expédie les affaires courantes, chaque action est évaluée à 10.000
francs burundais et aucun souscripteur ne peut acheter plus de 1.000 actions,
soit l’équivalent de 10 millions de francs burundais.
L’idée de créer le Receca remonte à l’année
2003, lorsqu’un groupe restreint de personnes qui en ont pris l’initiative
ont mis en place une commission technique d’études de faisabilité et
d’élaboration des statuts. Signalons enfin que le Receca est
actuellement présidé par le Dr. Pierre-Claver Hajayandi et
que parmi les 260 souscripteurs déjà enregistrés, figurent
des noms qui ne sont plus à présenter. Il s’agit d’un
certain Martin Nduwimana et de Bonaventure Kidwingira. Le premier n’est
autre que l’actuel 1er vice-président de la République
et le second fut gouverneur de la Brb et est actuellement administrateur-directeur
général de la Cogebank de Kigali.
Burundi – Justice.
La collaboration entre « bashingantahe » et les élus locaux
quasiment impossible dans les juridictions de base.
Bujumbura, le 5 décembre 2005 (Net Press). Avec le système
nouveau des élections collinaires, les nouveaux élus locaux
et les « Banshingantahe » traditionnellement investis collaborent
très difficilement. En effet, les élus locaux qui ont bénéficié d’un
mandat du peuple ne tolèrent pas qu’ils soient subordonnés
aux Bashingantahe alors que ces derniers ont été investis en
raison de leur notabilité, leur sagesse et surtout leur probité et
intégrité.
Or, dans la plupart des cas, ceux qui se sont faits élire l’ont été suite à leur
appartenance aux partis politiques. Les élections collinaires ayant
eu lieu au lendemain de la victoire écrasante du Cndd-Fdd, beaucoup
d’élus locaux proviennent de ce parti et sont pour la plupart
de jeunes hommes ou jeunes femmes et rares parmi eux sont des « Bashingantahe » traditionnellement
investis, surtout que ce parti ne reconnaît pas cette institution.
C’est pourquoi ils affichent souvent un complexe de méfiance
et manifestent pour ce faire une certaine arrogance aux « Bashingantahe ».
L’incident qui vient de se produire à Makamba dans la commune
de Nyanza-lac n’est qu’un iceberg visible d’une situation
problématique.
Selon des informations en provenance de cette province en effet, une rixe
a éclaté entre élus locaux et « bashingantahe » en
pleine séance de juridiction. Selon ces informations, la pomme de
discorde de cet incident fâcheux et ridicule a été le
bâton communément appelé « Intahe » utilisé dans
les juridictions traditionnelles sur le terroir. Au moment où ils étaient
en train de palabrer, les élus ont demandé à prendre
en main ledit bâton, mais se sont heurtés à une fin de
non-recevoir de ces sages bashingantahe parce que selon eux, ce bâton
n’est accessible qu’aux seuls initiés. Les élus
locaux se sont rués donc aux « Bashingantahe » et une
bagarre a éclaté entre eux et même les justiciables ont
fini par entrer dans la danse.
Dans une autre commune de cette même province, un incident du genre
a été évité de justesse grâce au savoir-faire
des « bashingantahe ». Ce phénomène est devenu
inquiétant dans la province de Makamba mais l’administration
provinciale a été incapable de trouver une solution adéquate à ce
problème. Qui donc des vrais « bashingantahe » investis
et des élus locaux ont les prérogatives de trancher dans les
différends qui éclatent sur les collines burundaises.
A propos de cet incident de la commune de Nyanza-lac, il est dommage que
les Bashingantahe n’aient pu éviter la bagarre à l’instar
de la commune voisine car, normalement, un vrai Mushingantahe doit dominer
ses passions et émotions et éviter autant que faire se peut
toute confrontation.
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