Actualité du 6 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le président burundais décidé de retoucher
la Constitution.
Bujumbura le 6 juin 08 (SurviT-Banguka)
Lors de sa récente visite au Gabon, le président burundais, Pierre
Nkurunziza, a surpris tout le monde en confiant la presse gabonaise que la
constitution du Burundi ne lui laisse pas les coudées franches pour
pouvoir décider comme il l’entend en tant que chef de l’Etat.
A la même occasion, il a explicitement évoqué le prescrit
de la constitution, aux chapitres des équilibres ethniques à l’armée
et des autres quotas dans les institutions.
Mais aussi inquiétante qu’elle
puisse paraître, cette idée ne semble pas avoir particulièrement
retenu l’attention au Burundi. Même au niveau des partis politiques
qui se disent défendre les intérêts de la communauté,
personne n’a sourcillé. Mais le président burundais sait
pertinemment qu’il a menti aux médias gabonais, puisque les institutions
qu’il devrait faire carburer sont dans l’impossibilité de
marcher pour des raisons sui generis, plutôt consubstantielles à son
manque de vision politique. Mais qu’importe ! Il se savait à mille
lieues des millions de Burundais, hutus et tutsis, témoins de son aveuglément.
Ah oui ! Pierre Nkurunziza leur a livré ses intimes convictions, en
tant qu’un chef de guerre, qui a souscrit à corps défendant
aux acquis de l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation
des Burundais, signé en août 2000.
C’est donc le côté rebelle
du président qui a pris le dessus, par rapport à celui de chef
de l’état. Et comme disent les psychologues, l’homme ancien
continue à l’habiter vraiment. C’est ainsi qu’à la
faveur de ses multiples pérégrinations, Pierre Nkurunziza essaie
de faire passer cette idée de revisiter ou d’amender la constitution,
afin d’élaguer certains articles contraignants comme ceux qu’il
a eu le plaisir d’évoquer au Gabon. Selon des sources proches
de la présidence de la république, il se prépare à convoquer
un référendum populaire pour amender cette loi fondamentale.
Burundi-parti présidentiel.
Assemblée nationale : coup de balai de Jérémie
Ngendakumana.
Bujumbura le 6 juin 08 (SurviT-Banguka)
D’aucuns pensaient que le président de l’assemblée
nationale allait finalement mettre un terme à la paralysie observée à l’assemblée
nationale depuis plusieurs mois, en raison notamment des négociations
en cours, entre partenaires politiques. Mais c’était sans compter
avec l’agenda du parti présidentiel qui a horreur de l’ordre
et de la sérénité. Cela n’est plus qu’un
secret de polichinelle. Et pour prouver que le déblocage de la situation
n’est pas pour demain, le président du CNDD-FDD a écrit
au président de l’assemblée nationale (honorable Pie
Ntavyohanyuma) pour lui demander de rayer de la liste des députés
de l’assemblée, une vingtaine de députés CNDD-FDD
qui ont été rayés de ce parti, mais qui continuent à lui
mettre les bâtons dans les roues. Le président de l’assemblée
nationale vient de s’exécuter sans délais, en demandant, à son
tour, au président de la Cour constitutionnelle, de valider leur exclusion.
Ainsi, parmi ceux qui devraient perdre leur qualité de députés
figurent Alice Nzomukunda, Mathias Basabose, Hussein Rajabu, Pasteur Mpawenayo,
Jean Marie Ngendahayo et bien d’autres noms moins connus du public.
En attendant la réaction de la cour constitutionnelle, les candidats à l’exclusion
se disent outrés par une telle démarche, mais ils la lient à l’attitude
courante pour le CNDD-FDD, consistant à tout brouiller pour faire
capoter toute initiative de sortie de crise.
« C’est absurde
car si un député reçoit un mandat du peuple, c’est
le même peuple qui a la latitude de le lui retirer et il ne peut donc
pas être déchu de sa qualité de député en
raison de simples caprices d’un président d’un parti,
fût-il présidentiel », explique l’honorable Jean
Marie Ngendahayo. Reste Pie Ntavyohanyuma devrait relire attentivement la
loi fondamentale. L’article 156 de la constitution est, en effet, explicite
sur les cas où le mandat du député ou celui du sénateur
peut prendre fin : « le mandat du député et celui du
sénateur prend fin par le décès, la démission,
l’incapacité permanente et l’absence injustifiée à plus
d’un quart des séances d’une session ou lorsque le député ou
le sénateur tombe dans l’un des cas de déchéance
prévus par une loi organique ». Et au niveau de l’article
15, Règlement d’Ordre Intérieur de l’Assemblée
Nationale en dit aussi quelque chose : Le mandat d’un député prend
fin, en cas de vacance constatée par suite de décès,
de démission, d’inaptitude physique, d’incapacité permanente,
d’absence injustifiée à plus d’un quart de séances
d’une session ou d’une déchéance consécutive à une
servitude pénale principale de plus de douze mois. Toutefois, aucune
déchéance ne peut être prononcée lorsqu’il
s’agit d’une condamnation pour des infractions non intentionnelle ».
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