Actualité du 7 avril 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-démobilisation
La Police se débarrasse des rares tutsis qui y restaient
encore.
Bujumbura le 7 avril 08 (SurviT-Banguka)
Bien qu’on la dise peuplée de hutus à plus de 80%, la
Police Nationale du Burundi (PNB) s’empresse à démobiliser
d’abord le peu de tutsis qui y restaient encore. Une liste de plus
de 300 policiers candidats à l’imminente démobilisation
a en effet été affichée le 4 mars dernier. Et à l’instar
de ce qui se passe à l’armée, les candidats au départ
sont exclusivement des tutsis. Les infortunés seraient démocratiquement
frappés par des critères bien objectifs, comme a eu le culot
de l’expliquer le général Fabien Ndayishimiye (tutsi),
directeur général de la PNB.
« Notre objectif est de
ne garder qu’un effectif de 15000 policiers et pour y arriver, nous
allons d’abord démobiliser tous ceux qui le demandent, si personne
ne le souhaite, nous sortons ceux qui approchent l’âge de la
retraite et ceux qui comptent le plus grand nombre de sanctions »,
explique-t-il. Pour se plier aux injonctions de la Banque Mondiale, le gouvernement
burundais est précis sur le nombre de policiers qu’il doit garder.
Mais il lui est impossible de connaître avec précision leur
effectif initial.
Car au lendemain de son raz-de-marée électoral,
le CNDD-FDD a pris la Police Nationale du Burundi pour un déversoir
de son trop-plein de combattants, y compris les analphabètes. C’est
ainsi que ce Corps de Sécurité est aujourd’hui comptable
de plusieurs maux qui minent le pays : Viols, vols à main armée,
assassinats sélectifs etc. Mais au lieu de démobiliser prioritairement
les auteurs de ces horreurs qui sont notoirement connus comme étant
des ex-FDD ou autres anciens combattants des autres rébellions, voilà qu’on
s’acharne sur les pauvres tutsis. Parce ce qu’ils auraient cumulé des
sanctions, s’ils n’approchent pas la retraite. «C’est
absurde car la logique serait qu’on recrute plutôt d’autres
tutsis tout en chassant des milliers de hutus pour atteindre les effectifs
requis tout en respectant la parité prônée par la Constitution
et les Accords d’Arusha », explique, un officier de la Police
sous le sceau de l’anonymat.
Les démobilisés boudent la formation.
Bujumbura le 7 avril 08 (SurviT-Banguka)
Les centaines de militaires démobilisés, malgré eux,
se sont rebellés contre les directives de l’autorité militaire
qui leur intimait l’ordre de se laisser farcir des notions élémentaires
de droit de l’homme et de lutte contre le sida, avant de les lâcher
dans la société pour intégration.
Ces militaires se
disent assez matures et pondérés pour se débrouiller
seuls au village, pourvu qu’ils bénéficient, comme prévu,
des 9 mois de salaire et de la totalité de leur pécule de démobilisation,
ainsi que leurs diverses autres cotisations. «Ils oublient que ne sommes
pas des anciens assaillants, mais des militaires dignes et responsables,
nous n’avons pas besoin de perdre du temps dans ce centre de démobilisation,
qu’ils nous donnent la totalité de ce qu’ils nous doivent
et nous nous retirerons», fulmine l’un d’entre eux.
Incapable
de leur expliquer les raisons de cette démobilisation aveugle des
seuls militaires tutsis, le ministre de la Défense et des Anciens
Combattants, Germain Niyoyankana a bien pris la mesure de la trahison et
a décidé de leur donner leur solde cumulée de 9 mois.
Après quoi ils ont regagné leurs villages respectifs, le 5
avril dernier. Mais avant leur départ, bon nombre d’entre eux
ne cachaient pas leur intention d’affecter une partie de cette solde à l’achat
d’autres kalachnikovs pour laver l’affront que les tutsis venaient
d’essuyer.
Burundi-politique.
Le CNDD-FDD face à son électorat.
Bujumbura le 7 avril 08 (SurviT-Banguka)
C’est de bonne guerre. Au moment où le Burundi s’achemine
inexorablement vers le prochain rendez-vous électoral de 2010, le
parti CNDD-FDD qui les a gagnées il y a cinq ans met le turbo pour
rééditer l’exploit. Mais conscient de ses multiples dérapages
et de son fiasco global sur le terrain politico socioéconomique et
sécuritaire, il préfère tyranniser ses partenaires pour
rester le seul maître des cérémonies. Ses nombreux miliciens,
qui sont aussi des démobilisés de ce même mouvement rebelle,
sont massivement réarmés pour jouer les terroristes, le moment
venu, jusqu’au niveau de la colline, afin de faire taire toute voix
discordante ou plus exactement tous les militants des autres partis. Mais
le CNDD-FDD est aussi conscient qu’il lui sera difficile de gagner
sans l’appui massif de la population hutu qu’il a pourtant deçue,
c’est ainsi qu’il a interdit aux partis concurrents hutus, en
l’occurrence le FRODEBU, toute réunion ou meeting à l’intérieur
du pays.
«Des réunions ont été annulées
le 5 mars dans les provinces de Gitega et Kayanza. C’est dommage que
le parti qui devrait faire respecter la loi soit le premier qui la viole
pour tenter de s’accrocher au pouvoir, mais le peuple n’est pas
idiot, je crois qu’on n’aura pas besoin de meetings ou réunions
pour le décrédibiliser», explique Frédéric
Bamvuginyumvira, vice-président du FRODEBU.
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