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Actualité du 7 mai 08 (SurviT-Banguka)

Burundi-sécurité

Présence de combattants d’origine rwandaise à Muyinga.

Bujumbura le 7 mai 08 (SurviT-Banguka)

Selon des sources concordantes, plusieurs dizaines de combattants parlant Kinyarwanda infestent déjà plusieurs communes de la province Muyinga (nord est du pays) où ils tuent, violent et volent tout sur leur passage. Ils seraient entrés dans le pays à partir de la Tanzanie pour renforcer les rangs des combattants FNL qui essaiment depuis quelques mois, toute la région, jusque dans les provinces de Kirundo et Ruyigi.

Victime à plusieurs reprises de leurs actes de barbarie, la population demande secours à la police et à l’armée pour traquer ces éléments qui ne sont autres que les forces résiduelles du cocktail de génocidaires qui pullulent dans la région des grands lacs (FDLR, interahamwe, Mayi-Mayi, etc.).

La présence d’autres rebelles rwandais a été signalée dans la province de Bujumbura rural, lors des récentes attaques à la bombe aveuglément lancées par les combattants FNL sur la ville de Bujumbura et ses environs. « Comme l’indique la nature des armes utilisées pour mitrailler la ville, il est clair que le FNL se fait appuyer par des miliciens rwandais dits « interahamwe » pour attaquer le Burundi », a expliqué Mme Hafsa Mosi, ministre burundaise de l’Information et porte-parole du gouvernement, au lendemain du bombardement de la maison abritant la nonciature apostolique à Bujumbura. Parallèlement, le FNL fait le plein pour faire face aux militaires de l’armée gouvernementale, en dépit de l’ultimatum qui vient de lui être conjointement lancé par l’Initiative régionale pour le processus de paix au Burundi, à travers les présidents tanzanien et ougandais.

En province de Ngozi, des dizaines de jeunes ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à intégrer cette rébellion. Ironie du sort : les sources policières indiquent que tous ces jeunes proviennent de la commune Mwumba, la même entité administrative qui a vu naître le président Pierre Nkurunziza.

Burundi-exclusion.

Sosumo : résiliation du contrat des syndicalistes tutsis.
Bujumbura le 7 mai 08 (SurviT-Banguka)

C’était trop prévisible : en décidant de claquer la porte au nez du personnel qui venait d’organiser une marche manifestation pour protester contre le projet du gouvernement de privatiser cette société d’ici juin 2010, le dicteur général de cette unique société sucrière du pays avait une mission : celle de provoquer les cadres tutsis pour les virer ensuite, sans indemnités ni préavis.

Il doit pousser aujourd’hui un ouf de soulagement, avec le sentiment du devoir accompli, car les quatre leaders syndicaux de cette entreprise qui restaient pointilleux sur les grands dossiers de malversations au sein de la société, viennent d’être licenciés sans préavis. Et tous les autres agents de cette usine devraient être jetés dehors sans délais, car l’usine serait déjà vendue.

C’est précisément cela qui inquiétait le syndicat du personnel de la SOSUMO qui affirme être au parfum de l’avancement du dossier de vente de l’entreprise. Le projet aurait été conçu à son insu et une équipe du gouvernement «sillonnerait déjà le monde à la recherche d’acheteurs potentiels». Mais Alexis Ntaconzoba, directeur général de la Sosumo, persiste et signe : ces travailleurs n’ont qu’à aller saisir le tribunal du travail ou la cour administrative.

« Nous avons pris cette décision de les chasser car ils avaient commis deux fautes lourdes et avant d’en arriver là, nous avions consulté d’autres instances », explique-t-il. La Confédération des Syndicats du Burundi (Cosybu) déplore énergiquement cette mesure qui contraste avec les mesures récemment annoncées par le président de la république, qui prône plutôt le dialogue social. «Je pense que la consigne est de privilégier le dialogue au lieu de recourir aux sanctions, c’est ainsi que la COSYBU va tout faire pour que cette décision injuste et précipitée soit annulée », explique Tharcisse Gahungu président de la COSYBU. Reste que ce renvoi de syndicalistes arrive au moment où le stock de sucre disponible à l’usine est jugé insuffisant pour atteindre la prochaine campagne attendue en décembre prochain. Sur instigation du parti présidentiel, tout le stock vient d’être frauduleusement exporté, pour financer la campagne électorale

Burundi-justice

Le ministère de la Justice au ralenti.

Bujumbura le 7 mai 08 (SurviT-Banguka)

La grisaille est totale au ministère burundais de la Justice. Les magistrats promettent de tout plaquer si l’exécutif ne cesse pas de peser sur le judiciaire, jusqu’à orienter les jugements rendus. Ils réclament l’organisation des Etats Généraux sur la magistrature pour plancher sur toutes les questions qui entravent le bon fonctionnement du système judiciaire.

De son côté, le personnel non magistrat compte aussi reprendre son mouvement de grève à partir du 12 mai. Pour exprimer son agacement face au piétinement de son dossier lié à l’application des nouveaux statuts qui les régissent. Selon Mélance Nahayo, président du syndicat du personnel non magistrat, le gouvernement doit accepter d’appliquer les statuts qui régissent le personnel non magistrat, sans quoi il arrêtera le travail. « Le personnel en a raz le bol, car cela fait plusieurs mois que rien ne bouge, en dépit des promesses du ministre de la Justice », explique-t-il.

Jean Bosco Ndikumana, ministre burundais de la Justice, a déclaré que le dossier du personnel non magistrat est connu de tous, mais qu’ils doivent prendre leur mal en patience en attendant que leurs revendications trouvent réponse. L’Etat n'a pas refusé de donner suite à leurs revendications, seulement, dit-il, il faudra attendre la révision budgétaire prochaine car, aujourd'hui, le gouvernement n'a pas où trouver l'argent qu'il faut donner à ce personnel qui menace de reprendre la grève.



 


 

 

 

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