Actualité du 7 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-démobilisés
Du rififi entre les démobilisés que nourrit, malgré lui,
le contribuable burundais.
Bujumbura le 7 mai (SurviT-Banguka) Incroyable mais vrai ! En province de Kayanza, plusieurs dizaines de démobilisés
dressés depuis plusieurs mois par le parti présidentiel,
CNDD-FDD, sont au bord d’une farouche confrontation en raison de
l’incapacité de
se partager équitablement la manne que leur distribue gracieusement
ce parti qu’ils sont appelés à défendre becs
et ongles avant et pendant le fatidique moment des élections.
La réunion
qu’ils avaient organisée le 6 mai dernier s’est terminée
dans la brouille et la confusion et les organisateurs ont dû changer
de salle et se prêter provisoirement un bistrot fermé pour
la circonstance. Au cœur de cette discorde inattendue se trouve
une aide financière, accordée par la fondation « Ubuntu » à une
association qui brassent aussi bien les anciens FAB que les combattants
des autres partis et mouvements politiques armés.
Officiellement,
l’appui
financier s’évalue à 15 millions de francs burundais.
Mais les bénéficiaires affirment que leur association « Dushigikire
Ubuntu » est submergée par des milliers d’autres personnes
inconnus de la région et se prévalant avec une arrogance
rebelle, d’être simplement des militants du CNDD-FDD, le
parti-bailleur de fonds. « Ce ne sont pas des démobilisés,
pourquoi veulent-ils tout contrôler et tout refuser à ceux
qui, même parmi le
démobilisés ne se réclament pas de ce parti »,
s’indignent-ils
en chœur. La guerre entre démobilisés ne devrait pas
tarder à faire
surface au Burundi. Certains observateurs estiment que ce sont eux qui
donneront peut-être le ton à la prochaine vague de massacre
car personne, sauf le CNDD-FDD et la police présidentielle, ne
sait exactement pourquoi ils bénéficient d’une telle
attention et d’un tel
encadrement. D’autres affirment que les fonds qu’ils se disputent
aujourd’hui proviennent en réalité du budget de l’Etat
dans la rubrique controversée « appui aux bonnes initiatives ».
C’est une ligne budgétaire gérée en toute
discrétion
par le président de la république. Comme par hasard, cette
association qui, par ses dons en espèces sonnantes et trébuchantes,
perturbe les démobilisés et polarise l’attention
des médias
est dignement présidée par la première dame du pays,
en l’occurrence Mme Denise Nkurunziza. C’est tout dire. Burundi-somalie
Un autre soldat burundais péri en Somalie Bujumbura le 7 mai (SurviT-Banguka)
Le Burundi est encore en deuil. Un de ses soldats qui participait aux
forces de maintien de la paix en Somalie a été assassiné le
5 mai. Comme toujours dans pareilles circonstances, l’Union
Africaine a sorti un communiqué de presse pour condamner
le lâche assassinat. "Le
président de la Commission de l'UA Jean Ping condamne fermement
l'assassinat, le 5 mai 2009 à Mogadiscio, d'un soldat du
contingent burundais de l'Amisom.. Cet acte lâche, perpétré par
des éléments armés
cherchant à saper le processus de paix et de réconciliation,
ne dissuadera en rien l'UA de poursuivre ses efforts et son appui
aux parties et
au peuple somaliens dans leur quête d'une paix et d'une réconciliation
durables" indique le texte sans préciser les circonstances
de ce meurtre.
L’Amisom est la seule force internationale
présente en
Somalie depuis le retrait total, en janvier, de l'armée éthiopienne
qui soutenait les forces du gouvernement de transition. Elle est
faite de 4.300 soldats burundais et ougandais et essuie régulièrement
des attaques de la part des insurgés islamistes qui la considèrent
comme "une
force d'occupation". Le Burundi y a déjà perdu
17 de ses soldats mais depuis quelques temps, le gouvernement ne
fait plus de réaction officielle
vis-à-vis de ce carnage dont ses fils constituent une cible
désignée.
L’opposition politique considère cette présence
militaire en Somalie comme le fruit d’un projet mafieux,
concocté par le président
burundais et les leaders de l’armée, au dos du parlement.
Pour rappel, fin avril, l'un des plus hauts responsables islamistes
somaliens, cheikh Hassan
Dahir Aweys, rentré depuis peu en Somalie après deux
ans d'exil en Erythrée, avait fermement exigé le
départ de l'Amisom,
préalable selon lui à toute discussion avec l'actuel
gouvernement somalien. J'appelle les forces étrangères à quitter
notre pays (...). Elles n'ont rien à faire ici et nous les
voyons comme une bactérie qui fait dérailler tout
processus de paix que la Somalie pourrait engager", avait-il
déclaré. Echaudés par les
interventions militaires américaine et de l'ONU dans les
années
90 qui s'étaient soldées par des déroutes
notoires et pitoyables, les Occidentaux se gardent pour l'instant
d'envisager une nouvelle opération
terrestre pour ramener la paix, en dépit des appels pressants
de l'UA à prendre
le relais. La Somalie est en guerre civile depuis la chute du président
Mohamed Siad Barre en 1991.
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