Actualité du 8 janvier 08 (SurviT-Banguka)
1. Burundi-politique.
Question FNL : Jérémie Ngendakumana déculotte sa pensée.
Bujumbura le 8 janvier 08 (SurviT-Banguka)
C’est entendu. La session extraordinaire de l’assemblée
nationale n’a pas eu lieu. Le président burundais Pierre Nkurunziza
qui l’avait convoquée n’a pipé mot. Mais le débat
sur l’opportunité de mettre sur pied une commission parlementaire
chargée de suivre de près la question du mouvement rebelle
FNL qui tue et rançonne encore la population est loin d’être
clôturée. Léonard Nyangoma a sorti un communiqué de
presse ce 7 janvier pour attirer l’attention de l’électorat
sur la politique mortifère du CNDD-FDD. Le parti UPRONA lui emboîte
le pas pour exiger que la sécurité du pays soit la priorité du
gouvernement.
Pour couper court à ce concert de protestations, l’honorable
Jérémie Ngendakumana, président du CNDD-FDD, éclaircit
la position de son parti politique par rapport à cette question liée
précisément au mouvement FNL. «Je dois dire qu’au
niveau du CNDD-FDD, nous ne trouvons pas opportun de mettre sur pied cette
commission parlementaire chargée de s’occuper de cette question,
nous nous opposerons à sa mise sur pied, à moins que les autres
députés arrivent à nous convaincre de son opportunité,
mais nous débattrons de tout cela au moins de février»,
a-t-il déclaré ce lundi 7 janvier 2008.
Cette déclaration
a levé toute équivoque sur l’intention du CNDD-FDD par
rapport à la lutte pour la paix. «Prioriser des sujets mineurs
comme la protection des oiseaux dans un pays où des vies humaines
périssent massivement chaque jour, c’est se moquer de la population
; mais je me dis que cette même population n’est pas dupe, elle
saura, demain, comment se débarrasser de ces dirigeants qui ne se
soucient pas de sa sécurité», s’indigne un citoyen
de la commune urbaine de Kamenge (hutu land).
2. Burundi-sécurité.
Action Contre la Faim : La Police burundaise est sur les traces
de l’assassin
d’Agnès Dury.
Bujumbura le 8 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Alors que des milliers de Burundais sont décimés chaque jour
sans que la main criminelle soit identifiée pour être à son
tour châtiée, la Police remue monts et vallées pour mettre
la main sur l’assassin d’Agnès Dury, une jeune française
de 31 ans, tuée le 31 janvier au chef au quartier Sanzu du chef-lieu
de la province Ruyigi. Au lendemain de cet ignoble crime, le président
français Nicolas Sarkozy a personnellement demandé au gouvernement
burundais de tout faire pour trouver le coupable et le mettre à la
disposition de la Justice. Au même moment, l’avocat de cette
organisation internationale a porté plainte devant la Justice française.
Le lendemain, le gouvernement promettait solennellement, par le biais de
Jérôme Ndiho, chef de cabinet au ministère de la Communication,
de ne rien ménager pour débusquer rapidement l’assassin
d’Agnès Dury. La Police était donc mise devant l’obligation
du résultat. C’est ainsi qu’elle a quadrillé le
quartier dans lequel le meurtre a eu lieu pour y soustraire d’éventuelles
armes illégalement détenues par les civiles.
Comme on s’en
doutait, des engins de morts ont été saisis : une vingtaine
de fusils des dizaines de grenades, des lance-grenades, des tenues et bottines
militaires et des milliers de cartouches. Ceux qui les détenaient
ont été interpellés pour être interrogés
par la Police. Parmi les suspects figure Mme Clavera Ntakarutimana, chez
qui la police a découvert un fusil kalachnikov récemment utilisé.
Selon les enquêteurs, il est vraisemblable que la française
Agnès Dury a été fauchée à l’aide
de cette arme. Gaspard Nkeshimana, le policier qui avait vendu ce fusil à Mme
Clavera a aussi été arrêté, en même temps
que le couple qui venait de quitter le véhicule à bord duquel
roulait la disparue, peu avant le drame. Maître Pierre Claver Karabinjiye,
avocat de Mme Clavera, estime cependant que son client est injustement emprisonné.
«Son
seul délit évident est le port d’arme sans permis, mais
cela ne conduit pas en prison ; en outre, nous pensons qu’il n’y
a aucun spécialiste qui peut prouver que son fusil, même s’il
avait récemment servi, soit indiscutablement celui avec lequel on
a tué Mme Agnès Dury, les enquêteurs devront apporter
plus de preuves. Et puis, nous ne comprenons pas pourquoi cette enquête
a été confiée au Parquet Général près
la Cour d’appel à Gitega, alors que le crime a été commis à Ruyigi »,
observe Maître Karabinjiye.
3 La Commune Mugongo-Manga reste dans l’œil du cyclone.
Bujumbura le 8 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Diomède Ndamanisha, administrateur de la commune Mugongo Manga réactive
son alerte : sa commune est toujours le théâtre des actes barbares
des bandits armés, qu’ils soient combattants FNL ou des démobilisés,
volontairement armés par le CNDD-FDD. « La population de ma
commune ne loge plus chez elle car elle craint d’être tuée
par des hommes en armes et tenues militaires qui grouillent dans ce secteur,
provenant des communes voisines de Nyabiraba et Isale, nous demandons encore
une fois au gouvernement de voler au secours de ces gens qui ne savent plus
quoi faire pour survivre », déclare-t-il. Conscient de l’ampleur
du danger que courent ces habitants de Bujumbura rural en général,
le ministère de la Défense et des Anciens Combattants vient
de multiplier les positions des militaires dans cette commune, notamment
au niveau des collines Gisagura, Gitaka et Kibira dans la même commune
de Mugongo Manga.
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