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Actualité du 8 juin (SurviT-Banguka)

Burundi-sécurité

L’impopularité de la police burundaise monte en flèche

Bujumbura le 8 juin 09 (SurviT-Banguka)

Au moment où il est demandé aux policiers burundais de passer par monts et vallées pour débusquer l’officier de police Nestor Niyukuri, responsable de la tragique fusillade de Kayogoro, le général de brigade Fabien Ndayishimiye vient de signer sa note de mutation pour voguer vers d’autres rivage du carnage. Il est désormais appelé à travailler dans la commune urbaine de Kanyosha. Rappelons qu’il avait été muté de la province de Muramvya vers celle de Makamba après avoir personnellement signé une autre tragédie dans la commune Rutegama.

Sous d’autres cieux, la place de ce criminel ambulant serait incontestablement la prison. Mais au Burundi ce genre de policiers se meuvent allègrement et ostensiblement dans la population qu’ils tuent à tour de bras sans que le pouvoir s’en inquiète outre mesure. C’est inédit. Et cela révolte particulièrement les défenseurs des droits de l’homme. « Nous avons bien mené nos enquêtes et avons trouvé que ce Nestor Niyukuri est enregistré sous le numéro matricule 0735, c’est un officier recherché déjà par le parquet pour les cas de torture qui lui sont comptables à Rutegama mais voilà qu’il en commet d’autres et que les responsables continuent à le promener dans le pays, demain il tuera certainement d’autres innocents », s’indigne Pierre Claver Mbonimpa, président de l’association pour la promotion des droits de l’homme APRODH.

La police constitue une véritable source d’insécurité dans le pays. Chaque jour des citoyens paisibles tombent gratuitement sous leurs balles. Le 6 juin 09, un policier du nom de Shabani Nimubona quitte sa position pour se rendre en commune urbaine de Buterere, trinque sa bière et refuse de payer. En début de soirée, Mme Suavis qui tentait de lui demander de payer l’addition est criblée de huit balles. Face à cette bavure qui s’ajoute aux centaines d’autres, la population demande au gouvernement de retirer les policiers des quartiers. « Nous allons assurer notre propre sécurité, nous n’avons plus besoin de ces tueurs », disent-ils.

Burundi-politique

Alexis Sinduhije reste dans l’œil du cyclone

Bujumbura le 8 juin 09 (SurviT-Banguka)

A peiné libéré, Alexis Sinduhije, président du mouvement pour la solidarité et la sécurité (MSD) se retrouve au cœur d’un autre monstrueux montage qui pourrait le mener en prison. Le gouvernement vient en effet de lui imputer la responsabilité des mystérieux actes de vandalisme récemment perpétrés au niveau des sociétés d’assurance Bucor, Socabu et Soccar. Un des malfrats saisi en flagrant délit entrain de s’infiltrer dans le bâtiment de la Soccar avait dit qu’il agissait sur commande de certains hommes politiques.

Le général de brigade Fabien Ndayishimiye s’était empressé d’accepter cette hypothèse et voilà que le vrai faux bandit vient de citer Alexis Sinduhije. Le gouvernement l’a déjà signifié aux ambassadeurs accrédités à Bujumbura. Mais Alexis y voit naturellement un montage pur et simple. «Cela ne m’étonne pas mais je dois vous dire que cette fois je n’accepterai jamais d’aller en prison sans que cela soit décidé par un magistrat, c’est pour nous faire peur, mais mon terrain de combat reste le débat politique et non la violence, qu’ils acceptent de débattre avec moi sur la bonne façon de remettre ce pays sur les rails de la paix et du développement, sinon, ils nous tuerons tous et demain ils règneront sur un champ de ruine et de cadavres », lance Alexis Sinduhije.

Burundi- partis politiques

Les deux ailes du parti UPRONA se cherchent encore

Bujumbura le 8 juin 09 (SurviT-Banguka)

Au moment où les inconditionnels militants et autres sympathisants du parti UPRONA caressaient déjà l’espoir de voir les deux ailes rivales réunifiées comme annoncé et prévu depuis belle lurette, des indices de méfiance et de réticence résiduelle se manifestent encore d’un côté comme de l’autre, tant et si bien que le grand rendez-vous des retrouvailles risque de passer perpétuellement de report en report. En lieu et place d’une organisation sereine d’un congrès national qui devrait permettre aux militants de se fixer sur un nouveau leadership, les militants n’ont droit qu’à un spectacle de mauvais goût, des prises de becs par médias interposés, entre les leaders de l’UPRONA gouvernemental et ceux de l’aile dite « dissidente ».

« Nous avons constaté que le groupe de Kumugumya a pris goût au putsch, ils veulent perpétuer cette tradition de coup d’état qu’ils ont instituée depuis 1998, nous ne pouvons pas accepter qu’ils nous imposent un président, nous devons passer par les élections ou tout laisser tomber et a priori nous demandons la présidence de cette organisation », déclarait à la fin de la semaine dernière au cours d’un point de presse, Bonaventure Gasutwa, président de l’ancienne branche dissidente résolue au rapprochement depuis plus de deux ans. En écho à ce quasi ultimatum, Aloys Rubuka, président de l’UPRONA gouvernemental a, à son tour, organisé une conférence de presse, le 5 juin, pour déplorer énergiquement le forcing de « ceux qui reviennent au bercail ».

« Nous leur avons promis la vice-présidence de l’Uprona et au niveau du comité exécutif, nous acceptons la parité 4/4 mais ils veulent toujours le gros morceau, entendez la présidence…à défaut, ils veulent nous imposer un président issu certes de nos rangs, mais qui serait de leur choix, c’est inacceptable, autant vaut faire toujours bande à part », explique Aloys Rubuka.


 



 
 

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