Actualité du 9 février 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Les déplacés de Rango menacés de liquidation.
Bujumbura le 9 février 08 (SurviT-Banguka)
Installés sur le site de Gasenyi en commune de Rango (province Kayanza)
depuis qu’ils ont miraculeusement échappé au génocide
en 1993, plusieurs dizaines de tutsis sont aujourd’hui sommés
de regagner leurs collines ou de disparaître tout court. Cette menace
serait si sérieuse qu’elle est même relayée par
les autorités administratives et militaires/policières, tendance
CNDD-FDD. Mais les déplacés qui se savent toujours dans le
collimateur du même bourreau qu’hier refusent de s’exécuter,
arguant que leur sécurité n’est toujours pas garantie,
une fois rentrés chez eux.
Ils ont donc refusé et depuis quelques
jours, ils ont décidé d’organiser eux-mêmes des
rondes nocturnes pour ne pas se faire surprendre désagréablement.
Officiellement l’administration tente de les rassurer mais sans succès.
Ils affirment en effet que tout remonte à la visite de Mme Immaculée
Nahayo, ministre de la Solidarité nationale et elle-même native
de cette commune de Rango, ces déplacés l’auraient bien
entendu dire qu’ils doivent regagner leurs villages sans autres revendications.
Et c’est précisément cette idée qui alimente aujourd’hui
la psychose dans tout le site des déplacés.
Burundi –sécurité
Les dissidents de Rwasa chiffonnés par sa réhabilitation.
Bujumbura le 9 février 08 (SurviT-Banguka)
Ils sont plus de trois milles miliciens, ayant déclaré leur
dissidence vis-à-vis d’Agathon Rwasa et son mouvement, massés
dans les sites de Randa et Buramata. Aussitôt qu’ils ont appris
que leur ancien chef retrouvait son poids de rebelle avec qui la médiation
devait compter, ils ont eu du mal à cacher leur agacement car ils
se savent plus nombreux et plus armés que les quelques quatre cents
combattants qui luttent encore dans le giron de Rwasa.
Ils se disent aussi
avoir été floués par le médiateur Charles Nqakula
qui leur avait promis une chute dorée au cas où ils se rendraient
avec armes et munitions. Les voilà aujourd’hui déçus
et prêts à déterrer la hache de guerre dont ils ne s’étaient
jamais réellement séparés. Selon des sources concordantes,
ces miliciens seraient entrain de s’armer massivement pour assaillir
tout ce qui bouge sur Bujumbura et ses alentours.
Histoire de faire entendre
leur voix. Pour calmer leurs ardeurs, les délégués de
l’Union Africaine ont reçu les représentants de ces combattants
pour écouter leurs doléances et promettre d’y apporter
des réponses appropriées. «Nous sommes au moins trois
mille cinq cents combattants qui ont décidé de rallier le camp
de la paix avant les autres et au lieux de procéder à notre
démobilisation dans le conditions convenues, vous tendez la main à Agathon
Rwasa qui n’a que 350 hommes, nous estimons que c’est la pire
des injustices et nous n’allons pas nous faire avoir comme ça»,
fait remarquer le responsable des dissidents d’Agathon Rwasa. Mais
pour palier toute éventualité, l’Union Africaine demande à ses
troupes chargées d’assurer la protection des ces miliciens de
renforcer la sécurité autour des sites. Elle leur a aussi promis
de tenir compte de leur situation dans le processus de réintégration.
En attendant, ces combattants massés sur le site de Randa en province
de Bubanza continuent à vivre, comme avant, de vols, viols et autres
assassinats sélectifs dont les tutsis et quelques autres responsables à la
base (CNDD-FDD) constituent invariablement les cibles.
Burundi-politique
Coup de gueule de l’aile Rajabu
Bujumbura le 9 février 08 (SurviT-Banguka)
Le groupe des parlementaires du CNDD-FDD qui se réclament toujours
du camp Hussein Rajabu s’oppose à l’exclusion de Mme Alice
Nzomukunda et par conséquent, son éjection du siège
de la vice-présidence de l’assemblée nationale. Ces députés
affirment que leur parti est pris en otage par une poignée de membres
qui l’ont déjà mis en ruine et qui a occasionné des
conséquences néfastes pour tout le pays.
Dans une déclaration
que ces députés ont publiés le 7 février dernier,
ils réitèrent également leur soutien au député Hussein
RADJABU. Une année après le congrès extraordinaire de
Ngozi, les parlementaires épris du respect de la loi, comme ils se
nomment, épinglent toutes les bavures du gouvernement du CNDD-FDD.
Ils affirment en outre, au cours d’une conférence de presse,
que tous les ennuis du pays sont aujourd’hui à mettre à l’actif
de quelques hommes qui ne cherchent que des intérêts personnels.
François Xavier Nsababandi, porte-parole adjoint de ce groupe, observe
que le regain de violences, les détournements des deniers publics,
la corruption grandissante, la tyrannie, le népotisme, la violation
des droits de l’homme et le mensonge sont devenus le mot d’ordre
de ces généraux, pour ne pas les nommer. L’emprisonnement
du député Hussein RADJABU constitue pour eux une entorse à la
justice et l’exclusion du parti d’Alice NZOMUKUNDA est aussi
une façon de continuer à museler les gens qui ont une autre
vision. Ils attirent aussi l’attention des Burundais sur une massive
distribution d’argent aux parlementaires des autres partis pour qu’ils
acceptent l’éjection d’Alice NZOMUKUNDA du poste du 1er
vice-président de la république.
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