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Actualité du 8 mai 08 (SurviT-Banguka)

Burundi-partis politiques

L’UPRONA recolle les morceaux.

Bujumbura le 8 mai 08 (SurviT-Banguka)

Dix ans après l’implosion du parti UPRONA, sous la houlette du major Pierre Buyoya, ce parti vient de retrouver la raison du mouvement en décidant solennellement de recoller les morceaux afin de regarder dans le même sens durant les prochaines élections. L’initiative est louable et les acteurs clé de cette réunification, en l’occurrence Bonaventure Gasutwa et Aloys Rubuka (et tous les autres femmes et hommes anonymes) sont à encourager.

La marche paraît irréversible et dès juillet prochain ce parti devrait retrouver ses look et carrure d’antan. Mais le parti devra alors batailler ferme pour lutter contre l'idéologie du génocide et de l'exclusion politique et économique des membres de la communauté tutsi. Car la réunification ne saurait être une fin. La lutte s’annonce rude et la menace évidente. C’est ainsi qu’il faudrait doter le parti d’un leadership charismatique qui sait subordonner ses propres intérêts à ceux de la communauté.

Il s’agit donc d’un leadership différent de celui qui a piloté cette organisation, des années durant. Le comité de pilotage du projet de réunification des deux ailes annonce des élections du leadership pour bientôt. D’accord. Mais il faudrait bien identifier une femme ou un homme qui a un passé sans tâche et qui n'a jamais trempé dans des histoires qui ont conduit à la division de l'UPRONA, à la clochardisation des électeurs de l'UPRONA, à l'impunité des crimes de guerre et des actes de génocide, aux malversations économiques, etc. Sa mission première sera d’abord d’initier une synergie d'abord interne entre tous les burundais et/ou partis politiques qui se disent défendre les intérêts communautaires tutsi. Ensuite, il mettra en branle une synergie entre les membres de ces partis et les membres de la diaspora tutsie qui ont toujours prôné cette unification à travers différentes correspondances.

Parallèlement, ce leader mènera un autre combat, lié à la lutte pour la survie politique, économique et physique de tous les burundaises sans distinction aucune d'ethnie, de religion, de clans ni de région. Et la condition sin qu non de cette survie sera notamment l'alternance au sommet de l'état, la cogestion à tous les niveaux du pouvoir, en particulier au niveau de l'administration du territoire, la sauvegarde des équilibres hutu et tutsi au sein des FDN et de la PNB. Il va sans dire que ce leader devra immanquablement négocier la révision de la constitution, du code électoral, de la loi sur les partis politiques et la loi communale afin de prévoir assez de balises contre l'exclusion contre une communauté. Reste que le leadership idéal évitera au parti de tomber dans les erreurs du passé: fausses négociations, signature d'une multitude d'accords truffés parfois de des réserves, la banalisation du rapport d'enquête des Nations Unies qui reconnaît qu'un génocide a bel et bien été commis contre les Tutsi du Burundi. Et le parti a, bien sûr, besoin du sang neuf pour réussir cette mission herculéenne.

Le FRODEBU décroche ses flèches sur le CNDD-FDD.

Bujumbura le 8 mai 08 (SurviT-Banguka)

Le fiasco du parti présidentiel qui contrôle le pouvoir au Burundi est si total que même les acteurs politiques hutus en sont abasourdis. Car si rien n’étonne les Tutsis qui sont massivement humiliés, affamés, tués, violés ou chassés sans façon de leurs postes, eux, au moins, savaient à peu près à quelle sauce ils devraient être mangés, dans un insoutenable climat de génocide et d’exclusion, volontairement conçu et entretenu par la kyrielle d’organisations hutu dont l’ancien mouvement rebelle qui est aux affaires aujourd’hui.

Le rouleau compresseur charrie donc tout sur son passage et c’est tout le pays qui se meurt. Tant et si bien que même une importante partie de la massa hutue, avec ou sans carte de ce parti, passe au volet pertes et profits. Sacrifiée à l’autel de l’égarement d’un petit noyau de ce parti qui n’a d’autre agenda que la généralisation du chao dans tout le pays. C’est cela en l’occurrence qui a poussé l’honorable Léonce Ngendakumana, président du FRODEBU (principal parti d’opposition) à organiser une conférence de presse le 7 mai pour rappeler à la population les multiples manquements du parti qu’ils ont eu le malheur de plébisciter en 2005.

Afin d’éveiller leur conscience pour ne pas commettre la même erreur en 2010. «La population doit se lever comme un seul homme pour dénoncer les abus de ce parti CNDD-FDD qui ne fait que planifier la guerre et la confusion dans le pays, en enchâssant une guerre dans une autre ; car au moment où le FNL attaque la population pour ses revendications politiques, le CNDD-FDD lui déclare une guerre totale en même temps qu’il place ses miliciens armés sur toutes les collines du pays pour terroriser, demain, ceux qui oseront lui refuser des voix pour sa reconduction en 2010, mais ça m’étonnerait qu’il puisse gagner ces prochaines élections, compte tenu des malheurs qu’il a fait subir au pays», a-t-il déclaré au cours d’un point de presse organisé à la permanence de son parti.

Il accuse principalement le parti présidentiel d’avoir battu, en un laps de temps, le record de pillage et de bradage de tous les fonds publics et d’avoir contribué à paralyser les institutions comme le gouvernement et l’Assemblée nationale. «Depuis le dernier remaniement, le gouvernement ne travaille pas en raison de la confusion qui existe toujours entre les 7 vice-ministres et leurs ministres, y compris pour ceux du CND-FDD », illustre-t-il. Pour maximiser ses chances en 2010, ce parti aurait déjà désigné une commission chargée de les préparer et de recenser la population sur chaque colline du pays, à l’insu de tous les autres acteurs politiques. « C’est pour préparer le terrain afin de truquer les résultats, mais ça ne tiendra pas », conclut Léonce Ngendakumana.


Burundi-sécurité

Agathon Rwasa se rend à l’évidence.

Bujumbura le 8 mai 08 (SurviT-Banguka)

Les leaders du mouvement rebelle FNL se ravisent et décident de se rendre à l’évidence en acceptant de mettre précocement fin à leur exil tanzanien. Ils se plient ainsi aux recommandations de la Tanzanie et de l’Ouganda. Dans une déclaration que le président du FNL vient d’adresser au ministre tanzanien de Relations Extérieures, Agathon Rwasa accepte de rentrer pour reprendre les travaux du mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de l’application de l’accord de cessez-le-feu , et de l’équipe mixte de liaison. Mais il demande (sans en faire une condition ou une demande additionnelle) une protection des militaires tanzaniens.

Selon Pasteur Habimana, porte-parole d’Agathon Rwasa, la Tanzanie qui avait fait d’eux des citoyens d’honneur, en raison de leurs revendications politiques, a la latitude de les renvoyer au Burundi pour autant qu’il constate que le moment est favorable. C’est ainsi qu’ils ont décidé de s’exécuter. « Ce n’est plus qu’une question d’heures et si la communauté internationale met à notre disposition les moyens de rentrer au Burundi, nous y seront très prochainement », précise Habimana, ajoutant que l’immunité souhaitée était essentiellement celle des membres du mouvement, autres que les hauts responsables comme Agathon Rwasa. « Ceux là seront gardés par les forces de l’Union Africaine, mais les autres simples militants auront besoin d’une garantie de sécurité », ajoute-t-il. Mais ce retour forcé et en catastrophe ne rassure pas : selon l’ambassadeur Térence Nsanze, président du parti ABASSA, si Rwasa et ses lieutenants quittent la Tanzanie pour le maquis, la situation n’ira qu’en s’aggravant. «Les pays de la sous région ont visiblement pris position en faveur du gouvernement burundais mais comme la guerre a repris et a tendance à s’intensifier sur le terrain, ils bâtissent sur du sable mouvant ; c’est pourquoi le dialogue aurait été de loin préférable », fait remarquer le politologue Julien Nimubona.



 


 

 

 

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