Actualité du 10 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-Politique
Ejecté du FRODEBU, Didace Kiganahe tombe sur ses pattes au
FRODEBU bis.
Bujumbura le 10 juin 08 (SurviT-Banguka)
L’honorable Didace Kiganahe (tutsi ?), vice-président toujours
contesté à l’Assemblée Nationale, tient encore
sa route. Bien que ses détracteurs hutus, anciens amis du FRODEBU,
disent encore de lui que son parti est « tout parti hutu qui gagne
les élections ». Au lendemain de son éjection du FRODEBU,
il s’est allié aux autres illustres exclus (Jean Minani, Jean
Baptiste Gahimbare, Macaire Nahimana etc.) pour se réorganiser, en
complicité avec le parti présidentiel, décidé à fragiliser
l’opposition pour rester le seul maître de jeu.
C’est ainsi
que le groupe des dissidents vient de créer le FRODEBU bis, dénommé « Sahwanya-FRODEBU
Nyakuri ». Pour encourager les militants du FRODEBU à affluer
vers cette organisation fantoche, le parti présidentiel ne lésine
pas sur les moyens.
Ce nouveau parti que dirige le Docteur Jean Minani devrait être
agréé cette semaine. Et le professeur Didace Kiganahe aura
sauvé, in extremis, son siège au Bureau de l’Assemblée
Nationale. Car l’aile Léonce Ngendakumana tient toujours à l’élection
d’un autre bureau pour remplacer Kiganahe par un autre tutsi. Selon
les observateurs, le CNDD-FDD va garder le même bureau. Fait de Pie
Ntavyohanyuma (président), Didace Kiganahe (1er vice président)
et Irène Inankuyo (2ème vice-président).
Burundi-économie
Le café burundais vendu au Rwanda
Bujumbura le 10 juin 08 (SurviT-Banguka)
Près de 80% des recettes des exportations sont traditionnellement
générées par le café au Burundi. Mais à l’instar
des autres secteurs du pays, la filière est si cafouilleuse que les
producteurs sont aujourd’hui démotivés, échaudés
par les nombreuses promesses non tenues du pouvoir CNDD-FDD, qui veut le
beurre et l’argent du beurre. Le prix au kilo est fixé à trois
cents cinquante francs burundais. Mais le gros des revenus du café est
happé par les autorités sans scrupule.
Mais après la
vente, les paysans doivent attendre plusieurs mois avant d’empocher
leur dû. C’est ainsi que les producteurs des provinces Ngozi,
Kayanza et Cibitoke, préfèrent vendre leur café au Rwanda
voisin. Pour attirer les caféiculteurs burundais, le Rwanda a installé des
station de dépulpage du café cerise le long de sa frontière
avec le Burundi. L’économie nationale est donc dangereusement
menacée. L’Office burundais du café en est conscient.
C’est pourquoi il vient de demander à la population de redoubler
de vigilance pour empêcher à ces caféiculteurs de tout écouler
au Rwanda. Car ils le font au détriment de l’économie
nationale. Une prime de 40% du coût du tonnage saisi sera donc accordée à qui
conque dénoncera ce genre de trafic. Mais aux yeux des institutions
pourvoyeuses d’aides au Burundi, la filière café doit être
mieux gérée pour favoriser le redémarrage de l’économie.
La banque mondiale demande plus de transparence dans la vente du café décortique
(marchand). C’est ainsi que le contrat de courtage qui avait été conclu
par les producteurs sur fond de magouilles du président burundais
Pierre Nkurunziza, a été annulé. Le gouvernement a mangé son
chapeau et les producteurs se posent encore des questions. Et de l’avis
des observateurs, si la vente au Rwanda est aujourd’hui considérée
comme frauduleuse, elle le sera moins demain car ce pays est, comme le Burundi,
membre du marché commun et libéralisé de la Communauté Est
Africaine. Les autorités burundaises ont donc intérêts à être
moins rapaces et à intéresser les producteurs.
Burundi-justice.
La Cour Constitutionnelle sous la coupe du pouvoir.
Bujumbura le 10 juin 08 (SurviT-Banguka)
On commençait à venter son esprit d’indépendance.
Mais c’était sans compter avec le pouvoir de séduction/corruption
du CNDD-FDD. Mme Nzeyimana Christine (épouse de l’ambassadeur
Adolphe Nahayo) et présidente de la cour constitutionnelle.
Cette
dame a en effet décidé de contourner la loi pour voler au secours
de Jérémie Ngendakumana, président du CNDD-FDD, en reconnaissant
officiellement que les 22 députés dissidents de son parti sont
désormais déclarés persona non grata au sein de l’Assemblée
Nationale.
Mais aux yeux de nombreux juristes, la présidente de la
cour constitutionnelle a dit tout, sauf le droit. «C’est ridicule
de constater que la cour constitutionnelle se soit uniquement penchée
sur les conditions requises pour être député, en fermant
obstinément les yeux sur celles qui sont surtout requises pour qu’un
député perde sa qualité de membre de l’assemblée
nationale», explique Maître Laurent Nzeyimana. Pour tester encore
le degré d’objectivité de cette même cour, le président
du parti FRODEBU, Léonce Ngendakumana, vient de demander à Pie
Ntavyohanyuma de saisir la même cour pour chasser de l’assemblée
nationale une quinzaine de députés dissidents du FRODEBU. Parmi
eux figurent Jean Minani, Didace Kiganahe, Salvator Ntihabose, etc.
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