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Actualité du 10 juin (SurviT-Banguka)

Burundi-démobilisation

Coup de colère des combattants FNL

Bujumbura le 10 juin (SurviT-Banguka)

Les ex-combattants de l’ancien mouvement rebelle FNL meurent d’impatience et refusent d’attendre tranquillement qu’on leur verse le modique pécule de démobilisation (85$) qui prend visiblement du retard. Conscients que les autres rebelles, en l’occurrence leurs aînés du CNDD-FDD (et autres mouvements qui les ont précédés) ont subtilisé la quasi-totalité de l’argent destiné à leur démobilisation, ils refusent de se faire rouler dans la farine. Après l’insurrection des combattants basés à Bujumbura rural, ceux de Bubanza ont décidé, à leur tour, de semer la panique générale dans leur secteur. Dès l’aube du 9 juin, la route nationale N° 9, reliant Bujumbura et Bubanza était barrée jusqu’en début d’après-midi.

Armés de bâtons et de gourdins, plusieurs dizaines de ces combattants s’y étaient massivement déployés et y avaient érigé des barrages infranchissables. Même le commissaire provincial de la police a reconnu que la situation était dangereuse et explosive. Il demande au service en charge de la démobilisation des combattants de tout faire pour désintéresser rapidement ces rebelles afin de ne pas les inciter à déterrer la hache de guerre ou à semer le chaos. Mais son appel a peu de chance d’être reçu. Car la cellule nationale chargée de la démobilisation/désarmement/réinsertion des combattants est en panne sèche. Son ancien gestionnaire, en l’occurrence le général FDD Silas Ntigurirwa n’y est pas allé du dos de la cuillère et le projet bat de l’aile depuis plusieurs mois.

L’Inspection générale de l’Etat a prouvé sa responsabilité dans le détournement des fonds alloués au projet. Mais au lieu de tirer les conséquences de son rapport et de traduire le coupable en justice, le général a regagné son rempart, l’état-major général de l’armée. Il est hors portée de la cour ou la brigade anticorruption.

Burundi- dialogue

L’heure est à la synthèse des rapports de session

Bujumbura le 10 juin (SurviT-Banguka)

Dans le souci de faire une synthèse des différentes recommandations issues du cadre de dialogue déjà organisés dans toutes les provinces du pays, le gouvernement burundais organise du 8 au 11 juin à Gitega, un forum régional pour canaliser les desiderata des représentants des cadres de dialogue des provinces du centre est du pays (Ruyigi, Cankuzo, Karuzi et Gitega). Cette rencontre brasse les délégués des principaux partis politiques agréés, les parlementaires, les représentants des organisations de la société civile et ceux des médias. Théoriquement, il n’y a aucune place pour la langue de bois et les participants ne retiennent que ce qui a effectivement fait objet de consensus dans les précédents fora. Ils se disent largement satisfaits des points d’accord. Et les échanges tournent autour de dix priorités majeures qui ont retenu l’attention des participants.

Il s’agit principalement des grands sujets de préoccupations des Burundais : pauvreté inouïe, insécurité grandissante, prolifération et détention illégale des armes à feu, incertitude liée aux élections de 2010, mauvaise gouvernance politico-économique, corruption éhontée, promotion de la culture du mensonge et de la délation, impossible guérison des mémoires, généralisation de impunité, mauvais fonctionnement de l’appareil judiciaire, problématique de l’éducation et son corollaire d’ignorance crasse, pression démographique, problématique foncière, question épineuse des rapatriés, des déplacés et de ceux qui sont restés sur les collines, discrimination excessive et tous azimuts, exclusion, aversion ethnique et politique, etc.

Le tableau est dangereusement sombre et le Burundi se meurt à grand feu. Le gouvernement en a officiellement pris acte, par le biais du ministre Martin Nivyabandi, chargé de la Bonne Gouvernance. Pour rappel, ce genre de fora rentrent dans le cadre des activités du projet « cadre de dialogue », qui est un projet de portée nationale basé sur la méthode participative et inclusive. Il cible l’ensemble des groupes institutionnels et politiques du pays à travers l’instauration des échanges interactifs visant essentiellement le renforcement des réflexes démocratiques, la restauration de la confiance entre les acteurs ainsi que l’apaisement politique et social.

Burundi-partis politiques.

Le ministre de l’Intérieur menace de sévir.

Bujumbura le 10 juin (SurviT-Banguka)

Edouard Nduwimana, ministre burundais de l’Intérieur, ne fait plus mystère de son intention de sévir vis-à-vis des partis politiques qui outrepassent la loi en organisant des réunions clandestines dans le seul souci de discréditer le parti présidentiel ou tout simplement son parti. Dans une conférence de presse organisée le 9 juin 2009, le ministre a particulièrement montré du doigt les partis FRODEBU, UPD et CNDD. « Curieusement, ce sont ces mêmes partis qui ne respectent pas la procédure en organisant des réunions clandestines ou en propageant des mensonges pour salir le pouvoir, nous prenons pour exemple le président du FRODEBU qui vient de dire que le monde scolaire est si politisé que les points s’obtiennent sur présentation de la carte du parti, a-t-il des preuves de ce qu’il avance ? Je doute fort », martèle le ministre Nduwimana.

Ces trois partis s’insurgent précisément contre l’insoutenable partialité des autorités policières et administratives qui leur interdisent de réunir librement leurs militants chaque fois qu’ils en ont l’intention alors que la loi le leur permet sans aucune équivoque. Le parti présidentiel est pourtant libre de tenir des réunions jusqu’au fin fond du pays. C’est précisément ce « deux poids deux mesures » qui révolte les uns et les autres. Selon le ministre de l’Intérieur, autant chaque parti est libre d’organiser ses réunions, autant il doit s’astreindre à la loi en vigueur. Mais le malaise est perceptible et les plaintes sont nombreuses car chaque week-end la police disperse les militants qui tentent de se réunir pendant qu’au même moment elle encadre les rencontres/manifestations du parti présidentiel (CNDD-FDD).

Au cours du même point de presse, le ministre n’a pas épargné certaines organisations de la société civile qui dépassent les limites du tolérable : « lorsque le président de l’APRODH fait des commentaires sur les mutations des magistrats, je crois que cela n’est pas de son domaine et l’association des femmes juristes est faite par des militantes de l’UPD, c’est absurde », poursuit le ministre de l’Intérieur.


 
 

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