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L’Europe au chevet de la RDC: les dessous de l’imminente intervention militaire.


L’Est de la République du Congo est de nouveau à feu et à sang. La région est infestée par un cocktail de rébellions et d’autres bandes de gangsters qui tuent et pillent tout sur leur passage. Mais tout le méli-mélo qu’on y observe se fait sur fond d’un génocide méthodique des membres de la communauté tutsie des Banyamulenge.

Remorquée par la France, l’Europe compte aller y rétablir l’ordre et la démocratie. Mais dans cette région du monde, la fameuse France a aussi son propre agenda et des comptes à régler. En vers ces tutsis qui lui ont miraculeusement échappé en 1994. Sa politique étrangère n’a pas de couleur politique et ses motivations ne sont plus à démontrer. Les raisons de la Belgique peuvent paraître conjoncturelles : il lui faut corriger les bourdes de son patron de la Diplomatie.

Mais la France l’y entraîne aussi pour des intérêts partiels et partiaux, à coups de mensonges et autres transactions moins visibles et sous le fameux labelle de l’Europe-Unie.

Toute l’Europe qui se targue d’avoir la meilleure expertise de l’Afrique des Grands Lacs a soutenu sans désemparer et sans état d’âme les régimes racistes Hutu du Rwanda depuis la « révolution sociale »de 1959 qui signait le 1er acte de génocide des Tutsi de la région et le déni de leurs droits élémentaires.

De même, les mêmes parrains de tels régimes ont assisté en direct sur leur TV, trois mois durant, l’exécution du génocide des Tutsis du Rwanda de 1994. Avec, certainement, une approbation mal cachée pour les uns, ostentatoire pour les autres ou gênée pour les moins avisés. Mais tous rivalisaient cyniquement de métaphores pour ne pas nommer le mal absolu par son nom.

Pendant ce temps le FPR, qu’on hait tant pour cela, sacrifie ceux qui étaient à l’abri de la machette-à-hacher le Tutsi pour arrêter ce carnage. Contrariant par cela leurs calculs, nos maîtres à penser et séculairement civilisés ne verront qu’une volonté de domination pareillement atavique d’une minorité sur la majorité, avant de l’accuser sans sourcier d’être la cause de l’extermination des siens.

Les missionnaires de la Turquoise se dépêchent d’exfiltrer leurs protégés amis de combat génocidaire majoritaires pour les mettre à l’abri, les réanimer moralement, les réorganiser et les renvoyer pour achever « le travail ».

En même temps, pour servir et couvrir leurs dessins hitlériens, ils attisent la haine contre les Tutsi confondus pour les besoins de la cause au FPR, grâce à la stratégie de la peur qu’ils ont longtemps expérimentée avec tant de succès, en encourageant et en organisant un exode jalousement encadré de toute la population sur place. Il ne faut pas un schéma pour comprendre pourquoi, ne fut-ce qu’à la vue de ce qu’ils en ont fait là où ils continuent à s’en occuper.

C’est cette exportation de cette idéologie raciste et génocidaire légitimée par l’impunité et la compassion incommensurable dont ils font l’objet par leurs promoteurs et utilisateurs qui est à l’origine des crimes et drames humains actuels à l’Est du Congo.

Les crimes massifs et atroces dont les massacres, les viols et les vols qui alimentent le lot quotidien de l’actualité dans la région et dont on trouve le bouc émissaire à travers la rébellion du CNDP, ont commencé bien avant la naissance de cette dernière. Ce n’est tout de même pas le CNDP et NKUNDA qui sont à l’origine de la chasse, des massacres et de l’exile des citoyens Banyamulenge et leurs autres compatriotes rwandophones.

Bien plus, comme du temps du génocide des tutsi au Rwanda, ces hors-la-loi, cette machine à semer la haine et la mort se maintient et se renforce, depuis 14 ans, sous les yeux de la force militaire de l’ONU.
En même temps que cette dernière se refuse obstinément de les désarmer et les renvoyer chez-eux, comme il se devrait, sous prétexte qu’ils n’en ont pas les moyens, elle n’hésite pas de combattre à leurs côtés contre celui qui a pris le courage de les en débarrasser, notamment le CNDP.

Comble de l’hypocrisie. Les parrains et gestionnaires européens de ce désordre voulu et entretenu par eux, sous prétexte d’une intervention humanitaire, s’avisent subitement qu’une intervention militaire de 2 à 3 mille hommes peut stopper l’avancée de la rébellion du CNDP visiblement plus forte que la coalition des fameux Interahamwe, les ex-FAR et les FARDC.

Oui ! les mêmes concepteurs, les mêmes stratégies et avec les mêmes exécutants. Voilà que le scénario de la Turquoise à la Rwandaise se met en hystériquement en marche. En effet, il y a fort à parier que ce monde qui vide les lieux devant la progression des hommes de Nkunda ne les craint pas plus que les FLDR rwandais, ni même plus que les FARC. Cela ici comme là-bas procède d’un endoctrinement, voire des menaces utiles à la stratégie de la terre brûlée.
Les raisons humanitaires redeviennent brûlantes, ils se mobilisent comme pour sauver de la faillite de leurs banques stratégiques, à l’idée seulement que le CNDP, qui pour l’essentiel est dans son droit de légitime défense, peut exercer le contrôle sur Goma.

La question n’est pas d’ordre humanitaire. Elle est liée à leurs plans contrariés pour les dessins revanchards qu’ils nourrissent contre le pouvoir de Kigali par leurs ouvriers miliciens (INTERAHAMWE et Ex-FAR) interposés, à l’idée que la frontière seraient fermées leurs incursions déstabilisatrices et qui seules rappellent leur existence politique, le cas échéant.

Attention. Ce monde européen et séculairement chrétien et démocrate, aurait-il condamné les Tutsi des Grands Lacs Africains à la peine de mort qu’ils se sont tous convenus d’abolir chez-eux, sans citation, sans procès et sans signification de la sentence aux intéressés ?

Car leur implication dans cette partie du monde a toujours semblée à un chèque en blanc donné aux autres peuples de la sous-régions de nier et refuser systématiquement et irréversiblement, par tous les moyens, à la composante Tutsi, sa citoyenneté et ses droits dans leurs pays respectifs, au besoin par l’extermination, par la manipulation et la stigmatisation du rapport de force numérique, et surtout la diabolisation à outrance jusqu’à la déshumanisation d’une communauté entière.

Par Kazima Arthur




 

 

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