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Actualité du 11 mai 09 (SurviT-Banguka)

Burundi-armée

Les FNL sont amers

Bujumbura le 11 mai 09 (SurviT-Banguka)

Au moment où les Burundais poussent encore le ouf de soulagement après le désengagement du FNL-PALIPEHUTU, les combattants de ce mouvement qui ont récemment intégré la force de défense nationale (FDN) décrochent en masse pour contester officiellement la sous-estimation des grades qu’ils avaient dans le maquis. Nombre d’entre eux partent avec armes et munitions. Seuls quelques dizaines ont daigné remettre leurs armes. «C’est inacceptable qu’un combattant qui avait le grade de colonel soit rétrogradé au niveau d’un simple sergent, dans le meilleur des cas, d’autres sont ravalés au niveau des hommes de troupes », indique sous sceau d’anonymat, un rebelle FNL.

L’état major de l’armée reconnaît ce dysfonctionnement. Mais il s’en lave les mains, illico, arguant que la question des grades a été traitée au niveau de cette rébellion. Cette information est aussi confirmée au niveau du Mécanisme Conjoint de Vérification et de Suivi de la mise en application des Accords de cessez-le-feu. Tout semble avoir été effectivement décidé au niveau des leaders des FNL. Les premiers humiliés étaient naturellement les combattants tutsis qui, alléchés par les maigres avantages que leur miroitait sans cesse le leader hutu Agathon Rwasa, ont vendu leur conscience en allant défendre becs et ongles une idéologie d’une essence plutôt génocidaire et fondamentalement tournée contre leur ethnie. Les officiers tutsis ont été littéralement dégradés, si bien qu’ils ont tous préféré se faire la belle longtemps avant.

Burundi-sécurité

Bujumbura le 11 mai 09 (SurviT-Banguka)

Pour être une terre natale des leaders rebelles hutus, la province de Ngozi (au nord du pays) devient aussi une terre de discorde. Ancien rebelle et actuel chef d’Etat, le président Pierre Nkurunziza y a des attaches historiques et indiscutables pour être né en commune Mwumba. Il est entrain d’ériger sur sa colline natale de gigantesques infrastructures dont un state dont l’immensité n’a d’égal que son inutilité. Comme il le fait déjà partout dans le pays, il y entretient aussi des équipes de football et une chorale bigotement dite « Alléluia ». Mais cela va sans dire, Pierre Nkurunziza y garde aussi un cocktail de miliciens, fait des démobilisés, des policiers informels et des jeunes de la ligue de son parti, dits Imbonerakure.

C’est a priori une province acquise à sa cause, mais depuis quelques temps, le FNL lui dispute ouvertement cette préséance. Depuis que ses combattants ont été démobilisés, une nouvelle forme de fronde et de rébellion non officielle s’observe en effet dans la quasi-totalité des communes de Ngozi, en particulier à Kiremba, commune qui a vu naître Agathon Rwasa, un autre rebelle notoire. Ces hommes de Rwasa organisent des réunions clandestines et appellent à la désobéissance civile. Pour tenter de les ramener à la raison, le conseiller du gouverneur de province, Jean-Bosco Makera, vient de tenir à Kiremba une réunion à l’intention de tous les responsables des partis politiques et des responsables administratifs à la base afin de plancher ensemble sur cette menace des démobilisés FNL qui donnent des enseignements subversifs à la population.

«Avec l’arrivée des démobilisés des FNL, des tensions se remarquent par endroits, ils tiennent des réunions clandestines, donnent des messages subversifs et ne font pas les travaux de développement communautaires, aujourd’hui, les responsables collinaires ne savent plus sur quel pied danser parce qu’ils reçoivent des menaces », a déclaré Mme Florence Narubowa, administrateur de la commune Kiremba. Les collines de Ciri et Rwimbogo ont été citées, Ciri étant la colline natale du président du parti FNL, M. Agathon Rwasa.

Burundi-santé

Les médecins décident de passer à la grève sauvage

Bujumbura le 11 mai 09 (SurviT-Banguka)


C’est ce lundi que la grève sauvage devrait commencer dans le secteur de la santé. Le président de la république a tout gâché alors que son 2ème vice-président avait promis de trouver un compromis. Profondément déçus par un chef d’état qui met les pieds dans le plat, les médiateurs ont jeté l’éponge. Tout en prenant soin de publier la synthèse de quelques points d’accords déjà conclus entre le gouvernement et les médecins. Selon Jean Marie Vianney Kavumbagu, un des médiateurs entre les deux parties, les négociations ont échoué en raison de la déclaration faite par le chef de l’Etat à Karuzi et repris quelques jours après à Gitega. Les médecins ont été particulièrement remontés par son approche de la question. Ils ont décidé de tout plaquer, même le service minimum. La situation est donc explosive.

Les observateurs estiment qu’il mourra au moins 350 personnes par jour au Burundi. Ce qui serait synonyme d’une catastrophe nationale. Le document synthèse publié à la fin de la semaine dernière indique cependant que les deux parties s’étaient accordées sur un salaire de 600.000 francs pour un jeune médecin en début de carrière. Réunis en assemblée générale le 9 mai, les médecins ont décidé de suspendre le service minimum pour exprimer leur trop-plein de chagrin. Dans un communiqué de presse sanctionnant les conclusions de leur réunion, ils informent le peuple burundais et la communauté internationale que les conséquences qui résulteront de cette décision incombent au gouvernement qui a en charge la santé des citoyens. Pour rappel, la grève des médecins est en son deuxième mois. Ils revendiquent un statut spécial qui aboutirait à une augmentation du salaire jusqu’à mille dollars américains.


 
 

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