Actualité du 11 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-Assemblée Nationale
Les suppléants intègrent le palais des Congrès
de Kigobe.
Bujumbura le 11 juin 08 (SurviT-Banguka)
L’Honorable Pie Ntavyohanyuma, président de l’assemblée
nationale est aux anges. Le 10 juin dernier, il a pu enfin présider
une séance en plénière dans une quiétude quasi
absolue. A l’intérieur du palais des Congrès de Kigobe,
on pouvait même entendre une mouche voler. D’autant plus qu’aucun
des nombreux députés présents à la séance
n’osait élever la voix pour la moindre contestation ou motion
par rapport à ses propos toujours oiseux.
Contrairement aux habitudes
de la maison. Et la salle était d’autant plus archicomble que
même tous les vingt-deux députés identifiés pour
remplacer les dissidents, récemment rayés de la liste des députés
par la cour constitutionnelle, s’étaient bien présentés
au Palais de Kigobe. Et conscient que le CNDD-FDD a résolument pris
la voix du terrorisme et du diktat, même les autres députés
sont restés résignés et muets comme des carpes.
Contrairement à leurs
habitudes. Il y avait pourtant matière à réclamation.
Car même en fermant les yeux sur la dernière violation de la
loi ( exclusion des vingt-deux députés dits dissidents), les
députés des autres partis auraient pu dénoncer ouvertement
la violation d’une autre loi. Celle qui stipule qu’un député qui
perd sa place pour une raison ou une autre est immédiatement remplacé par
un autre de mêmes sexe et ethnie. Mais dans sa logique de violation
systématique des lois et autres textes réglementaires, le CNDD-FDD
a repéré dans ses rangs, des candidats qui, une fois au parlement,
ne lui chercheraient pas noise comme il en a eu une triste expérience
par le passé.
Burundi-sécurité
La population de Bujumbura rural est de nouveau angoissée.
Bujumbura le 11 juin 08 (SurviT-Banguka)
Le répit n’aura été que de courte durée.
Quelques jours après la signature d’un accord de cessez-le-feu,
les vagues de violences et de rançonnement de la population devraient
reprendre dans les provinces de Bujumbura rural, Bubanza et Cibitoke et ailleurs.
Les combattants du mouvement rebelle FNL qui, jusque là, étaient
ravitaillés et armes et médicaments par l’Union Européenne
ne le seront plus désormais, tant qu’ils ne seront pas désarmés
et cantonnés dans des endroits sûrs et connus de l’administration
et de l’armée. L’ONG allemande GTZ qui assurait cette
tâche pour le compte de l’Union Européenne a pris la décision
de tout arrêter ce mardi 10 juin. Du coup, les combattants promettent
des scénarios catastrophe pour la population de ces contrées,
une population qui se disait déjà éprouvée par
près de quinze ans de guerre sans interruption.
Les scènes
de pillages, de cotisations forcées et d’autres violences qu’on
croyait reléguées aux arcanes de l’histoire referont
surface dans pas long temps. Tous les yeux sont braqués aujourd’hui
sur le leader rebelle Agathon Rwasa qui, depuis San City en Afrique du Sud
où il participe à une réunion du Directoire politique, élargi
aux délégations de l’ONU, UA et celles de l’Union
Européenne, devrait donner une instruction à ses hommes pour
ne pas violer l’accord de cessez-le-feu en cherchant à se ravitailler
de force auprès de la population.
Mais selon ses dernières
déclarations, Agathon Rwasa met la priorité sur sa propre immunité afin
d’avoir des coudées franches pour négocier sur toutes
les questions en rapport avec le sort de ses combattants. Mais le gouvernement
burundais tarde encore à se prononcer sur cette immunité du
leadership des FNL. Histoire, peut-être, de le disqualifier, à quelques
mois des élections.
Burundi-gouvernance
Les médias et la société civile comme prochaine
cible du CNDD-FDD.
Bujumbura le 11 juin 08 (SurviT-Banguka)
La peur est perceptible au sein de nombreuses organisations de la société civile
et des médias privés au Burundi. Au moment où le parti
présidentiel se conforte dans sa logique du forcing et de violation
de la loi en persécutant à outrance tous ceux qui ont un autre
avis ou une autre lecture de la situation, les médias privés
et les associations de la société civile se savent désormais
dans le collimateur du même parti. Car ils ont collectivement une connotation
de l’opposition.
Aux yeux du pouvoir en place, ils ne seraient en effet
que des ramifications du parti UPRONA (qui cristalliserait la conscience
tutsie) . Qu’il s’agisse de la ligue Iteka, Aprodh, LDGL, OAG,
radios RPA, Isanganiro, etc., nombreuses sont les organisations fichées
officiellement sur la liste des associations intégrés à ce
parti. Donc une vraie fausse société civile. Les sites Internet
qui relaient les messages du CNDD-FDD en disent long.
Ces associations sont
surtout dans la ligne de mire du parti présidentiel car elles sont
enclines à dénoncer sans réserves les multiples abus
du pouvoir en place. Et selon certaines informations qui commencent à filtrer
du côté de ce parti, les médias privés qui ont
contribué à rendre transparentes les élections de 2010
seront bientôt sommés de la boucler. C’est ainsi que le
CNDD-FDD a pensé à installer ses propres radios pour relayer
son message. La dernière radio dite communautaire est installée
en commune Giheta. Elle se dit essentiellement destinée à l’épanouissement
de la femme.
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