Conférence de Rutamucero Diomède à Ottawa. 07
Juin 2008.
Début : 14h45
Fin : 18h30
Mot d’accueil
Brève présentation du conférencier
Diomède est ingénieur hydrogéologue, auteur de 2 livres
sur le génocide des Tutsi au Burundi. A déjà présenté des
conférences dans plusieurs pays (Burundi, Belgique, France, Italie,
Hollande, Rwanda, Canada,…). L’auteur est un militant des droits
de la personne, engagé pour la cause du génocide contre les
Tutsi dans les Grands Lacs Africains et plus particulièrement au Burundi.
Présentation de la conférence
Situation actuelle du Burundi :
1. Un génocide impuni et qui se poursuit.
2. Le génocide contre les tutsi est connue et les preuves sont surabondantes:
- rapport S/1996/682 :
- La problématique de libération de ceux qui ont commis le
crime a été analysée par une étude d’avocats
sans frontières(ASF)
- Les camps de déplacés etc...
3. Historique du génocide contre les Tutsi et son l’idéologie
depuis la colonisation : dates importantes : 1959, 1965, 1972, 1988. 1993 à nos
jours.
4. Actuellement le pouvoir s’acharne à effacer les traces du
génocide contre les Tutsi du Burundi.
5. Libération des auteurs du génocide bénéficiaires
de l’immmunité provisoire, étant considéré comme
des prisonniers politiques et d’opinion.
L’objectif de la conférence
Il s’agit de sensibiliser les Burundais pour que le génocide
des Tutsi cesse, pour que la justice s’exerce : ce sera là les
bases morales pour construire le pays.
Il faut que la justice s’exerce parce que le génocide a été commis
; les coupables doivent répondre de leurs actes.
Il faut des mesures d’accompagnement institutionnel : élection
des représentants des commuanutés hutu et tutsi, partage du
pouvoir, que chaque groupe dispose des mécanismes institutionnels
pour assurer leur protection et leur épanouissement. Bref, éviter
l’exclusion.
Tous sont des Burundais, ils ont le droit de vivre au Burundi. Pour cela,
la justice doit sanctionner les coupables du génocide pour éradiquer
ce fléau. Plus personne ne devrait être tué pour cause
de son ethnie tutsie. Le burundi a même adopté une loi contre
la peine capitale. Légalement, personne au Burundi ne devrait se voir
enlever la vie. Pourquoi des gens se donnent-ils le pouvoir de supprimer
une vie pour cause d’appartenance ethnique? S’est interrogé Diomède.
Le combat est ardu, les négationnistes sont à l’oeuvre;
ils ne croisent pas les bras. C’est pour cela qu’il faut éveiller
les consciences car si le génocide des Tutsi au Burundi n’est
pas combattu et vaincu, il n’y a pas d’avenir pour le peuple
burundais.
Le conférencier est souvent revenu sur le fait qu’il n’y
a qu’un génocide au burundi : le génocide des Tutsi.
Il reconnait que des Hutus sont morts à l’occasion du génocide
des Tutsi, par des actes de répression ou autrement. Il s’insurge
contre le courant qui soutient que les Hutu ont tué, les Tutsi ont
tué, donc il faut tourner la page. Il ne faut pas parce qu’un
génocide non puni peut récidiver.
Face au génocide des Tutsi, il appartient en premier lieu aux victimes
et à personne d’autre de lutter contre ce fléau et exiger
la justice pour les morts. Là où ils sont enterrés,
qu’ils soient bébés, jeunes, femmes, hommes, vieux, et
vieilles, à Campazi, Bugendana, Buta, Teza, Rukina, et partout où ils
ont été jetés, ils demandent que justice leur soit rendu,
que les criminels qui leur ont enlevé gratuitement la vie ne devraient
pas être libérés sous le faux étiquette qu’ils
sont des prisonniers politiques.
Il a indiqué les pistes de solutions :
La première piste que les communautés nationale et internationale
doivent suivre est de reconnaître que le plan de génocide anti-tutsi
est une réalité au Burundi. Le minimum est de considérer
le rapport des Nations Unies n° S/1996/682 qui reconnaît que des
actes de génocide contre les Tutsi ont été commis par
le Frodebu. De reconnaître aussi que des actes de génocide contre
les Tutsi ont été commis après l’année
1993 par le Cndd-Fdd et le Palipehutu-Fnl. Les individus humains ont le devoir
de dénoncer tout crime qui se commet envers leurs semblables, surtout
quand il s’agit d’un crime de génocide.
La deuxième piste à emprunter est de juger et sanctionner tous
ceux qui ont organisé et exécuté le génocide
contre les Tutsi du Burundi. Une justice doit être faite pour les victimes.
Seule la justice peut empêcher le crime de génocide de se répéter
et de s’étendre.
La troisième piste qu’il faut absolument promouvoir est de favoriser
la coexistence pacifique entre les Hutu, les Tutsi, les Twa et les autres
au Burundi. Ils peuvent partager d’une manière équitable
les misères et les richesses du Burundi en tenant compte des compétences
de chacun. Ils doivent jouir des mêmes droits.
Après ce brillant exposé, les participants qui étaient
venus très nombreux tutsi et hutu ont posé beaucoup de questions
et le conférencier a répondu à chaque question.
En résumé, le conférencier a indiqué qu’il
est un militant des droits de la personne qui se bat pour que le génocide
contre les Tutsi cesse. Il demande que la justice s’exerce et que les
coupables répondent individuellement de leurs actes. Sa conférence
visait à démontrer que le génocide contre les Tutsi
se poursuit et qu’il ne s’arrêtera pas tout seul comme
par magie. C’est un mal qu’il faut dénoncer sans jamais
se fatiguer et qu’il faut combattre pour que le peuple burundais vive
dans la paix et la sérénité. Pour cela, il préconise
que les communautés hutu et tutsi se choisissent des représentants
et qu’ils cogèrent ensemble le pays. C’est la meilleure
façon de se rassurer que les intérêts vitaux, à commencer
par la vie des citoyens, sont sauvegardés.
Il ne représent pas les Tutsi et son action n’est pas dirigée
contre les Hutu. Il lutte contre le génocide des tutsi.
Il a enfin insisté qu’il ne peut pas s’occuper de tous
les problèmes qui assaillent le Burundi, même un avocat selectionne
les dossiers qu’il défend. Lui, il lutte contre le génocide
des Tutsi et pour la justice. C’est la cause qu’il défend
et c’est un dossier très important.
La conférence s’est terminée vers 18h30.
Fait à Ottawa, le 9 juin 2008
Nduwimana Jean
Rapporteur
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