Actualité du 12 mai 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Récit d’un kidnapping sur fond de terrorisme.
Bujumbura le 12 mai 09 (SurviT-Banguka)
Ce n’est plus qu’un secret de polichinelle, la police présidentielle
organise des rapts, torture et tue sur commande et impunément, au
vu et au su de tout le monde. L’émouvant témoignage
de Désiré Nizigiyimana, magistrat au Tribunal de Grande Instance
en Mairie de Bujumbura pourra convaincre ceux qui pensaient encore aux
simples loups-garous qui engloutissent les gens, que ce soit en mairie
de Bujumbura
ou dans le reste du pays. Relayé simultanément, le 11 mai
2009, par les radios Bonesha FM, RPA et Isanganiro, dans leur édition
de la mi-journée, son témoignage est en tout cas synonyme
d’un
véritable chemin de croix.
D’entrée de jeu, précisons
que Désiré Nizigiyimana était l’un des magistrats
du siège qui planchait sur le dossier Alexis Sinduhije, président
du mouvement MSD en instance d’agrément comme parti politique.
Le mercredi 6 mai 2009 en début de soirée, Désiré se
rendait dans une réunion de famille organisée au bar « Eucalyptus »derrière
la bâtisse de la Banque centrale en mairie de Bujumbura. Arrivé au
dit endroit, il croise un véhicule qui feint de foncer sur lui,
Désiré pense à un
ami qui, l’ayant reconnu, voudrait lui jouer un tour, juste pour
s’amuser.
Il s’arrête et curieusement se trouve nez à nez avec
un homme en tenue policière qui lui braque un pistolet sur la tempe,
l’oblige de monter à bord du véhicule. Il se retrouve
au milieu de deux colosses surarmés qui, en moins de temps qu’il
ne faut pour le dire, lui couvrent tout le visage. Il est conduit dans
un lieu inconnu pour y subir un interrogatoire musclé et terrifiant.
Les ravisseurs l’accusent d’avoir pris la décision de
libérer Alexis Sinduhije, un homme dangereux pour le pays. Ils lui
demandent de révéler le montant exact de l’argent qu’avait
préalablement versé Alexis Sinduhije, menacent de l’exécuter
ou dans l’hypothèse où il ne dirait pas tout, de couper
la tête de sa fillette et de son épouse et de les lui remettre
le lendemain. Désiré Nizigiyimana jure n’avoir rien
perçu
et affirme ne connaître Alexis Sinduhije qu’à la télévision.
Un des policiers ravisseurs propose aux autres de le ligoter pour le tuer à la
manière que chacun savait bien mais le groupe ne s’accorda
pas à cette
décision. Il s’en suit alors une longue discussion entre ravisseurs.
S’accusant mutuellement d’avoir développé l’habitude
de tuer tout de suite même si le chef ne le précise pas dans
la formulation de la mission. Finalement ils décident de le lâcher
et de le quitter en lui intimant l’ordre de répondre aux différentes
questions par écrit endéans trois jours, sans quoi il sera
dépecé et jeté dans le lac Tanganyika. Désiré se
découvre et s’étonne de se voir en plein milieu de
la forêt au bord de la rivière Muha, derrière la cathédrale
Régina Mundi.
Burundi-sécurité
Guerre chaude au su sud du Burundi
Bujumbura le 12 mai 09 (SurviT-Banguka)
Le 10 mai dernier, un groupe d’hommes en armes a fait irruption dans
les ménages de la colline Ruringaniza en province Rutovu et a froidement
massacré les habitants. La police qui, comme toujours, intervient
après coup, n’est arrivée sur le lieu du crime que longtemps
après le repris des assaillants, les policiers sont arrivés
de Rutana. L’on recense de nombreux dégâts humains dont
les morts et les blessés graves. Des biens ont été volés,
en l’occurrence les téléphones mobiles et d’importantes
sommes d’argent. Les assaillants dont on ignore encore l’origine
et l’identité promettent de réitérer cette visite
intempestive pour décimer la population de la colline Ruringanizo
et ses environs. Le choix de cette localité serait aussi symbolique
dans la mesure où c’est aussi la colline d’origine de
l’ancien président de la république Jean Baptiste Bagaza,
leader du parti PARENA.
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