Actualité du 12 juin (SurviT-Banguka)
Burundi-Université
Les événements de juin 95 refont surface.
Bujumbura le 12 juin 08 (SurviT-Banguka)
Les extrémistes hutus ne ratent jamais d’occasion pour caresser
l’affreuse corde ethnique, afin de remonter encore les communautés,
l’une contre l’autre et s’attirer, in fine, la sympathie
de leur groupe. C’est ainsi qu’à l’université du
Burundi, l’actualité est surtout marquée par une sorte
d’hommage aux étudiants hutus, victimes des tueries survenues
au campus Mutanga le 11 juin 1995. De nombreux hutus cadres hutus, qui se
disent rescapés de ce pogrom ourdi par les étudiants tutsis,
se lèvent aujourd’hui comme un seul homme pour exiger que justice
soit faite et que le gouvernement érige un monument, en mémoire
de ces innocents, victimes d’un extrémisme aveugle.
Elysée
Ndaye, procureur général de la république, leur emboîte
le pas, mais regrette que le dossier de ces massacres organisés au
campus Mutanga ne soit pas encore remis à la justice. Il encourage
les rescapés à saisir la justice afin que les tutsis qui les
ont assaillis à cette époque soient saisis. Elysée Ndaye
promet que la Justice fera, dès lors, son travail. C’est bien
bon, mais malheureusement, c’est aussi une justice à deux vitesses.
Car si ces regrettables violences survenues à l’Université du
Burundi s’inscrivent dans une spirale de massacres à la quelle
tout l processus de paix tente de mettre fin aujourd’hui, il est curieux
de constater que le procureur général de la république
soit si sélectif dans ses émotions. S’ils sont démasqués,
les auteurs de cette barbarie sont naturellement à châtier.
Mais autant que ceux qui ont signé et revendiqué les expéditions
horribles de Buta, Bugendana, Teza, Nyabiraba, Bubu, etc.
Burundi-Assemblée Nationale
D’autres péripéties encore .
Bujumbura le 12 juin 08 (SurviT-Banguka)
Le CNDD-FDD a pris la ferme décision de relooker l’Assemblée
Nationale en fragilisant littéralement les partis de l’opposition.
Et le stratagème consiste à se servir des anciens militants
de ces mêmes partis, en l’occurrence l’honorable Didace
Kiganahe pour saper les opposants jusque dans leur dernier retranchement.
Pour faire digression l’honorable Didace Kiganahe, démissionnaire
du Bureau de l’Assemblée depuis peu, vient d’amuser la
galerie en écrivant à Pie Ntavyohanyuma, président de
l’assemblée Nationale, pour lui demander de rayer de la liste
des députés, une quinzaine d’élus du FRODEBU qui
ont été absents pendant plus d’un quart de toute une
session de l’Assemblée Nationale. Parmi les nouveaux candidats à chasser
figurent Léonce Ngendakumana (président du parti FRDEBU), Pierre
Claver Nahimana (président de son groupe parlementaire) et Elie Buzoya
(ancien ministre de l’Agriculture). La lettre de Didace Kiganahe paraît
d’autant plus banale que personne ne comprend pourquoi c’est
lui qui prend cette initiative. Mais l’honorable Pie Ntavyohanyuma
peut répondre favorablement à sa demande et radier les quinze
députés du FRODEBU. Au quel cas il ne resterait aucun député de
ce parti. Le CNDD-FDD aurait dans ces conditions, tout un boulevard bien
dégagé pour faire ce que bon lui semble.
Le CNDD-FDD accuse un déficit de députés tutsis à Bubanza.
Bujumbura le 12 juin 08 (SurviT-Banguka)
L’honorable Marie Sindarusiba était la seule femme députée
tutsie du CNDD-FDD en province de Bubanza. Elle a été rayée
de l’Assemblée Nationale, accusée de dissidence au sein
de son parti politique. Mais il lui est impossible de trouver un autre député de
la même ethnie pour la remplacer. C’est ainsi que sur les 22
députés déchus, seuls 21 ont été remplacés.
Le CNDD-FDD compte remplacer cette femme par une autre femme élue
dans la circonscription de Ruyigi. Ce qui, aux yeux de tous les autres acteurs
politiques, serait une autre violation de la loi. Mais le CNDD-FDD a déjà mis
la loi entre parenthèses. Pour s’assurer d’abord le contrôle
de toutes les institutions, sans personne pour lever le doigt.
Burundi-RTNB
Le personnel syndiqué n’a plus accès à son
compte.
Bujumbura le 12 juin 08 (SurviT-Banguka)
Cela fait plus de deux mois que les journalistes et, en général,
tout le personnel syndiqué de radiotélévision nationale
(RTNB) est en grève pour réclamer l’amélioration
des conditions de travail et le déblocage des grades gelés
depuis plus de quinze ans. Pour couper court aux vagues de grèves
observées dans plusieurs secteurs de la vie du pays, le président
burundais a décidé d’annuler leurs salaires. C’est
chose déjà faite à la RTNB. Mais le syndicat avait son
compte propre, qui était mensuellement alimenté par des cotisations
des membres. Les responsables syndicaux qui en sont aussi gestionnaires,
avaient décidé, le 10 juin dernier, d’y recourir pour
voler au secours des grévistes en difficulté. Mais le procureur
général de la république a décidé de saisir
le compte pour affamer davantage les journalistes qui ont refusé de
reprendre le travail. C’est une autre aberration du pouvoir en place.
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