Actualité du 13 février 08
(SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Le Burundi au bord d’un autre génocide.
Bujumbura le 13 février 08 (SurviT-Banguka)
C’est quasi certain. Le Burundi entre dans un autre cycle de violences
qui, si rien n’est fait, devraient lui prendre d’autres millions
d’habitants. Les Nations Unies qui ont généralement l’esprit
alerte viennent d’anticiper en déclarant toutes les provinces
du pays comme étant des zones à haut risque. Le pays est en
effet officiellement fiché en phase 3 d’insécurité,
depuis ce 11 février. Dans le langage du système onusien, cette
phase de ralentissement précède la suspension des activités
et le retrait du personnel. C’est donc la phase 4 que le pays pourrait
atteindre dans quelques jours.
La communauté internationale voit vite
et bien ce qui attend les Burundais, c’est pourquoi elle recommande
la méfiance. Sur terrain, c’est déjà la guerre
ouverte. Des innocents sont froidement abattus dans la rue, dans leurs domiciles
ou au bistrot (deux cadres tutsis ont été tués la nuit
du 11 au chef-lieu de Gitega) d’autres ont été surpris
et fauchés dans leur lit, à la machette ou à l’aide
des grenades. Au même moment, la police multiplie les fouilles des
officiers retraités pour leur prendre des armes qui pourraient aider à protéger
leurs familles, le jour « J ».
Et ce sont les quartiers à dominance
tutsis qui sont ciblés. Cibitoke et Ngagara hier, Nyakabiga aujourd’hui.
La fouille est à la fois surprise et systématique. Avec un
zèle particulier chez ces militaires en retraite. Et le comble de
l’humiliation est que même la Grande tenue des officiers est
récupérée avec fracas. « Du jamais vu, car les
officiers en retraite constituent toujours une armée de réserve
qui doit rester munie de tous les attributs des autres militaires, jusqu’à la
grande tenue, pour les officiers retraités », s’indigne
le colonel Adolphe Manirakiza, au lendemain de la fouille perquisition organisée à Ngagara.
Pour tout corser, cette scène de désarmement des officiers
tutsis en retraite est soigneusement filmée est montrée à la
télévision nationale. Pour certains observateurs, cette mise
en scène constitue un message du CNDD-FDD à l’électorat
hutu, pour montrer que ce parti a franchi un cap important en humiliant de
la sorte des éléments importants des anciennes Forces Armées
Burundaises.
Burundi-gouvernance.
Sénat : bisbille autour des questeurs
Bujumbura le 13 février 08 (SurviT-Banguka)
La guéguerre n’est
pas l’apanage de l’assemblée nationale. Au moment où cette
institution se débat pour recomposer le bureau, après l’éviction
de Mme Nzomukunda de son poste de vice-président, la chambre haute
du parlement est dévorée par une autre crise interne, liée à la
nomination des trois questeurs.
Ces derniers ont, pour mission, la gestions
des affaires de l’institution, comme les finances (nerf de la guerre)
et le recrutement (autre point névralgique) du personnel. Or c’est
précisément ces questions qui ont toujours constitué une
chasse gardée de l’honorable Gervais Rufyikiri, président
du sénat. Depuis près de dix jours, ce dernier tente de reconduire
l’ancienne équipe de questeurs, faite de ses amis personnels
comme Louis Ntureka et Déo Busuguru. Mais les sénateurs tiennent
mordicus à leur remplacement, afin qu’il y ait plus de transparence
dans la conduite des affaires du sénat. Le « D » day est
fixé au 15 février, date à laquelle les sénateurs
devraient enfin s’accorder sur la liste de nouveaux questeurs.
Burundi-médias.
Un Conseil National de Communication sans journalistes.
Bujumbura le 13 février 08 (SurviT-Banguka)
Pour préparer les élections
de 2010 loin des regards indiscrets des médias, le gouvernement CNDD-FDD
vient de mettre sur pied un Conseil National de Communication fait essentiellement
de ses militants, indépendamment de leur profession. Ainsi, 11 des
15 membres de cet organe sont des membres actifs de ce parti et ils ont aussi
en commun le fait que personne parmi eux n’a jamais presté comme
journaliste.
Le président de ce Conseil est un piètre comptable,
tandis que son adjoint, Jean Charles Nkanganyi, est un jeune tutsi, littéralement
inféodé aux idéaux du CNDD-FDD, comme il ne cesse de
le faire remarquer à travers ses écrits sur le site www.abarundi.org.
Cette composition fantaisiste d’un important organe des médias
chiffonne particulièrement l’Association burundaise des journalistes
ABJ. Dans une conférence de presse qu’il a organisée
ce mardi, Jean Paul Ndayizeye, président de cette association, indique
que les journalistes burundais ne sont nullement représentés à travers
cet organe. «C’est simplement une équipe mise sur place
pour protéger les intérêts du parti au pouvoir, notamment
au moment des prochaines échéances électorales »,
conclut le président de l’ABJ.
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