Actualité du 13 mai 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-syndicats
Pierre Nkurunziza face au front social
Bujumbura le 13 mai 08 (SurviT-Banguka)
Les fonctionnaires sont encore mécontents. Et ils ont décidé de
la faire savoir en déclanchant de vastes mouvements de grèves
dans plusieurs services publics et parapublics. Au ministère de la
Justice, le personnel non magistrat a entamé, ce lundi, une semaine
de grève pour acculer le ministre de tutelle à les écouter
et mettre en application les statuts qui les régissent. « Nous
avons affaire à un ministre qui est bizarre car il ne veut même
pas nous rencontrer alors que ce que nous demandons n’est autre qu’un
engagement du gouvernement, par écrit, qui montre qu’il accepte
de nous accorder des avantages qui nous reviennent de droit, conformément à nos
statuts et au cas où le gouvernement n’aurait pas d’argent
pour le moment, nous pouvons attendre la prochaine révision budgétaire »,
explique Mélance Nahayo, président du syndicat du personnel
non magistrat au niveau de ce ministère.
Le ministère tourne
donc au ralenti, depuis ce lundi 12 mai. Seul les magistrats sont à l’œuvre.
Mais ils promettent, eux aussi de tout plaquer depuis le 19 mai. Une grève
générale sera effective dans tout le ministère dès
la semaine prochaine. Les magistrats ont toujours demandé l’organisation
des Etats généraux de la magistrature pour faire le tour de
toutes leurs questions. Afin qu’ils puissent travailler en toute indépendance,
sans la pesanteur de l’exécutif qui oriente aujourd’hui
les jugements et menace de mutation (ou d’autres sanctions) les magistrats
récalcitrants. Les mêmes démons de la grève sont
signalés à la société sucrière de Moso.
Le personnel s’insurge contre le renvoi des quatre responsables syndicaux,
pour avoir dénoncé les actes de mauvaises gestions qui risquent
de couler toute la société. Si les quatre leaders syndicaux
ne sont pas réintégrés, le reste des travailleurs promet
de déclancher un mouvement de grève illimité. A l’officie
du thé du Burundi (OTB), la grève du personnel démarre
aussi le 13 mai. Comme leurs collègues de la SOSUMO, les travailleurs
de l’OTB s’inquiètent le leur sort car le CNDD-FDD aurait
déjà amorcé des démarches pour vendre toute la
filière thé au Burundi. Curieusement, ces vagues de grèves
ne semblent pas inquiéter le pouvoir qui se nourrit plutôt de
l’anarchie.
Burundi-sécurité
L’étau se resserre autour des combattants FNL.
Bujumbura le 13 mai 08 (SurviT-Banguka)
Pierre Nkurunziza ne s’en laisse pas compter. Comme le vent lui est
favorable, il a décidé d’accélérer sa pression
sur les combattants FNL. C’est ainsi qu’une pluie de bombes se
fait encore entendre dans les communes de Bugarama et Kabezi, en province
de Bujumbura rural. Selon le colonel Adolphe Manirakiza, porte-parole de
l’armée, les militaires doivent continuer à démanteler
les positions des rebelles FNL, même si les délégués
de ce mouvement ont accepté de rentrer à Bujumbura. Mais les
dégâts sont immenses : De nombreux morts. Plus de 20.000 personnes
qui ont fui leurs ménages pour se réfugier au chef-lieu des
communes ou près des positions militaires.
C’est ainsi que la
population affirme ne pas comprendre pourquoi la guerre se poursuit alors
que le leader rebelle a déjà accepté de réintégrer
sans conditions les travaux du Mécanisme conjoint de vérification
et de suivi de l’application de l’accord global de cessez-le-feu.
Interrogés par les radios locales, les habitants de la province de
Bujumbura rural, récemment rétrogradée en phase IV en
raison de l’insécurité qui y prévaut, trouvent
cette guerre absurde. «C’est pour nous une triste fatalité,
nous pensions que la sécurité allait être généralisée
dans tout le pays, mais voilà que nous sommes toujours condamnés à l’errance
et personne ne comprend pourquoi le FNL veut libérer les hutus alors
que le pouvoir politique, militaire et policier est entièrement aux
mains des hutus depuis les dernières élections », s’indigne
un hutu de la commune Kabezi, dont la maison vient d’être détruite
pour la troisième fois.
Burundi-carburant
Flambée du carburant : le gouvernement cafouille
Bujumbura le 13 mai 08 (SurviT-Banguka)
Difficile pour le gouvernement burundais de contrer l’escalade des
prix, consécutive à la flambée effrénée
du prix du carburant sur le marché mondial. Selon les analystes, le
prix du baril devra osciller autour de 150$ en juillet prochain et l’onde
de choc de cette montée se fera immanquablement sentir sur le prix
des produits et services de base au Burundi. Les consommateurs sont résignés.
Car les prix doivent suivre le mouvement. Bien plus, le franc burundais perd
de sa valeur chaque jour, par rapport au dollar et aux autres monnaies partenaires.
Et la production intérieure est quasi nulle en raison de la guerre,
du pillage des deniers publics et du manque de vision de développement
pour le parti présidentiel (CNDD-FDD). Mais aux yeux de la population,
c’est surtout le pouvoir qui empire la situation, en dépit de
ces paramètres endo et exogènes.
Le président burundais
Pierre Nkurunziza ferait du fonds du pétrole nigérian son fonds
personnel et le deuxième vice-président de la république
Gabriel Ntisezerana qui a en charge les questions économiques, passe
le plus clair de son temps dans la gestion de ses propres stations d’essence. « Une
activité incompatible avec ses fonctions politiques » ; fait
remarquer Gabriel Rufyiri, président d’une association anticorruption.
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