Actualité du 14 février 08
(SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Pierre Nkurunziza face aux massacres de Muyinga.
Bujumbura le 14 février 08 (SurviT-Banguka)
Les disparus de Muyinga se mettent en travers de la route du président
burundais Pierre Nkurunziza, en visite officielle aux Etats-Unis d’Amérique.
Il a eu à s’exprimer, ce 13 février 08, sur ce brûlant
dossier des dizaines de personnes mystérieusement disparues dans la
province de Muyinga au mois de juin 2006. Sa réaction a été relayée
par les radios locales à Bujumbura. C’est officiel. Le colonel
Vital Bangirinama, principal accusé dans cette affaire, est en fuite
depuis près d’un mois. Et dès le lendemain de son évasion,
il s’est livré à de fracassantes déclarations
sur les véritables commanditaires des massacres de Muyinga.
Il a en
effet impliqué de hauts responsables militaires et policiers, jusqu’au
chef de l’Etat lui-même qui lui aurait assuré de sa protection.
Curieusement, interrogé sur ce même dossier, le Président
Burundais Pierre Nkurunziza donne une réponse évasive, mais
qui tranche avec ses précédents commentaires sur ce même
dossier : au lieu de s’en remettre, comme avant, au verdict de la Justice,
il étonne et détonne en noyant les massacres de Muyinga dans
un ensemble vaste et vague de tous les autres crimes commis, depuis l’indépendance
du Burundi jusqu’aujourd’hui. D’après lui, tout
doit faire objet d’une enquête judiciaire internationale.
Cet
amalgame est d’autant plus déroutant que l’Accord d’Arusha
qui constitue encore le carnet de route des acteurs politiques burundais
est explicite, par rapport à la période couverte par cette
fameuse Commission. Car l’article 6 de cet accord prévoit « la
demande, par le Gouvernement de transition, de la mise en place par le Conseil
de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies, d’Une
Commission d’Enquête Judiciaire Internationale sur le génocide,
les crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité…..sa
mission sera d’enquêter et d’établir les faits couvrant
la période allant de l’indépendance à la date
de signature de l’Accord». Commis en 2006, les massacres de Muyinga
sont donc antérieurs à l’Accord. Ils ne s’inscrivent
donc pas dans ce champ d’enquête. Le FNL rattrapé par les démons du kidnapping.
Bujumbura le 14 février 08 (SurviT-Banguka)
A peine chassé, le naturel refait surface chez les combattants du
mouvement FNL-PALIPEHUTU d’Agathon Rwasa. Des hommes en armes et tenues
militaires viennent en effet de récidiver, en enlevant deux militaires
de l’armée régulière, au niveau village 5 en commune
de Gihanga (province Bubanza). Selon des sources militaires et administratives,
il s’agit des combattants de Rwasa dont la haine pour les militaires
tutsis ne fléchit jamais, en dépit des bons offices du médiateur
Jean Marie Rurimirije.
Ce dernier vient en effet d’aider à la
réconciliation des leaders de ce mouvement avec le médiateur
Charles Nqakula, et quatre personnes détenues depuis des mois ont été solennellement
libérées. Mais la page est tournée et les rapts reprennent
davantage. Contactés par les autorités militaires pour demander
la libération de ces hommes, les chefs des rebelles du Palipehutu-Fnl
se trouvant à la réserve naturelle de la Rukoko (repaire des
FNL et lieu de détention de ces militaires) refusent toute collaboration
et toute participation dans cet enlèvement.
Mais les témoignages
des militaires sont formelles : aux environs de 18 heures, les deux militaires,
1ère classe Itangishaka (matricule 70781) et 1ère classe Harerimana
(matricule 74240) venaient de Bujumbura à bord des taxis vélos
et se dirigeaient vers leur position. Arrivés au niveau du village
5, des hommes armés les ont arrêtés avec d’autres
civils. Après avoir reconnu les deux militaires à travers leurs
cartes de la Mutuelle de la Fonction Publique, les civils ont été libérés
mais les deux militaires ont été enlevés en même
temps que leurs deux vélos.
Burundi-politique
Le raz le bol du Dr Yves Sahinguvu
Bujumbura le 14 février 08 (SurviT-Banguka)
La criminalité se généralise de plus en plus au Burundi
et le président Burundais Pierre Nkurunziza sillonne encore le pays
de l’oncle Sam en multipliant les mensonges et autres ornières,
affirmant haut et fort que la sécurité surabonde dans son pays.
Pour couper court à ces aberrations, son premier vice-président
Yves Sahinguvu a organisé, ce 13 février 08, une réunion à Bujumbura
pour dénoncer la recrudescence de la violence et interpeller toutes
le forces vives, afin de barrer la route aux faiseurs de guerre qui semblent
reprendre le dessus.
Le 1er vice-président déplore énergiquement
l’attitude des policiers version FDD qui, au lieu de sécuriser
la population, changent de casquette en se mettant du côté des
délinquants qualifiés. «Nous remarquons que la situation
devient intenable presque dans tout le pays et même si le premier réflexe
est d’incriminer les insaisissables combattants du mouvement rebelle
FNL, il s’avère de plus en plus évident que nos policiers
sont eux-mêmes source de massacres et de pillages, je recommande plus
de vigilance du côté de la population, de l’administration
et de ces forces de l’ordre, afin que brebis galeuses qui entachent
tout le corps soient saisies et châtiées», déclare
Yves Sahinguvu.
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