Actualité du 14 avril 08 (SurviT-Banguka)
Rwanda-génocide
Parade à l’idéologie génocidaire au Rwanda.
Bujumbura le 14 avril 08 (SurviT-Banguka)
Le Rwanda a bouclé la 14ème semaine de commémoration
du génocide des tutsis le week-end dernier. Sept jours dédiés à la
mémoire de tout un million d’innocents happés en un laps
de temps par des génocidaires inégalables qui affûtent
toujours leurs armes. Mais pour tenter de leur barrer définitivement
la route, le gouvernement veut inculquer à la jeunesse rwandaise cette
valeur de lutte acharnée contre le génocide. C’est ainsi
que la loi rwandaise réprimant l’idéologie du génocide
sera désormais enseignée dans les écoles.
«C’est
une décision du ministère de l’Education, la loi sera
enseignée dans toutes les écoles, au même titre que d’autres
matières », déclare la ministre de l’Education
Nationale Daphrose Gahakwa. Pour montrer l’intransigeance du gouvernement
vis-à-vis des voix discordantes, des dizaines d’enseignants,
accusés de véhiculer l’idéologie génocidaire,
ont été démis de leur fonction en janvier dernier. La
ministre appelle en outre tous les élèves et étudiants
actuellement en vacances scolaires à se tenir aux côtés
des rescapés en ce mois d’avril où le pays commémore
ce génocide. Et tous les enseignants du primaire et du secondaire
se trouvent actuellement dans des «camps de solidarité» où la
lutte contre l’idéologie est au programme. Pour rappel, pendant
toute la semaine de deuil, il a été organisé à travers
le pays, des conférences sur le génocide de 1994, sa genèse
et ses conséquences.
De poignants témoignages sur le génocide
ont été entendus et toutes les radios du pays diffusaient de
la musique en rapport avec le génocide ainsi que des poèmes
racontant le calvaire des victimes. Les activités des juridictions « gacaca » chargées
de juger la presque totalité des auteurs présumés du
génocide ont été suspendues au cours de cette semaine
de deuil national dont l’ouverture a été marquée
par un discours du président Paul Kagame. Il s’en est pris aux
juges français et espagnol, Jean-Louis Bruguière Fernando Andreu
Merelles qui ont émis des mandats d’arrêt contre des officiers
de l’actuelle armée rwandaise. La semaine de deuil national
s’est achevée le 13 avril par une cérémonie à Kigali,
en mémoire des hommes et des femmes politiques tués pendant
le génocide.
Burundi-économie.
La banque centrale sort son carton rouge
Bujumbura le 14 avril 08 (SurviT-Banguka)
Le parti présidentiel, CNDD-FDD, poursuit sereinement et inexorablement
sa politique d’exclusion politico-économique des tutsis. Après
avoir volontairement provoqué la faillite des grandes entreprises
pour mettre les employés tutsis dans la rue tout en réembauchant
la quasi-totalité des hutus dans les diverses autres structures de
l’Etat, le CNDD-FDD engage une autre vitesse en demandant à la
banque centrale (BRB) de bloquer l’activité des opérateurs économiques
tutsis.
Cette dernière vient en effet de publier une liste noire de
13000 opérateurs économiques qui n’ont plus le droits
de contracter des crédits bancaires. Une bonne partie de ces exclus
du monde de la Finance sont des tutsis. Selon Gaspard Sindayigaya, gouverneur
de la BRB, cette liste concerne essentiellement les commerçants défaillants
qui n’ont pas pu rembourser les crédits contractés auprès
des différentes banques commerciales du Burundi.
Mais les réactions
des banques sont mitigées. «En réalité, chaque
commerçant doit avoir ses rapports avec sa banque, si bien que même
en cas de faillite, la banque peut le relancer par un autre crédit,
mais cela se fait cas par cas », explique un ADG d’une banque
commerciale.
Du côté des opérateurs économiques,
on crie à l’injustice : « Je dois dire que ces commerçants
sont devenus insolvables parce que leurs biens ou marchandises ont été pillés
ou détruits pendant la guerre et c’est le gouvernement qui est
responsable de cette faillite parce qu’il n’a pas pu assurer
la sécurité des citoyens et de leurs biens, en plus du fait
qu’il doit à certains d’entre eux une bagatelle de 60
milliards de francs burundais, car des opérateurs économiques
lui ont fourni des biens à crédit et il n’a pas pu rembourser
la dette, il est donc le fossoyeur de sa propre économie »,
explique Cyrille Sigejeje, Secrétaire Général de la
Chambre de Commerce.
Burundi-politique
Dure persécution pour Alexis Sinduhije
Bujumbura le 14 avril 08 (SurviT-Banguka)
Alexis Sinduhije, président du Mouvement pour la Sécurité et
la Démocratie (MSD), un mouvement politique en passe de transformation
en parti politique, est décidément dans le collimateur du pouvoir
au Burundi. La police a en effet mis brutalement fin, le 12 avril dernier, à une
conférence de presse qu’il avait organisée à Bujumbura
pour s’exprimer sur le pourrissement de la situation sociopolitique
et sécuritaire à Bujumbura.
Cette brutalité policière
reflète la tyrannie du pouvoir en place ou, plus exactement, du parti
présidentiel qui, à la veille de nouvelles élections,
fait tout pour museler l’opposition et créer la tension dans
le pays afin que rien ne filtre au sujet de tous les dérapages et
autres violations des droits humains dont le CNDD-FDD est comptable. Cette
persécution du président du mouvement MSD se produit au moment
où, selon des sources administratives et policières, le mouvement
MSD serait en campagne de subversion, en incitant la population à la
désobéissance civile pour dénoncer les abus du pouvoir,
il aurait aussi distribué des armes à la population pour créer
l’insécurité dans le pays.
Mais aux yeux d’Alexis
Sinduhije c’est un tissu de mensonges volontairement montés à la
fois par le sinistre laboratoire d’Adolphe Nshimirimana, patron du
Service National de Renseignement et du parti CNDD-FDD. «Sur demande
du maire de la ville, les policiers m’ont empêché de tenir
une conférence de presse, arguant que je n’avais pas demandé la
permission, mais je ne devais pas demander la permission pour m’exprimer,
c’est un droit inaliénable pour tout citoyen burundais»,
explique Alexis Sinduhije.
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