Actualité du 14 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-Université
Le CNDD-FDD mine l’Université du Burundi
Bujumbura le 14 mai 08 (SurviT-Banguka)
Le verre est déjà dans le fruit. En nommant le professeur
Gaston Hakiza à la tête de l’Université du Burundi,
le parti CNDD-FDD lui a donné une mission de démanteler cette
unique université publique du pays, doublement considérée
comme le plus grand centre de déplacés tutsis (surarmés)
et la sinistre pépinière de l’intelligentsia tutsie de
l’UPRONA. Gaston Hakiza est donc à l’œuvre depuis
plusieurs mois et il a déjà à son actif, plusieurs coups
de dents assénés à cet établissement qui l’a
pourtant nourri et équipé intellectuellement. Exit l’association
des Etudiants de Rumuri (ASSER) qui, aux yeux du parti CNDD-FDD, n’était
plus qu’une organisation satellite de l’opposition.
Les étudiants
tentent aujourd’hui de recoller les morceaux pour trouver un autre
cadre d’expression. Mais fidèle à sa mission d’exacerber
la suspicion et la haine ethnique, Gaston Hakiza interdit à tous les
leaders de l’ancienne ASSER, fussent-ils des Hutus, de faire partie
de l’association naissante. En lieu et place des étudiants hutus
qui, pour la plupart, affirment que le calme et la sérénité règnent
dan tous les homes universitaires, Gaston Hakiza élève la voix
pour dire que les Hutus sont cruellement sous représentés dans
ces associations en chantier.
Sous la houlette du même Gaston Hakiza,
une poignée d’étudiants hutus, militants zélés
du CDD-FDD, clament haut et fort que les anciens dirigeants de l’ASSER
menacent les autres dans les campus. Curieusement, les autres étudiants
hutus apportent, illico, un vibrant démenti, arguant que ces étudiants
qui se prétendent lésés sont, tous des externes et qu’il
est impossible de menacer un étudiant externe à partir d’un
campus universitaire. Pour créer perpétuellement un climat
de confusion qui mène à la grève et aux autres expulsions,
le recteur de l’Université du Burundi prive volontairement les étudiants
de leurs droits, en l’occurrence le droit aux soins de santé, à la
totalité du montant de bourse promise, aux cours réguliers,
etc.
Burundi-sécurité
Forces Nationales de libération : report in extremis du
calendrier.
Bujumbura le 14 mai 08 (SurviT-Banguka)
Les valises sont déjà faites, mais l’avion tarde à venir.
Les délégués du mouvement rebelle Palipehutu-Fnl, attendus
pour participer aux travaux du Mécanisme Conjoint de Vérification
et de Suivi et de l’application de l’Accord, n’arrivent
plus comme prévu ce 14 mai.
Leur voyage a été reporté au
16. Officiellement, ce léger report de calendrier est lié à l’indisponibilité de
l’avion. Mais Agathon Rwasa et ses hommes subodorent déjà une
odeur de mépris qui justifie l’inconfort annoncé quant
au train annoncé pour ceux qui sont attendus à Bujumbura pour
finaliser les négociations avec le gouvernement. Selon son porte-parole
Pasteur Habimana, ces hommes à qui on a même refusé des
passeports n’auront même pas de véhicule de déplacement
et leur place dans les hôtels huppés de Bujumbura n’est
plus qu’un lointain rêve. Cela énerve énormément
les leaders du FNL.
«Ils promettent de nous embarquer sans passeports
comme du haricot, nous constatons que le médiateur veut tout faire
pour nous empêcher de rentrer à Bujumbura, mais je dois vous
dire que le 16 mai prochain, nous serons bien à Bujumbura et même
si on nous promet un traitement peu enviable une fois rentrés au pays,
cela ne nous empêchera pas de rentrer », explique Pasteur Habimana.
Visiblement, la médiation et le pouvoir de Bujumbura font tout pour
rappeler à Agathon Rwasa qu’il rentre au pays par pression de
la région et que son mouvement est en position de faiblesse sur terrain.
Rien n’indique que les négociations qui devraient bien commencer
seront porteuses d’espoir. Mais même militairement fragilisé,
Agathon Rwasa garde sa capacité de nuisance au Burundi où les
gens meurent comme des mouches.
Les assassinats ciblés se multiplient à Bujumbura.
Bujumbura le 14 mai 08 (SurviT-Banguka)
L’insécurité se généralise de plus en
plus au Burundi. Depuis quelques jours, chaque jour apporte son lot de victimes
innocentes et les auteurs ne sont jamais arrêtés. Au lendemain
d’une double attaque à la grenade et à la mitraillette
chez le commandant Rutuna, un officier d’ordonnance chez le président
burundais Pierre Nkurunziza, des snippers embusqués continuent à tuer
des innocents dans plusieurs coins du Burundi.
Dans la commune urbaine de
Kanyosha, un jeune couple de tutsis a été attaqué par
des hommes armés, tuant, sur-le-champ, la jeune femme. Le mari a été,
quant à lui, grièvement blessé. Plusieurs autres cas
d’assassinats ont été signalés dans les communes
urbaines de Cibitoke, Kamenge, etc. Même si le pouvoir rejette la responsabilité des
ces assassinats sélectifs au mouvement rebelle FNL, une certaine opinion
considère que cette recrudescence de l’insécurité est
l’œuvre du même pouvoir qui veut en profiter pour se débarrasser
de tous ses opposants. En province de Ngozi, on signale de nombreuses arrestations
de personnes présumées appartenir au mouvement rebelle FNL.
Leur sort reste inquiétant.
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