Actualité du 14 mai 09(SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Les déplacés tutsis sont sommés de rentrer
chez eux de force.
Bujumbura le 14 mai 09 (SurviT-Banguka)
C’est déjà décidé. Pour gommer définitivement
tous les indices du génocide en cours dans le pays, les centaines
de milliers de déplacés tutsis entassés depuis plus
d’une décennie dans plusieurs centres de fortune à l’intérieur
du pays doivent regagner leurs collines et les sites qui les hébergeaient
sont à démolir dans les meilleurs délais. L’idée
a été récemment reprise par Onésime Nduwimana,
porte-parole du parti présidentiel, arguant qu’il serait inconcevable
de voir des gens qui continuent à vivre loin de chez eux alors que
même les réfugiés ont regagné leur pays et leurs
collines. Mais les déplacés ne cachent pas leur inquiétude
face à ce retour forcé, opéré dans un contexte
de méfiance entre les bourreaux désormais libres et les victimes
humiliées et jetées en pâture.Ils affirment qu’il
y a un grand risque de reprise de violences et que leur chance de survie
sera d’autant plus mince que les massacreurs sont plus armés
qu’hier.
Seul l’honorable Bonaventure Niyoyankana, député du
parti UPRONA élu dans la circonscription de Gitega, essaie de comprendre
leur inquiétude et d’en parler aux médias, mais sans
succès. La décision de les rentrer manu militari vient « d’en
haut ». Pour preuve, la ministre de la Solidarité nationale,
du Rapatriement des réfugiés et de la Réintégration
sociale, Mme Immaculée Nahayo en compagnie de l’ambassadeur
de la République fédérale d’Allemagne au Burundi,
M. Joseph Thomas Weiss ont effectué une descente, le 8 mai dernier,
en province Gitega (centre), précisément en commune Bukirasazi
pour se rendre compte des réalisations en matière du processus
de réconciliation entre les déplacés vivant encore dans
les sites et les populations restées sur les collines. Ils ont visité un
site des déplacés à Kibuye qui compte encore 137 ménages
totalisant 371 personnes.
Ces déplaces ont ouvertement déclaré qu’ils
ont encore peur de regagner leurs collines d’origine. La commune Bukirasazi
compte encore 501 ménages vivant dans deux sites à savoir Bukirasazi
(338 ménages) et Kibuye avec 113 ménages totalisant 2.387 personnes.
Tous craignent pour leur sécurité et dénoncent le
refus absurde de poursuivre en justice les auteurs des tueries de leurs
membres
de famille.
Burundi-consultations nationales
Les radios mettent la main à la pâte.
Bujumbura le 14 mai 09 (SurviT-Banguka
Grâce au soutient financier de l’Office du Haut Commissaire
des Droits de l’Homme au Burundi, 9 radios locales vont participer à une
campagne médiatique de deux mois sur les thèmes en rapport
avec les consultations nationales et la justice transitionnelle. Il s’agit
des radios Isanganiro, RPA, Bonesha, Rema FM, RTNB/ Radio et TV, Télé-Renaissance,
R Ijwi ry’amahoro, Radio Culture et CCIB FM+. Cette campagne médiatique
démarre le 18 mai pour se boucler le 11 juillet. Le processus des
consultations sera clôturé en novembre 2009.
Selon Festus Ntanyungu,
président de la Commission nationale chargée de l’organisation
de ces consultations nationales, une formation en justice transitionnelle
et consultations nationales est organisée du 12 au 13 mai à l’intention
des assistants de terrains impliqués dans l’organisation des
consultations. Du 14 au 19 mai ces derniers vont être formés
sur les outils méthodologiques, notamment les techniques d’enquête.
La présentation du rapport provisoire est prévue le 20 mai,
selon les prévisions. Il est prévu les 22 et 23 mai des pré-consultations
pour faire un test des outils méthodologiques. La semaine du 25 mai
sera consacrée à une réunion sur les recommandations
sorties des pré-consultations et la présentation du rapport
final sur les outils méthodologiques.
Mais une bonne frange de Burundais
croient de moins en moins à ces consultations en raison de la très
forte implication de ceux qui contrôlent le pays dans le génocide
et les autres crimes contre l’humanité et de guerre qui se commettent
encore actuellement au Burundi. Dans leur conception initiale, ces consultations
devraient pourtant amener les Burundais à se prononcer sur les modalités
de mise en place et de fonctionnement de la Commission Vérité et
Réconciliation et du Tribunal spécial pour le Burundi. Les
deux mécanismes de justice de transition au Burundi auraient comme
objectif de faire la lumière sur les graves violations des droits
de l’homme et les événements qui ont endeuillé le
Burundi depuis l’indépendance, d’établir les responsabilités
et de punir les auteurs de graves crimes.
|