Actualité du 15 avril 09 (SurviT-Banguka)
Burundi – Politique
Les acteurs politiques s’inquiètent de la recrudescence de
la criminalité.
Bujumbura le 15 avril 09 (SurviT-Banguka)
On ne le dira jamais assez. Au Burundi, le niveau d’insécurité s’accroît
au fur et à mesure qu’on s’approche des élections.
En province de Bujumbura rural, un directeur de lycée a été récemment
abattu froidement, en plein soleil, aux abords de son école et au
vu des élèves. Ses meurtriers ont été passablement
appréhendés avant d’être relaxés au grand étonnement
de tout le monde. En commune urbaine de Musaga, on pleure encore le directeur
général du ministère de la jeunesse et des sports (tutsi
de l’UPRONA) déchiqueté par une grenade à l’entrée
de son domicile. Trois officiers de l’armée et la police y ont
aussi perdu la vie ces derniers jours dans des circonstances encore floues.
Le changeur de monnaie Brown Ndarishikanye, le major et sa fiancée….
La liste est longue et le décès l’ignoble assassinat
d’Ernest Manirumva, vice-président de l’olucome vient
en rajouter. Réunis le 14 avril autour du tout nouveau ministre de
l’Intérieur, les représentants des partis politiques
et les gouverneurs de provinces ont été unanimes à déplorer
cet inquiétant phénomène. Et le doigt accusateur vise
surtout la police. Au lieu d’y recourir pour rassurer tous les citoyens,
le gouvernement (parti au pouvoir dont il émane) s’en servirait
pour semer le chaos et perturber l’action des partis qui se reconnaissent
ouvertement dans le jeu de l’opposition. Les policiers sont invariablement
cités parmi les bandits, les fauteurs de trouble ou les assassins
de grand chemin.
En province de Cankuzo, des militaires en fonction viennent
d’être attrapés la main dans le sac, entrain de mettre à sac
des ménages entiers. De nombreux autres policiers sont accusés
de torpiller volontairement l’action de l’opposition. « C’est
déplorable que des policiers en uniforme puissent s’immiscer
dans le jeu politique en déstabilisant volontairement les autres organisations
politiques », a expliqué le délégué du
parti CNDD en évoquant l’incident récemment survenu en
province de Ngozi où quatre policiers ont fait irruption dans la permanence
du CNDD pour subtiliser nuitamment des drapeaux de ce parti. En province
de Kirundo, s’indigne le représentant de l’UPD, les jeunes
quasi enragés du CNDD-FDD, ont, à coups de gourdins, dispersé les
militants de ce parti qui s’apprêtaient à organiser une
réunion légale.
Cette attitude, fait-il remarquer, peut pousser
d’autres partis à organiser leurs jeunes militants à s’armer
pour se protéger et cela peut conduire à la perturbation générale
des élections car personne n’a le monopole de la violence.
Burundi – Droits de l’homme
L’année 2008 aura été sombre de bout en bout,
dixit la ligue des droits de l’homme Iteka.
Bujumbura le 15 avril 09 (SurviT-Banguka)
Comme elle le fait régulièrement, la ligue des droits de l’homme
Iteka a rendu public le 15 avril son rapport de monitoring de l’évolution
des droits de l’homme au Burundi en 2008. La situation est plutôt
sombre et le pays aura surtout brillé par le piétinement systématique
des droits humains. Il ressort du rapport en question que l’année
2008 a été marquée par une tendance régressive
par rapport aux années précédentes. « En ce qui
concerne le droit à la vie et à la sécurité physique,
cette année, 616 cas d’atteintes au droit à la vie ont été répertoriés
et le gros des victimes l’ont été par armes à feu.
256 personnes ont été tuées au fusil, 133 à la
grenade, 307 personnes ont été tuées dans des actes
de banditisme, 65 par les FNL, 41 par les policiers tandis que 54 ont été tuées
par les militaires », indique David Nahimana, président de la
ligue Iteka.
Mais il prend la précaution d’indiquer que ces
chiffres constituent la partie visible de l’iceberg, car nombreux sont
des cas non rapportés à la ligue. « En réalité ces
chiffres sont à prendre avec des pincettes car ils sont largement
en dé ça de la vérité, nos observateurs n’étant
basés qu’au niveau des chefs-lieux des provinces, en communes
et sur les collines il s’y passe une tragédie plus cruelle encore » ajoute-t-il.
Le décompte macabre précise aussi que les provinces de Bubanza
et de Bujumbura mairie viennent en tête de classement avec respectivement
70 et 72 tués en 2008. Le rapport souligne en outre que 334 cas de
torture ont été répertoriés en 2008 mais que
ce chiffre est loin de refléter la réalité car bon nombre
d’actes de torture ne sont pas rapportés, commis par les policiers,
les militaires ou les rebelles.
« Il est aussi important de signaler
les regrettables cas de harcèlements judiciaires vis-à-vis
des membres de la société civile ainsi que des emprisonnements
arbitraires », rappelle aussi David Nahimana. Au chapitre des droits
socio-économiques, le rapport met l’accent sur la paupérisation
croissante de la population. Au cours des dix dernières années,
lit-on dans ledit rapport, les prix du carburant ont augmenté de 791%,
ceux du haricot de 515%, la farine de manioc de 433% et la patate douce de
456%.
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