Actualité du 15 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-économie
La SOSUMO sur les traces du COTEBU.
Bujumbura le 15 mai 08 (SurviT-Banguka)
Après le démantèlement total de l’industrie textile,
le CNDD-FDD s’attaque à l’industrie du sucre au Burundi.
Comme on s’en doutait déjà, le dernier incident dont
plusieurs syndicalistes tutsis ont fait les frais n’avait rien de périphérique.
Il procédait d’une démarche imparable de saper toute
la société pour laisser sur le carreau plus de deux mille employés
de cette unique industrie sucrière du Burundi. Cette noire intention
se précise peu à peu.
Alors que le personnel avait demandé l’intervention
de la ministre burundaise du commerce et de l’industrie Euphrasie Bigirimana,
cette dernière s’est rendue à la SOSUMO pour leur dire
simplement qu’elle est incapable de décider. Signe que la décision
a déjà été prise, à d’autres niveaux.
Et les symptômes du mal qui ronge la société sont légion
: ses comptes en banques se vident à vue d’œil, aucune
action n’est en cours pour préparer la prochaine campagne de
production de sucre. Et curieusement, les responsables de cette entreprise
ont décidé de distraire l’opinion en important du sucre
depuis la Zambie, alors que cette activité revient, en principe aux
particuliers. Selon Libère Bakevya, un des cadres syndicaliste récemment
renvoyés de la SOSUMO, plusieurs dizaines de tonnes de sucre sont
en route vers Bujumbura pour le compte de la SOSUMO.
Elle a contracté un
crédit auprès de la Bancobu, naturellement dirigée par
un de ses militants zélés. Pour la petite histoire, un des
directeurs de la banque qui s’était opposé à l’octroi
de ce crédit a été viré. La menace se précise
don pour la SOSUMO. Et la situation vire aussi au rouge du côté de
l’OTB et de la COGERCO. Le personnel est en grève pour dénoncer
la vente précipitée de ces sociétés. Selon certains
observateurs, le CNDD-FDD serait entrain de vendre tous les piliers de l’économie
burundaise pour prendre le large. « Ce sont des étrangers qui
ont hérité de la gestion du pays et comme tout semble indiquer
que la population n’a plus confiance en eux, ils vendront tout pour
rejoindre leurs familles qui, pour la plupart, sont encore à l’étranger » ,
fait remarquer, sous couvert de l’anonymat, un activiste de la société civile.
Burundi-sécurité
Spectacle d’horreur pour les gosses démobilisés.
Bujumbura le 15 mai 08 (SurviT-Banguka)
D’aucuns les prenaient pour des gosses inoffensifs, qui attendent
piteusement leur heure pour regagner leurs villages respectifs ; après
un bref séjour au centre de démobilisation de Gitega. Mais
c’était sans compter avec le rebelle précoce qui dorme
dans chacun des 232 ex enfants soldats.
Celui-là s’est brutalement
réveillé le 13 mai dernier, pour semer le chaos et la terreur
dans le voisinage du centre. Armés de couteaux, gourdins, pierres
et autres petites houes (attributs de l’assaillant), ces enfants ont
massivement investis les écoles de Gitega pour arrêter les activités,
arguant qu’ils ont aussi dû interrompre la formation à cause
de la guerre. Cet incident a occasionné plusieurs dégâts
matériels et de nombreux élèves ont été blessés.
Les forcenés justifient leur folie par le fait qu’ils venaient
de passer trois semaines à Gitega sans recevoir aucune formation.
Mais l’on se demande comment ces enfants démobilisés
et supposés désarmés ont pu se procurer de tout cet
arsenal d’armes blanches sans que la police en soit au courant. Rien
n’exclut que, demain, les mêmes enfants seront les premiers à rallumer
le feu du génocide dès le moindre signal.
Burundi-Universités
Malaise générale dans à l’enseignement supérieur.
Bujumbura le 15 mai 08 (SurviT-Banguka)
Le mécontentement semble être général à l’enseignement
supérieur.
Qu’ils soient de l’Université du Burundi, de l’Ecole
Normale Supérieure ou de l’Institut National de Santé Publique,
les Etudiants sont massivement remontés contre le piétinement
des programmes, la modicité de la bourse et le double langage des
autorités. Pour manifester leur malaise ils ont tenté, le 14
mai, d’organiser un sit-in devant les bureaux de la représentation
de l’UNESCO au Burundi, la même manifestation était organisée
simultanément devant le bureau de la Direction des bourses.
Pour éviter
tout dérapage, plusieurs policiers cagoulés et armés
jusqu’aux dents, s’étaient aussi massivement déployés
dans les différents établissements universitaires et sur les
lieux du sit-in. Une centaine d’étudiants ont été arrêtés
et selon des sources policières, deux policiers et deux étudiants
ont été blessés. Mais une radio locale signale qu’un étudiant
aurait été tué. Selon des sources proches des étudiants,
le mouvement de revendication devrait s’intensifier dans les jours à venir.
« Nous
sommes déterminés à manifester notre mécontentement
jusqu’à ce que le gouvernement prennent les mesures qui s’imposent
et nous demandons aux policiers de ne pas se mêler dans ce qui ne les
regarde pas car nous ne sommes pas violents dans notre démarche »,
explique un étudiant de l’Université du Burundi. Mais
l’autorité rectorale affirme toujours que ces étudiants
sont sous influence d’un petit noyau d’autres étudiants,
radicalement opposés à ce que l’Université retrouve
son rythme normal, à quoi elles s’emploient depuis quelques
temps.
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