Actualité du 15 mai 09 (SurviT-Banguka)
Burundi – Droits de l’homme
La situation reste préoccupante, dixit APRODH
Bujumbura le 15 mai 09 (SurviT-Banguka)
La très battante association pour la protection des droits de l’homme
(Aprodh) vient de publier son rapport de monitoring sur le Burundi en 2008.
Comme prévu, le tableau est sombre de bout en bout. Et la situation
promet de s’empirer davantage dans les mois qui viennent avec, comme
on le voit déjà à travers les assassinats ciblés
et autres enlèvements, l’entrée dans la danse des agents
privés de renseignement (démobilisés) qui carburent
pour le parti présidentiel.
Selon Pierre Claver Mbonimpa, président
de cette association, 2008 a été une année chagrin au
Burundi. Multiplicité des cas de vols à main armée,
d’assassinats, des règlements de compte, de viols, etc. L’on
aura assisté à toutes les formes de barbarie humaine et le
gouvernement était souvent incapable de mettre la main, via sa police,
sur les auteurs des crimes. Au lieu de faire barrage à la folie meurtrière,
ce sont les hommes en uniformes policier ou militaire qui faisaient le lit à cette
sauvagerie comme en témoignent les nombreuses victimes.
La torture
fait aussi partie du lot des fléaux qui auront mis à mal le
pays. Sur le plan législatif, l’Aprodh se félicite, au
passage, que sur le plan législatif, le nouveau code pénal
ait été érigé en infraction. « Cela permettra
aux victimes de pouvoir porter aisément plainte et je dois vous rappeler
que certains forfaits sont restés impunis, le nombre de détenus
en état préventif n’a cessé d’augmenter,
les cachots et les prisons restent surpeuplées, d’où leur état
de salubrité laisse à désirer », martèle
Pierre Claver Mbonimpa.
Burundi-gouvernance
Détournement des matériaux de construction donnés par
le chef de l’Etat.
Bujumbura le 15 mai 09 (SurviT-Banguka)
Sacs de ciment, tôles, fers à béton, etc. D’importantes
quantités de matériaux de construction « gracieusement
accordés aux communes pour les travaux de développement ont été massivement
subtilisés par des inconnus trop connus. Le chef de l’Etat qui
depuis plusieurs mois en fait un fonds de commerce n’en revient pas.
Il menace de sévir face à ces rats de greniers qui ne résistent
devant rien. « Ceux qui seront coupables de détournement des
matériaux de construction que les communes reçoivent en aides
seront sévèrement punis et acculés à tout rendre » tempête-t-il.
Mais le chef de l’Etat sait pertinemment que les auteurs de ces détournements
sont en réalité les seuls gestionnaires des stocks en l’occurrence
le triste tandem gouverneur-administrateur.
Le ressort de leur culot n’est
autre que la carte du parti présidentiel (CNDD-FDD) devenu un sésame
miraculeux pour accéder à la caisse publique ou ses embranchements.
Ce vol éhonté constitue une parfaite illustration de l’adage
en vertu duquel la chèvre broute là où elle est attachée.
Car toutes proportions gardées, le pillage est la règle en
fonction du niveau de responsabilité. Falcon 50, dossier Internationale,
controverse autour de la réfection de la route Rumonge, etc. C’est
du grand art.
Du pareil au même et le chef de l’Etat n’a
pipé mot. Pour prouver son engagement à en découdre
avec les mauvis gérants, il vient de mettre sur pied une commission
de surveillance de la bonne utilisation de ces matériaux. Cette équipe
est déjà en place en province de Kirundo où tout a été volé sans
vergogne. Ainsi cette équipe est appelée à déterminer
les quantités de matériaux reçues par les communes et
leur utilisation, de s’informer auprès des personnes impliquées
dans la distribution, d’établir les responsabilités de
la mauvaise gestion ou de détournement le cas échéant.
Burundi-sécurité
La province de Bururi sous les feux des bandits armés Bujumbura le 15 mai 09 (SurviT-Banguka)
C’est sérieux. Une bonne partie des communes de Bururi (sud
du Burundi) en l’occurrence Burambi et Matana sont éprouvées
par l’activisme terroriste des bandits armés qui pillent et
tuent impunément depuis quelques temps. Le parquet, la population
et l’administration provinciale de cette circonscription viennent de
se plaindre officiellement auprès du directeur général
de la Police nationale du Burundi (PNB) et du ministre en charge de l’Intérieur.
Ces hauts responsables ont en effet effectué une visite dans lesdites
communes pour apprécier l’ampleur des dégâts et
le sérieux de la menace sur la sécurité en général.
Tout le monde déplore énergiquement la mollesse ou la complicité des
agents de police qui, s’ils ne participent pas au vol, libère
les prévenus pris en flagrant délit. La population demande
avec insistance le renforcement des capacités professionnelles de
ces agents pour minimiser leurs dérapages afin d’arriver à réhabiliter
la sécurité publique en province Bururi. « Nous allons
renforcer la moralisation de nos agents mais je dois vous dire que certains
groupes de bandits armés ont été déjà identifiés,
notamment celui de Musatura signalé à Musave en commune Burambi
et celui de Mazoya en zone Gasibe de la commune Matana », fait remarquer
le directeur général de la police.
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