Actualité du 15 juin 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le président de la république se confie au public
le 20 juin.
Bujumbura le 15 juin 09 (SurviT-Banguka)
C’est samedi le 20 juin 2009 que le président de la république
devrait encore se prêter aux questions du public en direct pour prouver
son ouverture et son sens élevé du dialogue. Selon les prévisions,
les interventions du président de la république devraient être
diffusées en temps réel et en multiplex sur la quasi-totalité des
radios publiques et privées qui diffusent depuis le territoire national.
Tout se jouera à partir de la commune de Gasorwe, en province de Muyinga.
La veille, le président de la république se sera entretenu
avec les responsables des médias, à Gasorwe, pour faire le
point sur la situation de la profession.
Mais comme toujours, le clou du
spectacle reste un match de football que le président et son équipe « Alléluia » devraient
livrer avec les journalistes pour mieux fraterniser. Bien plus, ils ne manqueront
pas de participer aux travaux de construction d’une école pour
concrétiser leur appui à sa politique de reconstruction du
pays. Mais tout est calibré avec minutie et pour éviter tout
dérapage, les journalistes sont déjà briefés
sur les véritables questions à laisser passer et les auteurs éventuels.
Mais le tri sera sévère et le président devrait en profiter
pour redorer son image. Un gratuit coup de pub et de propagande que seul
le président de la république en exercice est capable de se
payer sans s’attirer les foudres de la police.
Burundi-politique
Le Président burundais se veut proche de son peuple
Bujumbura le 15 juin 09 (SurviT-Banguka)
Depuis qu’il est aux commandes, le chef de l’Etat burundais,
Pierre Nkurunziza ne rate jamais l’occasion de prouver au peuple que
c’est un président différent, plus proche du citoyen
ordinaire que du portrait robot de l’homme politique farci d’idées
abstraites et croulant sous des tonnes d’important dossiers à traiter.
C’est plutôt un homme qui aime à se fondre ou à se
confondre dans le magma indifférencié du bas peuple. S’il
n’est pas au chantier dans la construction des écoles ou autres
centres de santé, Pierre Nkurunziza est souvent dans les champs, entrain
de planter des arbres fruitiers.
Il le fait depuis plus de trois ans et il
vient de le faire d’ailleurs en commune Makebuko de la province de
Gitega. Il y séjournait en effet du 11 au 14 juin 09. Mais cette fois
et pour la première fois depuis qu’il incarne l’institution
présidentielle, Pierre Nkurunziza a refusé de dormir dans l’hôtel
qui l’attendait au chef lieu de la province de Gitega. Il a dormi dans
le bois, sous une tente érigée en catastrophe pour son camping.
La population n’en revient pas et d’aucuns s’interrogent
encore sur la motivation d’une telle attitude. Son passe rebelle qui
ne passe pas pourrait, peut-être, justifier son attachement à la
nature Les libertés politiques encore bafouées.
Bujumbura le 15 juin 09 (SurviT-Banguka)
Plusieurs acteurs politiques burundais se plaignent toujours de l’immixtion
de la police dans les activités des partis pour les empêcher
d’organiser des réunions. Mais les policiers sont sous la coupe
du ministre. La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur,
Edouard Nduwimana, a publiquement désigné du doigt les partis
UPD et FRODEBU comme étant des organisations politiques qui diffusent
des messages de haine et d’insurrection générale dans
le pays. Il les a mis en garde et menace déjà de suspendre
leurs activités sur tout le territoire, s’ils ne rentrent pas
dans les rangs.
Comme pour joindre l’acte à la parole, le même
ministère a annulé une réunion que la ligue des jeunes
du parti FRODEBU comptait organiser le 13 juin dans la commune urbaine de
Musaga. Le lendemain, le ministère a empêché la tenue
d’une réunion du parti UPD en mairie de Bujumbura. Les responsables
de ces partis sont en colère. « C’est le refus de la démocratie
et du pluralisme d’idées car en politique, les gens ont le droit
d’appartenir à tel ou tel autre parti, selon qu’ils sont
intéressés ou non par l’idéologie qui sous-tend
chacun de ces partis, mais au Burundi, c’est comme si nous étions
entrain de retourner dans le monopartisme, puisque seul le parti au pouvoir,
CNDD-FDD, a le droit de réunir librement ses militants ; ne soyez
pas étonnés si demain, ils empêchent aux militants des
autres partis d’aller voter, tout est possible au Burundi »,
fait remarquer Léonce Ngendakumana, président du FRODEBU. Aujourd’hui,
le ministère burundais de l’Intérieur a déjà agréé 43
partis politiques.
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