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Actualité du 16 juin 09 (SurviT-Banguka)

Burundi-exclusion

Mme Adèle Rusuriye, administrateur de Nyarusange est victime de son ethnie

Bujumbura le 16 juin 09 (SurviT-Banguka)

Le 15 mai dernier, le conseil communal de Nyarusange a décidé de virer Mme Adèle Rusuriye, administrateur de la commune depuis août 2005. Cette jeune femme tutsie, infirmière de formation et de profession, s’était personnellement et longuement investie pour appuyer sans réserve le mouvement CNDD-FDD depuis le temps du maquis jusqu’au raz-de-marée électorale de 2005. Elle aurait même contribué à ravitailler les rebelles en produits pharmaceutiques à l’époque où ils tendaient allègrement des embuscades aux véhicules empruntant les différentes artères qui mènent à Bujumbura, la capitale, pour en extraire les tutsis et les massacrer sans autre forme de procès.

Adèle Rusuriye carburait donc pour les criminels et elle en a été remerciée en héritant de la commune de Nyarusange. Mais rattrapée par son ethnie dont elle ne saurait totalement se débarrasser, Adèle est éjectée avec fracas malgré les bons et loyaux services rendus à la rébellion et au parti qui en est issu. Depuis le 15 mai de cette année, la commune est sous le contrôle d’un autre administrateur hutu, élu par le conseil communal. Pertinemment convaincue qu’elle n’a pas démérité et qu’elle est plutôt balayée en raison de son ethnie, Adèle fait la moue et refuse de rendre les clés de la camionnette, le cachet de la commune ainsi que les autres documents essentiels. Elle se disparaît tout simplement non sans dénoncer, sur le tard à vrai dire, l’extrémisme des décideurs du CNDD-FDD.

Burundi – Défense

L’armée burundaise vue par son Chef d’état-major général

Bujumbura le 16 juin 09 (SurviT-Banguka)

Le général Godefroid Niyombare, ancien rebelle FDD et Chef d’état-major général de l’armée burundaise depuis le 21 avril dernier se félicite du niveau de déconstruction/reconstruction de corps de défense national. Le processus est pudiquement désigné par la réforme. Mais il est question de changer l’armée de fond en comble afin qu’elle ne soit plus une affaire d’une ethnie ou, pire encore, d’une région. Selon ce général d’une quarantaine d’années, ce processus évolue favorablement, même si le chemin à parcourir est encore long. « Mon rêve est de terminer ma carrière au sein de cette institution militaire après avoir réussi à changer son image », déclare le maquisard catapulté du fond fin de la brousse au sommet de l’armée qu’il combattait acharnement.

Devise sur la structure actuelle de l’armée, il reconnaît que les quotas ethniques prônés par l’accord d’Arusha ne sont plus respectés, que ce soit au niveau des hommes de troupe ou encore des officiers. En réalité, malgré toutes les idées reçues, les hutus y seraient de loin plus nombreux que les tutsis et le déséquilibre ne semble faire tiquer personne. « Même si auparavant toutes les ethnies et régions y étaient représentées, certaines revendications élevaient toutefois la voix pour affirmer que quelques groupes n’étaient pas considérés et se retrouvaient en dehors de la marge, nous devons faire en sorte que l’armée soit perçue par toutes les populations civiles comme un instrument de protection dans laquelle on peut placer sa confiance», confie le général.

Parlant précisément des effectifs de l’armée, le général-major Niyombare révèle qu’après l’intégration de 2.300 combattants de l’ex-mouvement armée Forces nationales de libération (FNL), dont 2.100 d’Agathon Rwasa et 200 d’autres dits « dissidents », le chiffre des militaires de la FDN frôle 29.000 hommes. Ces effectifs sont ainsi à rationaliser, avec l’appui de la communauté internationale. La Banque Mondiale recommande de ne garder qu’au maximum 25.000 hommes/femmes. « C’est aussi un processus qui est en cours et nous devrions respecter les équilibres ethnico régionales définis par l’Accord inter burundais d’Arusha d’août 2000 et dont les clauses ad hoc ont été reversées dans la Constitution du Burundi promulguée en mars 2005 »,conclut-il. Le chef militaire promet de s’investir pour arriver à un stade où les moindres susceptibilités liées à l’ethnie ou à la région auront totalement disparu.

 


 
 

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