Actualité du 17 avril 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Branle-bas de combat à Muyinga.
Bujumbura le 17 avril 08 (SurviT-Banguka)
Une bande de jeunes hutus s’adonne, depuis quelques jours, à d’inquiétants
entraînements paramilitaires. Même les autorités administratives
de cette province du nord-est du Burundi se disent fortement préoccupées
par ces préparatifs annonciateurs de la guerre, effectués dans
beaucoup de localités. Les différents rapports des administratifs
locaux convergent en effet sur des entraînements aux arts martiaux
et au maniement d’armes automatiques signalés notamment dans
les communes de Gasorwe, Giteranyi et Mwakiro.
Des dizaines de jeunes s’entraîneraient
tôt le matin ou vers le coucher du soleil, dans les localités
isolées et à l’insu des chefs locaux. Les avis divergent
sur les objectifs et la paternité de ce mouvement de jeunes hutus
qui semblent inquiéter même les matadors du parti présidentiel
(CNDD-FDD) dont on sait qu’il entretient dans la même province
(comme dans le reste du pays), une milice des FDD faite essentiellement des
démobilisés.
Certains observateurs les considèrent comme
des éléments opportunistes du Palipehutu-FNL qui se préparent
pour aller gonfler les effectifs de ce mouvement quitte à profiter
des avantages de la démobilisation, une fois que les accords avec
le gouvernement burundais seront mis en application. Mais pour les autres,
ces jeunes seraient instrumentalisés par « Umuka », un
mouvement naissant de l’honorable Hussein Rajabu, un ancien président
du CNDD-FDD, mais qui lui reste toujours en travers de la gorge (bien qu’il
soit incarcéré pour « outrage au président Pierre
Nkurunziza et atteinte à la sûreté de l’Etat ».
Mais la communauté tutsie voit simplement derrière ce comportement
observé également dans les provinces de Kirundo et Karuzi,
une démarche invariablement violente des organisations et partis politiques
hutus qui mobilisent toujours les forces vives hutues pour parachever le
génocide en cours depuis 1993. Le conseiller principal du gouverneur
de Muyinga, M. Blaise Misago, recommande plus d’attention et de vigilance
aux responsables administratifs pour détecter à temps les commanditaires
de ces entraînements. Les forces de l’ordre sont également
interpellées pour démanteler définitivement ces groupes
de terroristes.
Tension ethnique au lycée de Gishubi.
Bujumbura le 17 avril 08 (SurviT-Banguka)
Elèves hutus et tutsis sont à couteaux tirés au lycée
de Gishubi en province de Gitega (centre du pays). L’origine de ce
climat malsain est liée aux menaces constamment formulées par
les étudiants hutus qui promettent de lyncher, le 29 avril prochain,
leurs condisciples tutsis. Ils auront ainsi vengé leurs proches tués
en 1972 à la même date.
Le projet serait si sérieux que
les élèves tutsis, connaissant ce dont les hutus sont capables
pour l’avoir remarqué notamment lors du génocide de 1993
(Gishubi a battu le record de liquidation des membres de cette communauté),
ont décidé de s’enfuir avant le carnage annoncé.
Ils sont donc partis le 12 avril dernier et ils n’ont regagné cette école
qu’après des interventions des autorités du ministère
de l’Education et les assurances du directeur de l’école
qui a promis de tout mettre en œuvre pour favoriser le dialogue et la
réconciliation entre tous les 500 élèves de ce lycée.
Mais le malaise n’est pas encore complètement dissipé car
les hutus qui vivent dans le voisinage de l’école (les bourreaux
des milliers des tutsis de ce secteur en 1993) continuent à caresser
la corde ethnique pour inciter les élèves hutus à terroriser
leurs condisciples les tutsis.
Tension autour des terres au sud du Burundi
Bujumbura le 17 avril 08 (SurviT-Banguka)
La commune de Kibago est au bord des massacres inter ethniques
: Fraîchement
rapatriés de la Tanzanie, les hutus lorgnent sur les propriétés
foncières que les Batutsis exploitent légalement depuis plus
de trente ans. Impossible pour les notables (Bashingantahe) ou la Commission
Nationale Terre et Autres Biens de jouer les arbitres pour les aider à trouver
un compromis. Les hutus menacent de participer à la récolte
de tous les produits vivriers qui sont dans les champs exploités par
les tutsis.
En commune de Kibago de la province Makamba (sud), les deux parties
ne s’en cachent pas : les uns et les autres finiront par s’entretuer
et la terre sera exploitée par ceux qui auront eu le dessus. Entendez
les hutus, forts de leur supériorité numérique et encouragés
par le pouvoir.
« Le problème est connu même au niveau
de l’administration mais personne ne semble être en mesure de
les réconcilier », explique l’administrateur communal
de Kibago. Arguant qu’ils les ont achetées en bonne et due forme
au gouvernement, les tutsis s’accrochent, quant à eux, sur ces
terres et refusent de les céder aux rapatriés qui prétendent
en être les véritables propriétaires.
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