Actualité du 17 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-Religion
Coup de gueule des évêques catholiques du Burundi.
Bujumbura le 17 juin 08 (SurviT-Banguka)
L’Eglise catholique du Burundi a décidé de rompre son
silence assourdissant sur le pourrissement de la situation sur tous les aspects.
Le gotha de ses prélats vient en effet de signer un discours au vitriol
adressé à la piètre classe politique, aux chefs de partis
politiques et à la population dans son ensemble. Le discours sera
lit en guise d’homélie jusque dans l’église la
plus reculée du pays. Signé le 12 juin dernier par chacun des
sept Evêques qui pilotent l’Eglise Catholique du Burundi, cet épais
document brosse la situation du pays sous tous les angles, en soulignent
doublement les signes d’espoir et d’inquiétude, avant
d’adresser leurs différents conseils aux dirigeants, à la
population en général, aux partis politiques et aux élus.
De manière générale, les auteurs se disent désespérément
inquiets. Face à une situation globalement délétère.
En guise de préambule à leur propos, il ressasse les péripéties
des quinze dernières années, de la constitution de 1992 (pluralisme
démocratique) aux élections de juin 2005. En passant par les
accords d’Arusha et bien d’autres compromis qui ont suivi. Ils
embraient ensuite sur les signaux positifs, source naturelle d’espoir.
C’est notamment l’esprit du dialogue qui semblait prendre le
dessus sur le forcing et la loi du plus fort, le cessez-le-feu signé entre
le gouvernement et le dernier mouvement rebelle (FNL), etc. Mais toutes ces
avancées sont malheureusement submergées par le flot de nombreux
dérapages des gestionnaires du pays, en l’occurrence le pouvoir
CNDD-FDD. C’est précisément ce qui les inquiète.
Car ils se disent profondément stupéfaits face à l’absence
d’un leadership éclairé, capables de surmonter les appétits
gloutons et sauvages de rebelles qu’ils étaient hier encore,
afin d’aider le pays à remonter la pente. Ils regrettent aussi
que la classe politique burundaise ne soit pas à la hauteur des enjeux
du moment, et que la quasi-totalité des partis politiques soient traversés
par des courants de divisions internes alors que les circonstances exigent
plutôt une coalition autour d’un même idéal de paix,
de démocratie, de droits de l’homme et du développement.
En outre, les évêques catholiques s’inquiètent
de la lenteur des négociations entre le FNL et le gouvernement. D’autres
inquiétudes tiennent au dysfonctionnement institutionnel, à la
timide politique de désarmement, à la résurgence des
critères de favoritisme et régionalisme dans les recrutements,
etc. C’est en raison de tous ces signaux de détresse que les évêques
demandent aux dirigeants de se ressaisir pour mettre en avant un idéal
de démocratie qui justifie leur mandat. Ils demandent aussi à l’opposition
politique d’être plutôt constructive au lieu de s’attacher
aux intérêts bassement matérielles.
Burundi-droits de l’homme
La palme de la cruauté revient aux policiers tortionnaires.
Bujumbura le 17 juin 08 (SurviT-Banguka)
C’est sidérant. Les services de renseignement burundais restent
de virtuoses de la torture à l’endroit des hommes et femmes
présumés être de l’opposition ou simplement pris
pour des tutsis. Selon les récentes enquêtes des associations
des droits de l’homme comme l’Action des chrétiens pour
l’abolition de la torture (ACAT) ou l’Association burundaise
pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH),
les bourreaux ne tarissent pas d’imaginations et d’initiatives.
Au grand dam des victimes. Depuis le mémorable cas de l’ancien
vice président de la république Alphonse Kadege et ses compagnons
d’infortune, battus et humiliés nus et à mort pour avoir
ourdi un pseudo putsch, la cruauté des policiers n’a fait que
croître. Les tortionnaires recourent aux bâtons et aux crosses
de leurs fusils. « Dans leur excès de barbarie, les policiers
peuvent brûler les victimes avec des sachets en plastique »,
rapporte Jeannine Nkinabacura, coordinatrice des projets au sein de l’Action
des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). Pierre
Claver Mbonimpa, président de l’Association burundaise pour
la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH),
lui emboîte le pas en soulignant qu’au jour le jour, les tortionnaires
fignolent leurs méthodes de cruauté.
Récemment, explique-t-il,
j’ai révélé le cas d’un détenu écroué aujourd’hui à Mpimba
et qui avait enduré des douleurs atroces au moment où des tortionnaires
avaient attaché à son sexe un bidon rempli de cinq litres d’eau. « Quand
certains hommes en uniforme ne frappent pas les suspects jusqu’à sang
en usant des coups de matraque ou de la bastonnade, ils excellent dans la
cruauté en pointant des aiguilles sur les testicules masculins ou
sur les seins féminins », déclare cet activiste des droits
de l’homme.
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