Actualité du 18 février (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Des assassinats programmés en provinces Gitega.
Bujumbura le 18 février 08 (SurviT-Banguka)
Vincent Ndikumasabo et Mubereza, deux cadres tutsis qui prestaient depuis
des lustres dans la province de Gitega (centre du pays) ont été froidement
abattus par des inconnus. Ils les ont foudroyés en plein bistrot du
centre vétérinaire à Gitega.
Le lendemain, Selemani
Mossi, gouverneur de la province de Gitega s’est empressé à déclarer
sur les médias locaux que la sécurité est bonne dans
sa circonscription. Pourtant des informations concordantes font état
des listes préétablies, qui contiennent les noms des tutsis
qui doivent être lynchés. Une logique continuation du génocide
antitutsi, entamé en 1993.
L’honorable Bonaventure Niyoyankana,
député UPRONA (tutsi) élu dans la circonscription de
Gitega, a formellement démenti les propos du gouverneur et a bien
rappelé que les assassinats sélectifs sont légion et
des listes des candidats à la mort sont en circulation. «Il
existe une rumeur arguant l’existence d’une liste des personnes
ciblées, ce qui confine la population à la peur et même
les auteurs de cette attaque de la semaine dernière n’ont pas
encore été appréhendés », atteste l’honorable
Bonaventure Niyoyankana. Diomède Rutamucero à l’Université Libre
de Kigali
Bujumbura le 18 février 08 (SurviT-Banguka)
L’Ingénieur Diomède Rutamucero, président de
l’Association antigénocide PA-Amasekanya, rentre du Rwanda où il
s’était rendu pour animer une conférence sur l’idéologie
de génocide contre les Tutsi dans la Région des Grands Lacs
Africains. Il a brillamment développé ce thème à l’Université Libre
de Kigali (ULK), devant un public de plus de 500 professeurs et étudiants.
Le génocide antitutsi au Burundi, a-t-il déclaré d’entrée
de jeu, est bien décrit dans mes deux livres « Contre l’extermination
d’un peuple : le combat non-violent contre le génocide des Tutsi
au Burundi, au Rwanda et au Congo, Editions Kiyago, 2005 » et « la
démocratie du nombre, arme pour le génocide contre les Tutsi
au Burundi, Editions Intore, 2007 ».
Ces deux livres sont en vente
dans les librairies de Kigali, notamment Caritas et Ikirezi. Diomède
Rutamucero leur a ainsi parlé des origines de l’idéologie
de génocide contre les Tutsi au Burundi, des différentes dates
de sa mise en exécution et de la poursuite de ce génocide actuellement.
Il a proposé des solutions pour mettre fin à ce programme ignoble
et a montré comment les populations hutues du Rwanda et du Burundi
ont été manipulées pour commettre le génocide
contre les Tutsi. Il a insisté sur le fait que les victimes doivent
résister par tous les moyens contre ceux qui ont le programme de les
exterminer.
Pour le cas du Burundi, il a fait remarquer que ceux qui ont
commis le génocide contre les Tutsi contrôlent les institutions
de l’Etat dans une totale impunité. Son témoignage a
particulièrement ému le public. Le lendemain, Rutamucero a
participé dans une discussion sur le projet de loi réprimant
le crime l’idéologie du génocide qui était organisée
par l’Institut de Recherche et de Dialogue pur la Paix à l’Hôtel
Novotel de Kigali. Il a demandé que cette loi puisse être valable
dans les autres pays où il y aura cette idéologie.
Burundi-politique.
Inconséquence des acteurs politiques Burundais.
Bujumbura le 18 février 08 (SurviT-Banguka)
Les différents partenaires politiques du Burundi sont aujourd’hui
rattrapés par les démons de l’hypocrisie qui les ont
toujours hantés. La paralysie qui mine l’assemblée nationale
depuis l’ouverture de la session de février prouve à suffisance
que le prétendu dialogue engagé entre le président de
la république Pierre Nkurunziza et les leaders des autres partis politiques
représentés au parlement n’a pas du tout vidé tout
le contentieux.
Car le moindre pépin ravive encore la tension et fait
piétiner les activités de l’assemblée nationale
et du sénat. Selon le politologue Julien Nimubona, incapable de réunir
les voix requises pour faire passer des lois, le parti présidentiel
CNDD-FDD devrait créer une plateforme permanente de dialogue avec
les autres partis partenaires, afin de pouvoir trouver un compromis et éviter
ainsi la paralysie des institutions.
Le remplacement de Mme Alice Nzomukunda à la
première vice-présidence sera ainsi problématique et
comme ce fut le cas en 2007, cette année peut être aussi une
année blanche au parlement, avec toutes les conséquences désagréables
liés au piétinement des activés du gouvernement et au
manque d’interlocuteurs pour les bailleurs de fonds. «Les partenaires
politiques n’ont pas su tirer profit des conséquences ou des
implications nécessaires des accords dernièrement conclus entre
le président de la République, Pierre NKURUNZIZA, et les partis
Uprona et Frodebu, car dès lors que le parti au pouvoir a perdu sa
majorité, il est nécessaire de faire les négociations »,
explique Julien Nimubona.
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