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Actualité du 18 mai 09 (SurviT-Banguka)

Burundi-sécurité

L’inquiétude des juges grandit

Bujumbura le 18 mai 09 (SurviT-Banguka)

C’est comme une véritable fatwa déjà prononcée par le service national de renseignement au Burundi, en guise de châtiment de tout magistrat qui blanchirait un opposant, fut-ce dans le pire respect du droit. La persécution de Monsieur Désiré Nizigiyimana, juge au Tribunal de Grande Instance en mairie de Bujumbura et un des magistrats du siège qui a récemment planché sur le dossier du président du mouvement MSD, Alexis Sinduhije, illustre parfaitement ce désarroi.

L'infortuné a été en effet enlevé par les agents du SNR en uniforme, conduit sous cagoule dans un buisson vague longeant la rivière Ntahangwa qui traverse la ville de Bujumbura et interrogé sur les raisons pour lesquelles il a libéré Alexis Sinduhije, un criminel qui risque de plonger tout le pays dans le gouffre. Il a frôlé la mort mais lui et ses deux compagnons dudit siège restent dans la ligne de mire de la police présidentielle. L’objectif étant de les liquider pour les empêcher de profiter d’importantes sommes d’argent que leur aurait versées Alexis Sinduhije pour acheter sa liberté. Au lendemain de sa mésaventure, Désiré Nizigiyimana a tout déballé aux médias et a adressé une correspondance au président du Tribunal de Grande Instance en Mairie de Bujumbura pour lui demander une protection. Mais étant précisément sacrifié par le même pouvoir à qui il demande officiellement protection, Désiré Nizigiyimana n’aura pas de répit.

La nuit du 15 mai dernier, des démobilisés, en uniforme policier, travaillant pour le compte de la Documentation (des rebelles FDD qui, en réalité le restent à jamais) ont tenté de s’introduire dans son domicile situé en commune urbaine de Ngagara. Les voisins ont crié et le malheureux juge a fui vers un ménage voisin via la porte de derrière. Alertée par ce tollé de protestations, le Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi a dépêché une équipe le lieu. Ivres de chanvre et d’autres drogues éventuelles comme ils sont toujours dans de missions pareilles, les tueurs y étaient toujours en faction, attendant de se jeter sur leur proie du jour. Après s’être entretenus avec Désiré depuis sa cachette, les représentants du BINUB y sont restés jusqu’à l’aube. A leurs yeux la menace était sérieuse et atypique dans un Etat qui se dit de droit. C’est ainsi que le lendemain, la division des droits de l’homme aux NU et les organisations de la société civile ont décidé de prendre les choses en main. Pour rappel, le syndicat des magistrats du Burundi SYMABU a également adressé une lettre au Président de la République, magistrat suprême, pour lui demander de tout faire pour assurer la protection. Mais le chef de l’Etat garde toujours un silence assourdissant.

Burundi-santé

Les médecins appellent à la reprise du dialogue

Bujumbura le 18 mai 09 (SurviT-Banguka)

Après une grève sauvage de deux jours, les médecins du secteur public ont repris le travail minimum ; en dépit de l’ultimatum du gouvernement qui leur demandait la veille de reprendre le service normal ou de rester chez eux. Car, disait Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement, en franchissant la ligne rouge de la grève sauvage, ils ont rompu le contrat et ce dernier ne saurait être rétabli que sur renégociation entre les deux parties. Les médecins veulent reprendre les négociations par médiateurs interposés. Mais le gouvernement refuse la main tendue et déclare que la réponse à la question des médecins sera donnée par la commission en charge de l’harmonisation des salaires de tous les fonctionnaires.

Entre temps, la grève perdure dans les hôpitaux. Les morts s’accumulent et le gouvernement s’en fout. Dans un éditorial circonstanciel rédigé en même temps que le communiqué du gouvernement burundais, le site Internet présidentiel www.abarundi.org criait victoire et fustigeait énergiquement les médecins grévistes ridiculement mus par de noires intentions pour faire échouer la politique de gratuité des soins pour les moins de cinq ans et les mères qui accouchent. Les médecins ont pris la mesure de la gravité de la situation. Aujourd’hui, ils sont pertinemment convaincus que le gouvernement ne tournera pas la page sans sacrifice humain. L’heure est à l’identification des présumés meneurs de la longue grève. C’est connu d’avance, le verdict sera sans appel. Une mort atroce, sûre et téléguidée par les virtuoses de l’assassinat ciblé. Sur ce terrain, les garçons du général Adolphe Nshimirimana sont imbattables.

Le laboratoire de la mort est donc constamment à l’œuvre. Pourtant, les deux parties étaient à un cheveu du compromis définitif et partant, de reprise du travail. Les négociations étaient bien suivies par le 2ème vice-président de la république, Gabriel Ntisezerana, qui promettait, la main sur le cœur, que l’accord conclu sera appliqué sans tergiversation. Il affirme avoir été étonné par les propos du président de la république à Karuzi. En réalité, les dirigeants officiels du Burundi servent d’épouvantail. Une équipe de l’ombre tire les ficelles et décide véritablement de la ligne à suivre. Le président burundais en est parfaitement conscient. C’est ainsi qu’il préfère prendre ses distances et rester muet comme une carpe sur les véritables questions du moment. Selon une source bien informée, les trois premières personnalités qui ont en charge la conduite des affaires du pays, en l’occurrence le président et ses deux adjoints, ne se rencontrent jamais pour parler de ces questions et harmoniser leurs points de vue. L’ultime décideur est ailleurs.


 
 

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